Publié le 24 Feb 2021 - 00:30

Lettre ouverte à Monsieur Macky Sall, Président de la République du Sénégal

 

Monsieur le Président, Cher frère,

Je viens d'avoir 63 ans.

C'est l'âge où l'on entre dans le cercle des Anciens.

L'âge où on a le droit de dire ce qu'on pense du pays.

Sans coup férir.

Notre pays que vous avez l'insigne honneur et privilège de diriger, traverse des moments troubles de son histoire.

Jamais je n'ai été témoin d'une si vive tension dans notre société jadis si paisible et fort rieuse.

Jamais je n'ai senti autant de clivages aux conséquences nauséabondes traverser les esprits.

Jamais je n'ai senti autant de désarroi de notre peuple pourtant si vaillant.

Monsieur le Président, Cher frère,

L'heure est grave.

La belle terre de nos ancêtres gronde de ses entrailles.

Elle lance une rumeur si folle dans les cœurs de ses enfants.

Ses enfants lui sont si chers.

Elle vous a confié leurs destins.

Les Penghols vous épient.

Vous le savez sans doute.

Car vous avez une lourde responsabilité devant l'Histoire.

Quand, bien des années plus tard, l'on racontera votre gestion du pays que l'on vous a confié.

L'Histoire jugera votre capacité de magnanimité quand tous les fronts grondent.

Quand tant d'intérêts sont en jeu.

Quand le monde se cherche en ces moments de doute et de peur.

Quand le Sénégal regorge de richesses tant convoitées.

Quand tant de grandes figures ont tracé de si beaux viatiques.

Je suis sûr que vous en avez conscience.

Monsieur le Président de la République, Cher frère,

Agissez pendant qu'il est encore temps.

Agissez dans le seul intérêt de votre peuple.

Agissez en regardant droit dans les yeux cette jeunesse pleine d'espoirs.

Agissant pour tout ce que ce pays a fait de vous.

Un petit garçon de Fatick devenu président de la République.

Ce pays se jauge en ces miroirs de notre temps.

Quand le futur est si sombre.

La maladie si insidieuse.

La pandémie ravageuse.

La mort rôde à chaque coin de rue.

Le peuple a peur.

C'est à vous de l'assurer.

Prenez de la hauteur sur les contraintes des autres

Rappelez-vous quand, enfant, vous gambadiez sur les terres chaudes du Sine.

La paix au visage.

Le sourire au vent.

Rendez ce sourire aux enfants.

Monsieur le Président de la République, Cher frère,

L'Afrique a besoin du Sénégal.

Par son travail sur l'Immatériel.

Par sa vision du monde.

Par sa capacité de propositions lumineuses.

Ce laboratoire des idées est entre vos mains.

Monsieur le Président, Cher frère,

Ne vous mêlez pas des querelles au-dessous de la ceinture !

Celles-là sont réservées au palefrenier.

Que le Sénégalais de 45 ans qui n'a jamais fauté lève le petit et je l'envoie en enfer !

Kuneekul ci bu gudd bi

Yaa ngi cibu gaat bi.

Le combat est ailleurs.

Et je vous crois intelligent pour le savoir.

Il est dans la remobilisation d'un peuple en errance.

Il est dans la construction de notre propre identité.

Il est dans l'éducation de nos enfants et petits-enfants

Il est dans la valorisation de tous ces bras qui vendent des pacotilles chinoises ou conduisent des motos-Jakarta.

Il est dans la mise en œuvre du savoir-faire sénégalais.

Monsieur le Président de la République, Cher compatriote,

Je ne sais plus à qui prier d'autre que le Seigneur !

Qu'Il fasse que Ses Bienfaits vous ouvrent l'esprit, mais surtout le cœur.

Qu'Il vous éloigne des vautours qui rôdent autour de vous.

Qu'Il vous aide à bien réfléchir sur les Récits du futur.

Devant vous, la page est blanche.

Tachez d'y écrire de belles lignes

Odes à notre si beau Pays

Dans sa Grandeur

Pour toujours.

Recevez, Monsieur le Président de la République, Cher frère, l'assurance de ma sincère fraternité.

Moussa Sène Absa

Popenguine, ce 20 février 2021

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