Publié le 3 Mar 2024 - 17:45
FRONT DE RESISTANCE « FIPPU »

Les querelles Tawaxou/Pastef gâchent la mobilisation 

 

La mobilisation du Front de résistance « Fippu » organisée samedi dernier à Grand Yoff a servi de tribune à ses initiateurs pour exiger au président Macky Sall de se conformer à la dernière décision du Conseil constitutionnel lui ordonnant de fixer dans les meilleurs délais une nouvelle date pour la tenue de la prochaine élection présidentielle avant la fin de son mandat qui prend fin le 2 avril 2024. Et avec la participation des 19 candidats validés par le Conseil constitutionnel. Toutefois, le rassemblement pacifique, autorisé par les pouvoirs publics, s’est terminée par des querelles entre les partisans de Ousmane Sonko et ceux de Khalifa Ababacar Sall.

 

Les organisations politiques de l’opposition et des mouvements citoyens regroupées autour du Front de résistance « Fippu » créé jeudi dernier envisageait un plan d’actions actions qu’ils comptait dérouler incessamment. A cet effet, unis dans la diversité, ils ont organisé leur première manifestation publique pacifique, ce samedi 2 mars à Dakar, pour réclamer l’organisation de l’élection présidentielle en perspective avant la fin du mandat légal du président de la République et avec la participation des 19 candidats reconnus par le Conseil constitutionnel. Les différents intervenants ont tour à tour dénoncé le « coup d'État constitutionnel » pour ensuite s’opposer au projet de loi d’amnistie initié par le président Macky Sall et adopté lors de la dernière session du conseil des ministres. Invoquant à la fois l’article 92 de la Constitution et le principe de l’autorité de la chose jugée, ils ont unanimement rejeté toutes les conclusions du dialogue « illégal et illégitime » initié par le président Macky Sall qui a été boycotté par 17 des 19 candidats retenus par les 7 sages ; notamment la proposition de fixer la date du 1er tour du scrutin présidentiel au 2 juin 2024. Qui plus est, « les conclusions du dialogue en cours ne pourraient en aucun cas modifier les décisions antérieures prises par le Conseil constitutionnel ».

Pour l’ancienne Première ministre et membre de la coalition « Diomaye président », Aminata Touré, « ce que nous demandons au président Macky Sall, c'est d'organiser les élections avant le 2 avril et de donner les clés du palais à son successeur les yeux dans les yeux, et qu'on puisse commencer à reconstruire notre pays ». Toutefois, le rassemblement qui s’ait voulu pacifique a été perturbé à la fin par des querelles partisanes entre les militants de l’ex parti dissous « Pastef/Les Patriotes » de Ousmane Sonko et ceux de « Taxawu Sénégal » de Khalifa Ababacar Sall ; les premiers accusant les seconds d'avoir envoyé « des nervis clairement identifiés à la solde du député-maire de Dakar Barthélémy Toye Diaz », pour tenter de saboter la manifestation. Après ces incidents, Mouhamadou Mbodj, le coordonnateur du « F24 », qui soupçonne l’ « infiltration du meeting par des tiers mal intentionnés », a annoncé « des discussions en cours pour dissiper les malentendus entre les deux parties ». Selon lui, « si les chahuts sont tolérables », il juge « inconcevable et inacceptable que les gens, de façon préméditée, en viennent aux mains avec des jets de pierre, bâtons et armes blanches et des voitures vandalisées ».

Aussi, « si leurs auteurs ne comprennent pas les enjeux » de leur lutte et de leur « mobilisation citoyenne », il compte y « remédier dans l’urgence » en leur faisant comprendre qu’« il n’y a pas d’adversité entre eux pouvant justifier l’usage d’armes blanches ou destruction de biens publics ou privés ». En outre, s’ils sont infiltrés par des personnes qui veulent saboter sciemment leurs manifestations et discréditer le front de résistance « Fippu », ils comptent « faire face pour leur barrer la route à tout prix ». Khalifa Ababacar Sall a aussi énergiquement dénoncé pour ensuite condamner ces échauffourées. Tout en invité les protagonistes à « taire leurs querelles il a appelé à l’« unité impérative de toute l’opposition qui ne doit pas se tromper de combat ; le départ du Président de la République à partir du 2 avril prochain ». . Aux accusations réciproques, les deux camps annoncent une conférence de presse cet après-midi pour édifier l’opinion sur ce qui s’est réellement passé ce samedi au terrain Hlm Grand Yoff.

Malamine CISSE

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