L’État prévoit 22 132,7 milliards de dépenses sur trois ans

Le Sénégal prévoit de ramener son déficit budgétaire de 4,9 % du produit intérieur brut en 2027 à 3,8 % en 2028, puis à 3 % en 2029. Cette trajectoire est inscrite dans le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle couvrant les années 2027 à 2029. Pour la première année de cette programmation, les ressources sont estimées à 6 082,1 milliards de francs CFA et les dépenses à 7 242,3 milliards. Le déficit attendu en 2027 s’élève ainsi à 1 160,3 milliards de francs CFA.
Le PIB nominal, qui mesure la valeur de l’économie aux prix courants, est projeté à 23 672,8 milliards de francs CFA en 2027. Hors pétrole et gaz, la croissance réelle devrait se situer à 4 %. Sur l’ensemble des trois années, les recettes prévues par les lois de finances atteindraient 19 228 milliards de francs CFA. Ce montant comprend 18 286 milliards de recettes du budget général et 941,9 milliards provenant des Comptes spéciaux du Trésor.
Les dépenses totales sont projetées à 22 132,7 milliards de francs CFA. Elles se composent de 21 190,8 milliards pour le budget général et de 941,9 milliards pour les Comptes spéciaux du Trésor, présentés en équilibre. Les recettes du budget général devraient atteindre 18 286 milliards de francs CFA sur la période. Elles seraient constituées de 17 654,8 milliards de ressources internes et de 631,2 milliards de ressources extérieures.
Les recettes internes passeraient de 5 527 milliards de francs CFA en 2027 à 6 224,2 milliards en 2029. Les ressources extérieures progresseraient, de leur côté, de 201,4 milliards à 220,2 milliards. Les revenus attendus du pétrole et du gaz ont été révisés à 703,2 milliards de francs CFA sur trois ans. Ils sont estimés à 397,8 milliards en 2027, 168 milliards en 2028 et 137,4 milliards en 2029.
Le gouvernement compte accroître ses recettes grâce à la réforme des impôts et des Douanes, à la numérisation des procédures, à une meilleure prise en compte du secteur informel et de l’économie numérique ainsi qu’à la réduction de certaines exonérations fiscales. Les dépenses du budget général, évaluées à 21 190,8 milliards de francs CFA sur trois ans, comprennent 13 350,6 milliards de dépenses courantes et 7 840,2 milliards d’investissements.
Les dépenses courantes devraient diminuer, passant de 4 485,7 milliards de francs CFA en 2027 à 4 326,3 milliards en 2029. Cette baisse porterait notamment sur certaines subventions, les transferts aux organismes publics et les dépenses de fonctionnement. Les transferts courants, y compris les subventions accordées à différents secteurs, passeraient de 1 220,3 milliards de francs CFA en 2027 à 1 195 milliards en 2029.
Les intérêts sur la dette publique resteraient élevés, mais devraient reculer. Ils passeraient de 1 303,9 milliards de francs CFA en 2027 à 1 061,4 milliards en 2029, soit une baisse de 242,5 milliards. Dans le même temps, les dépenses d’investissement progresseraient de près de 510 milliards entre 2027 et 2029. Le capital humain et l’équité sociale constituent le premier poste, avec une enveloppe de 2 697 milliards de francs CFA, soit 34,4 % des investissements programmés.
L’axe consacré à une économie compétitive recevrait 2 359,9 milliards de francs CFA. L’aménagement du territoire et le développement durable bénéficieraient de 1 536,7 milliards, tandis que 1 246,6 milliards seraient affectés à la gouvernance et à l’engagement africain.
Le besoin global de financement de l’économie est estimé à 19 689,4 milliards de francs CFA sur les trois années. Ce montant ne correspond pas uniquement au déficit budgétaire. Il intègre également les autres besoins de financement de l’État, notamment ceux liés au remboursement et au refinancement de la dette.
La programmation prévoit aussi une progression des finances locales. En 2029, les collectivités territoriales disposant de ressources propres pourraient enregistrer 389,3 milliards de francs CFA de recettes, pour 275,2 milliards de dépenses.
Le document maintient plusieurs dispositifs sociaux. Il fait état de 1 307 patients pris en charge grâce à la gratuité de la dialyse, de 134 090 personnes âgées couvertes par le plan Sésame et de plus de 38 000 femmes ayant bénéficié de la gratuité de la césarienne.
Cette programmation fixe les grandes orientations des trois prochaines lois de finances. Les montants annoncés restent donc des prévisions et pourront être ajustés chaque année en fonction de l’évolution des recettes, de la croissance, des cours du pétrole et du coût de la dette.






