Publié le 27 Aug 2024 - 11:58
PRESSE ET MULTIMEDIAS

Une mort programmée en République Menzène

 

Comment déconstruire un modèle social, un modèle éditorial et l’organisation d’une presse plurielle existants depuis plusieurs décennies ? Il s’agit tout simplement, pour les autorités nouvellement élus, de s’arc-bouter dans une logique de difficultés financières. Parce que, coupables de ne rien pouvoir prévenir et de ne pouvoir pas, contrôler l’indépendance éditoriale de la presse et des multimédias.

Ainsi, en république Menzène, le pouvoir se lève [instamment] pour marteler : l’austérité ! Et comment ? Bougrement, en abâtardissant l’information au rang de marchandise ordinaire, tout en sachant : que personne n’ignore [de tout temps] la problématique de ladite presse et desdites multimédias.

En raison, que les coûts de fabrication d’un simple journal comportant huit (8) pages [par exemple], sont exorbitants même, avec une page publicitaire au jour le jour. Or, tel n’est pas le cas. Parce que de manière terre-à-terre, les charges y afférentes [la recherche de l’information ; la prise en charge du carburant pour un véhicule ; le chauffeur et les reporters ; l’opérateur de saisie ; le secrétaire de rédaction ; le chef de desk ; le comité de rédaction ; la fabrication et l’impression entre autres] journalièrement, relèvent d’un grand exploit.

En raison du faible prix de vente du produit fini [100 F Cfa] sur le marché. Que représente un tel montant, même avec un tirage à 60.000 exemplaires par jour ? Que représentent l’électricité, l’eau, l’entretien, la sécurité, l’environnement, les salaires, l’impôt, les charges sociales et fiscales entre autres ?

En raison, qu’il y a bien lieu de se poser la question de savoir : à quel type de lecteurs est confrontée au quotidien, la presse [globalement] ? Qui achète, qui fouine et qui est-ce qui lit ? Sont-ils nombreux, les acheteurs, malgré le prix symbolique : une vente à perte. Alors, à qui profite la concurrence entre éditoriaux ?

En raison que la presse et les multimédias ne vivent que de piètres subsides et de duplicités bien garnies. Dans de telles conditions, elles ne sauraient être viables. Que dès lors et par conséquent, elles ont besoin d’un apport substantiel au plan financier, matériel et technique de la part de l’Etat et de toute la République MENZENE.

Sous cet angle-là, le bien-être passe par un réel dialogue social entre [l’Etat, ses démembrements et les acteurs-professionnels de la communication voire de l’information], pour une refondation profonde et générale, de la presse dans toute sa composante. Comment y inclure [dès lors], les vrais maîtres du marché : les banquiers, les financiers, les subventions et l’aide à la presse ? Comment asseoir une charte nationale bien conçue sur la base : de l’application et de l’applicabilité des engagements ; du maintien des emplois et des entreprises ; du maintien des garanties collectives des salariés, de l’information/communication et de l’empire nouvelle, en construction … face aux risques d’une tempête, base d’une conception dépassée ?

En ce sens, et pour le monde syndical, il faut se mettre en rang et en bloc soudé, pour défendre : et l’emploi, et le salaire et la retraite ! Parce que : les besoins et les revendications sont les fondamentaux de l’activité syndicale. Comment doivent s’opérer, le passage d’une aspiration ressentie par chaque salarié, par chaque citoyen, par les populations, par l’Etat pour l’expression d’un besoin collectif : la presse et les multimédias en République MENZENE ?

Attendu qu’il y a lieu de prendre en considération, que les besoins [de la presse, les multimédias, les réseaux sociaux, l’internet entre autres], passent par l’amorce de la publicité, l’impression, le papier, la distribution qui ont grandement évolués. Et pour cela : leur rentabilité s’impose ; mais comment et avec qui ?

Ne faudrait-il pas une déconcentration des entreprises (presse, télé, différentes multimédias entre autres) pour un regroupement unique avec plusieurs titres ? Un seul groupe des multimédias, capable de booster les capacités réelles dudit secteur ; capable de gagner des marchés étrangers avec la participation d’une seule grande imprimerie, un seul Centre de vente de papier, une seule régie publicitaire et de distribution commune, aux fins d’un redéploiement en harmonie ? Un rêve !

Attendu que se serait là, la constitution d’un Groupe de dimension africaine. Un redéploiement sur fond de liquidation d’entreprises sous perfusion [mais également], la réduction d’emplois nécessaires à la reconstruction ; la nécessité de supports et de contenus dans le sens d’une information en plus [africaine], avec la réduction des références à la seule nationalité et à l’identité MENZENE ; la conscientisation des esprits vers le pluralisme réel de l’information, au profit de toute une République Menzène.

 

IBRAHIMA KHALIL MENDY

PRESIDENT DU MOUVEMENT

DES PERMANENTS CNTS

 

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