Publié le 1 Nov 2012 - 08:00
MINISTÈRE DE LA BONNE GOUVERNANCE

«Un enjeu stratégique majeur», selon Mouhamadou Mbodj

 

 

La création d'un ministère chargé de la bonne gouvernance suscite l'adhésion du Forum civil qui juge salutaire une initiative qui, selon son coordonnateur, affaiblit les lobbies du gouvernement après le profond remaniement du 29 octobre.

 

A l'annonce de la création du ministère de la Bonne gouvernance, le coordonnateur du Forum civil, Mouhamadou Mbodj, a applaudi des deux mains une continuité dans les mesures novatrices prises par Macky Sall de faire appel à des hommes de métier à travers un effort d'institutionnalisation de pratiques nouvelles dans les politiques publiques. C'est pourquoi ce ministère représente, à ses yeux, un «enjeu stratégique majeur» à un moment où «le système de gouvernance est détruit par la généralisation structurelle de la corruption.»

 

S'il faut s'attendre avec ce ministère à une gestion participative, efficiente, efficace des affaires publiques, le coordonnateur du Forum civil n'en pense pas moins que le président de la République chef de l'État vient de redresser la barre. «Il a affaibli les porteurs de lobbies qui étaient dans son gouvernement et a posé un pas courageux pour trancher le débat sur la double nationalité de certains de ses ministres.»

 

Pour le leader du Forum civil, cette innovation de taille, en attendant que soient définies ses prérogatives et son champ d'action, est à même de donner corps au concept de «gestion vertueuse» tant déclamé par le nouveau régime. Surtout, elle vient à son heure quand on sait que le président de la République tardait à «définir les contours de la gouvernance inclusive» qui devrait constituer un des axes majeurs de son programme de développement. «Il revient à Macky Sall, à son Premier ministre et à l'équipe gouvernementale de donner un sens à cet engagement contracté avec le peuple, par rapport à la bonne gouvernance, à travers une gestion exemplaire des affaires publiques, mais également (d'avoir) un comportement responsable dans leurs actes de tous les jours», a souligné M. Mbodj.

 

Interpellé sur le choix porté par le chef de l'Etat sur l'ex-journaliste Abdou Latif Coulibaly pour diriger ce ministère inédit, Mouhamadou Mbodj souligne en avoir «une très bonne appréciation. Car à titre personnel, c'est une consécration pour un homme qui a toujours pris des risques pour dénoncer les manquements en matière de bonne gouvernance, même si l'enjeu est stratégique est un énorme défi qui lui est adressé». A ses yeux, ce nouveau département va impulser un tournant décisif dans la gestion des affaires publiques, la politique de réduction de la pauvreté et la mise en œuvre des politiques de développement. «Toutes les orientations prises devront aller au profit des populations. Le respect des règles de bonne gouvernance devra engendrer leur épanouissement et contribuer à instituer un Etat de droit», a-t-il ajouté.

 

«Dorénavant Macky aura la responsabilité de ses résultats si on le laisse travailler. Car il ne faut pas perdre de vue que la planification organisationnelle répond aux orientations stratégiques qui se déclinent en plan d'action», estime Mouhamadou Mbodj pour qui Macky Sall veut consolider sa démarche de recherche d'efficacité, qui agrège les orientations de «Yoonu Yokuté». Un vaste chantier pour lequel il est nécessaire d'«instaurer des codes de conduite, de décliner dans un calendrier la temporalité de son programme et de définir les conditions de mise en œuvre de sa politique.»

 

MATEL BOCOUM

 

 

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