Publié le 18 Nov 2017 - 19:21
FINANCEMENT

357,5 milliards attendus dans les 5 prochaines années

 

Pour financer la santé, il faut aller vers l’innovation, mais ne surtout pas lorgner sur le pétrole et le gaz, selon le président de la République. Macky Sall pense à une politique fiscale adaptée.

 

 Les acteurs de la santé ont présenté, hier, le plan de la  stratégie nationale de financement. Selon le directeur de la Planification, il y a beaucoup de défis à relever dans ce secteur. Il s’agit, entre autres, de la fonctionnalité des infrastructures majeures, du développement de mécanismes d’adhésion et de la mobilisation accrue de ressources. ‘’Sur ces dernières années, le budget a connu des hausses jusqu’à 47,90 %. Mais, pour atteindre les objectifs, il faut que les ressources soient augmentées. 357,525 milliards sont attendus, dans les cinq prochaines années. Un financement massif aidera à réussir cela’’, a soutenu Dr Ndiaye. Il  propose que des prélèvements soient effectués sur le pétrole, le gaz et la boisson, afin d’augmenter les ressources de la santé.

Une proposition qui a été rejetée par le président Sall. Il invite, plutôt, les acteurs de la santé à réfléchir sur la promotion de financements innovants, intégrant une politique fiscale adaptée. ‘’J’ai entendu le Dr Ndiaye parler des ressources du pétrole et du gaz. C’est surtout ce qu’il ne faut pas faire. Mais soyez rassurés, nous allons y réfléchir, au niveau national, de l’utilisation de ces revenues futures et une loi sera votée, à l’Assemblée nationale, pour encadrer et éviter les errements que beaucoup de pays africains ont connus. On pourrait envisager un prélèvement en faveur du secteur de la santé sur le tabac. Mais, sur les redevances aéroportuaires, ce n’est pas possible. Que chacun reste dans son coin’’, a-t-il tranché.

Car, pour lui, il faut valider, d’abord, le plan d’investissement, la nouvelle carte sanitaire, l’équipement des plateaux médicaux, mais aussi accompagner le secteur privé qui doit investir dans des hôpitaux ou des cliniques de référence. ‘’Nous avons le personnel qu’il faut, les compétences qu’il faut. Il reste juste l’environnement de ces hôpitaux et la nécessité d’accepter d’être commandés. C’est cela la difficulté dans la médecine, parce que vous êtes des chefs avec des Bacs plus 7 et 8. Le professeur, c’est difficile de lui donner des ordres et il faut bien qu’il y ait quelqu’un qui donne les ordres, dans un hôpital. Ce n’est pas forcément le personnel soignant, il faut nous aider à régler cette question. Tant qu’on ne règle pas cette articulation dans nos hôpitaux, nous aurons des difficultés’’, a invité le chef de l’Etat.

Le président Macky Sall pense que le pays a les meilleures facultés en médecine, les meilleurs professeurs. Mais dès que ces derniers arrivent dans les hôpitaux, l’environnement ne permet pas de maintenir ce niveau d’excellence qu’ils ont acquis. ‘’Malgré vos performances au Cames, dit-il, vous formez des gens du Maghreb et qui retournent et vous disent : ‘Envoyez-nous vos malades.’ Alors que vous les avez formés’’.

Exploitation du potentiel des collectivités locales

L’exploitation trop timide du potentiel des collectivités locales constitue un autre défi du financement de la santé. Du point de vue du chef de l’Etat, il y a des efforts à faire, d’abord, dans la gestion du Fonds de dotation santé, dans la gestion des hôpitaux et dans la prise de participation des collectivités locales en faveur des mutuelles de santé, dans le ressort de leurs territoires. C’est pourquoi il a demandé au président de l’Association des élus locaux, Adama Diouf, de faire en sorte que, dans les collectivités, on accompagne l’enrôlement dans les mutuelles des femmes, des jeunes, mais surtout des écoliers.

‘’Je connais également l’engagement des nouveaux élus pour participer véritablement dans le financement de la santé. Nous avons doté l’ensemble de vos structures d’ambulances médicalisées pour la plupart et dans les postes de santé. Faudrait-il également que l’ambulance soit en mesure de transporter les malades, quand l’urgence se pose. Ce n’est pas toujours le cas, malgré la présence d’ambulance. Ce que je vous dis, c’est la réalité. Ce sont des défis qu’il faut régler, si nous voulons que les ressources soient renforcées’’, a dit le président Macky Sall. 

 VIVIANE DIATTA

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