Publié le 10 Feb 2016 - 18:34
PLAIDOIRIES

Quand Mes Lambi, Bourdon et Cie flétrissent Habré et ses avocats

 

Pour la seconde journée de plaidoiries pour les avocats des victimes présumées de Hissein Habré, l’ancien Président tchadien en a vraiment pris pour son grade. Ses avocats commis d’office et constitués n’ont pas été épargnés.

 

Les avocats des parties civiles n’ont pas été du tout tendres avec Hissein Habré et ses avocats commis d’office et ceux constitués qui ont boycottés le procès. Si l’avocat tchadien, Me Soulgan Lambi, s’est juste contenté de dénoncer le silence de l’accusé ‘’réfugié derrière un turban’’, son confrère belge a exprimé son mépris à l’endroit de l’ex-Président tchadien. ‘’Je ne le respecte pas comme un être humain et je ne crierai pas sur lui. Même déchu, ce dictateur se croyait intouchable’’, a fulminé Me George-Henry Gauthier. Dénonçant la stratégie du silence adoptée par Hissein Habré, depuis l’ouverture de la procédure, il a martelé : ‘’Le débat judiciaire peut envisager la défense de rupture, mais qu’il ait le courage de ne pas insulter les gens dans les couloirs.’’

Son confrère Me William Bourdon n’a pas non plus fait dans la dentelle. Dès l’entame de sa plaidoirie, l’avocat français a fustigé l’attitude de Hissein Habré. ‘’Jusqu’au dernier crachat, il vous (les juges de la CAE) a insultés et méprisés. C’est aussi de dire, sur la façon dont Habré s’est comporté à ce procès qui a été un modèle de procès équitable’’, a martelé Me Bourdon tout en soulignant que même ‘’Pinochet donnait l'impression d'être un petit joueur face à la CPI’’. Selon ses arguments, l’attitude de l’ancien Chef d’Etat relève d’un manque de dignité.

‘’Le mot dignité n’a jamais été et ne sera jamais dans son vocabulaire’’, a pesté l’avocat qui s’en est également pris au turban de l’accusé. Pour la robe noire, c’est une manière pour l’accusé de ne pas affronter le regard des juges, mais aussi de ses victimes. « Il refuse de montrer le mal absolu qu’il incarne. Le mal absolu n’a aucun visage. En se cachant derrière son turban et ses lunettes noires, il a voulu éviter ce face-à face, pour que vous ne lisiez pas dans ses yeux, comme une fenêtre de larmes, tout ce face sinistre qui a souillé la terre tchadienne’’, a lancé Me Bourdon. L’avocat a également fustigé les signes de victoire que l’accusé fait tous les jours, au moment de rejoindre le box. ‘’C’est le V du venin et non de la victoire’’, a soutenu le conseil.

La défense reçoit flatteries et attaques

Après l’accusé, Me Bourdon s’est tourné vers Mes Ibrahima Diawara et François Serres, avocats constitués de Hissein Habré. Il les a qualifiés ‘’d’avocats sans robe’’. Apportant la réplique à son confrère français, qui s’illustre par des attaques, il l’a qualifié de  "pitre qui jacasse". Mes Abdou Gningue, Mounir Balal et Mbaye Sène en ont aussi pris pour leur grade, même si dans un premier temps, il leur a rendu hommage pour avoir accepté d’être commis, malgré les attaques. ‘’Bravo ! Ce n’était pas une sinécure et vous au moins, vous portez la robe et vous faites honneur à la profession d’avocat’’, leur a-t-il lancé.

Mais, lorsqu’il a fallu commenter les conclusions de la défense, l’avocat s’est mis à lancer des piques. Des critiques qui ont mis Me Gningne dans ses états. Après avoir demandé la parole sans succès et malgré la tentative de ses confrères de le retenir, l’avocat s’est emporté en pestant : ‘’Ce sont des attaques personnelles, nous ne l’admettons pas. Qu’il cesse de bourdonner à nos oreilles !’’ Me Bourdon lui a répondu qu’il a liberté de commenter leurs écrits. La même réponse a été servie au président Gberdao Gustave-Kam. Puis son confrère, continuant à protester, l’avocat français a déclaré : ‘’Le vol du bourdon n’est pas fini.’’ 

 

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