Publié le 2 May 2023 - 14:18
PREMIER CAS HUMAIN DE FIÈVRE HÉMORRAGIQUE CRIMÉE CONGO

Les mesures à prendre selon le MSAS pour l’éviter

 

Suite à la confirmation d'un cas humain de fièvre hémorragique de Crimée Congo (FHCC) le 21 avril 2023 au niveau du centre hospitalier national Dalal Jamm de Guédiawaye, le Centre des opérations d'urgence sanitaire (Cous) est activé. Le directeur de la lutte contre la maladie, Dr Mamadou Moustapha Diop, est nommé gestionnaire de l'incident.

 

Le 21 avril 2023, au niveau du centre hospitalier national Dalal Jamm de Guédiawaye, un cas humain de fièvre hémorragique Crimée Congo a été confirmé. Selon une fiche technique du MSAS rendue publique, la fièvre hémorragique de Crimée Congo (FHCC) est une maladie contagieuse due à un virus transmis par des tiques. Elle provoque des flambées de fièvre hémorragique sévères avec une létalité pouvant aller de 10 à 40 %. Elle peut sévir à l'état endémique dans certains pays ou régions. Ainsi, c’est une maladie à déclaration obligatoire (RSI).

Le réservoir de virus est constitué par plusieurs types d'animaux sauvages comme les rongeurs, les oiseaux (hérons, calaos) et les animaux domestiques (les bovins, les moutons, les chèvres). La contamination des animaux, selon la note, survient par le biais de piqûres par des tiques infectées.

Le virus de la FHCC se transmet à l'être humain soit par les piqûres de tiques, soit par contact avec du sang ou des tissus d'animaux infectés (abattage, mise bas, interventions vétérinaires, élimination de carcasses).

‘’Les cas se retrouvent en majorité chez des personnes travaillant dans le secteur de l'élevage, chez les exploitants agricoles, les employés des abattoirs ou les vétérinaires. La transmission interhumaine peut survenir à la suite d'un contact direct avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques de sujets infectés. Des infections peuvent survenir dans le milieu des soins (infections nosocomiales)’’, lit-on dans la fiche dressée par l’autorité.

La prévention au niveau des animaux procède par l'élimination des tiques, grâce à des techniques de déparasitage spécifiques utilisées par les services vétérinaires. ‘’Il n'existe pas de vaccins utilisables chez l'animal. Les conseils de santé publique comportent plusieurs volets : réduction du risque de transmission de la tique à l'homme, porter des vêtements protecteurs (manches longues, pantalons), porter des vêtements de couleur claire pour pouvoir facilement détecter les tiques, utiliser de produits chimiques (pesticides) sur les vêtements, utiliser des produits répulsifs sur la peau et les vêtements pour éloigner les tiques, hygiène rigoureuse de la peau et des vêtements (propreté), désinfection des enclos et des écuries’’, lit-on dans le document.

Il y a aussi la réduction du risque de transmission de l'animal à l'homme. Pour ce cas, il est conseillé le port des gants et des vêtements de protection pour manipuler les animaux ou leurs tissus dans les zones d'endémie, en particulier au moment des abattages ou de la découpe dans les abattoirs ou à domicile, mettre les animaux en quarantaine avant l'entrée à l'abattoir ou les traiter systématiquement deux semaines avant l'abattage.

Concernant la réduction du risque de transmission interhumaine dans la communauté, le MSAS conseille d’éviter tout contact physique rapproché avec les personnes infectées par la FHCC, porter des gants et un équipement de protection pour soigner les malades, se laver régulièrement les mains après avoir soigné des malades ou leur avoir rendu visite. ‘’Les agents de santé qui soignent des patients pour une FHCC présumée ou confirmée ou manipulent des échantillons prélevés sur eux doivent appliquer les précautions d'usage contre l'infection, parmi lesquelles : l'hygiène des mains, le port d'un équipement de protection individuel, la sécurité des injections et les enterrements sans risque,  la manipulation prudente des échantillons prélevés sur des cas présumés de FHCC par du personnel formé travaillant dans des laboratoires suffisamment équipés’’, explique-t-on dans le document.

Signes et symptômes

Par ailleurs, la durée d'incubation dépend du mode de contamination. En effet, ‘’après une piqûre de tique, elle est en général d'un à trois jours, avec un maximum de neuf jours. Après contact avec du sang ou des tissus infectés, elle est en général de cinq à six jours, avec un maximum documenté de treize jours. L'apparition des symptômes est brutale marquée par un syndrome douloureux (algique) fait de maux de tête (céphalées), douleurs musculaires (myalgies), douleurs articulaires (arthralgies) et d'un syndrome infectieux avec une fièvre à 39-40°C et des sueurs.

On observe parfois au début des nausées, des vomissements, de la diarrhée, des douleurs abdominales et un mal de gorge. À la phase d'état (après une semaine d'évolution), des signes d'hémorragie peuvent survenir. Il peut s'agir de saignements du nez (épistaxis), des gencives (gingivorragies) ou du sang dans les vomissements (hématémèse), dans les selles (méléna) ou des parties génitales ou de saignements sous la peau (purpura, pétéchies). Des troubles de la conscience peuvent survenir à un stade plus avancé à type d'agitation, de torpeur, de somnolence, de coma. La convalescence est longue et marquée par une faiblesse physique (asthénie) généralisée et persistante. La récupération est complète, mais lente. La létalité peut survenir dans 10 à 40 % des cas dans un tableau de choc hémorragique, de troubles neurologiques’’, d’après le MSAS.

Concernant le diagnostic, les prélèvements sont constitués de sang, de salive, d'urines, ou de tissus (biopsies). Le transport de ces prélèvements doit se faire avec un triple emballage. Le diagnostic de la FHCC se fait dans un laboratoire P4, suivant diverses techniques.

Dans les cas mortels comme pour les patients dans les premiers jours de la maladie, le diagnostic repose sur la détection du virus ou de l'ARN dans les échantillons de sang ou de tissus. Chez l’homme, le traitement repose principalement sur le traitement des symptômes (réhydratation, transfusion sanguine, antalgiques, lutte contre les vomissements, etc.).

Par ailleurs, le Centre des opérations d'urgence sanitaire (Cous), selon une note du ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS), est activé et le Directeur de la lutte contre la maladie, Dr Mamadou Moustapha Diop, est nommé Gestionnaire de l'incident.

CHEIKH THIAM

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