Publié le 7 Feb 2020 - 22:27
PROMOTION DU SECTEUR IMMOBILIER

La sécurisation des titres fonciers prônée 

 

Pour booster le secteur de l’immobilier au Sénégal, l’Etat doit plus faciliter l’information foncière et la sécurisation des titres fonciers, selon le notaire Mahamadou Maciré Diallo. Il s’exprimait hier, dans un entretien avec ‘’EnQuête’’, en marge d’une rencontre entre les professionnels des différents métiers de l'immobilier français et sénégalais.

 

Au Sénégal, pour booster le secteur de l’immobilier, le notaire Mahamadou Maciré Diallo estime qu’il faut rendre ‘’plus facile’’ l’information foncière et la sécurisation des titres fonciers. ‘’C’est la meilleure manière de rendre la propriété effective. S’il n’y a pas un tel accompagnement, il y aura toujours des litiges fonciers. Les difficultés dans le secteur de l’immobilier sont liées davantage à l’immatriculation des terres. Les zones immatriculées sont assez faibles dans les villes et environs. Et l’Etat a initié un programme d’immatriculation des terres de manière très rapide, avec la transformation des permis inoccupés’’, indique le notaire dans un entretien avec ‘’EnQuête’’, en marge d’une rencontre, hier, entre le Club de l'immobilier Marseille Provence (CIMP) et les acteurs de l’immobilier sénégalais. Un rendez-vous qui s’inscrit dans le cadre du premier voyage de l’industrie immobilière française en Afrique de l’Ouest dénommé ‘’Dakar 2020’’.

Mahamadou Maciré Diallo souligne que les promoteurs immobiliers rencontrent également des difficultés liées à l’accès au financement. ‘’Les banques demandent souvent des garanties qui ne peuvent pas être prises tout de suite. Quelqu’un qui veut construire un immeuble, c’est à la fin des travaux qu’on a les appartements, le titre foncier. Finalement, le banquier a tendance à un peu freiner les choses pour ne pas accompagner le promoteur. Et ceci rejaillit sur les possibilités des populations d’accéder au logement selon le standing équivalent’’, explique-t-il. Et pour les appels de fonds, s’ils veulent acquérir un bien de construction sous forme de vente à l’état futur d’achèvement, le notaire fait savoir que c’est 35 % qui leur est appliqué, jusqu’à la mise hors-dos. C’est-à-dire dans les travaux de soubassement au début des constructions. ‘’Ce sont des règles qui sont fixées par le Code de la construction. Ce sont des règles connues. Mais, malheureusement, c’est souvent difficile de les appliquer. Parce qu’il y a des retards dans le cadre des travaux pour diverses raisons. On ne peut pas rejeter la faute uniquement sur les promoteurs. C’est tout un système de l’acheminement, les travaux, le matériel nécessaire, les bureaux de contrôle, les autorisations, etc. Donc, tout le monde doit y participer’’, renchérit M. Diallo.

Les initiateurs de ce rendez-vous expliquent que leur objectif est, à travers un programme de 48 heures, de permettre aux entrepreneurs du Sénégal et de la France de se rencontrer autour de thématiques communes. Il s’agit notamment du développement durable, smart city, transition énergétique… Et aussi d’encourager la porosité du secteur et de favoriser durablement la création de business. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Dakar, Abdoulaye Sow, a précisé, lors de son allocution d’ouverture, que le Club d’Aix Marseille Provence est dans une dynamique d’établir une ‘’nouvelle relation’’ avec le continent africain. ‘’Il ne s’agit pas, dans ce cadre, que des entreprises étrangères viennent concurrencer nos entreprises locales. Mais de partage d’expériences’’. Dès lors, il estime que le Programme des 100 000 logements initié par le chef de l’Etat sera un cadre idéal de partenariat entre les deux parties.

Faire du business ensemble

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Aix Marseille Provence, Jean-Luc Chauvin, de renchérir que la convention signée entre sa chambre de commerce et celle de Dakar est de faire en sorte que leurs équipes respectives travaillent à rapprocher les entrepreneurs sénégalais et ceux d’Aix Marseille Provence. Ceci, pour qu’ils puissent collaborer, faire du business ensemble et développer leurs activités dans l’immobilier, le bâtiment, mais également sur d’autres secteurs d’activité. M. Chauvin lance un appel afin que les entreprises des deux hubs travaillent ensemble pour créer ce nouveau monde environnemental et sociétal, à travers des bâtiments.

‘’On ne peut pas faire de l’immobilier quand on est hors sol, quand on n’a pas des liens très fins avec les entrepreneurs du territoire. L’immobilier est un terrain très intéressant. Notre métier de l’immobilier exige de nouveaux réflexes prenant en compte l’écologie, le développement durable. Il faut penser à créer des villes qui ont un faible impact sur l’environnement. Notre obligation est de prendre en considération, dans nos bases de réflexion, ces changements qui sont nécessaires pour le bon vivre, pour préserver la planète’’, renchérit l’homme d’affaires français.

Vu qu’il y a aussi beaucoup de start-up qui travaillent dans le secteur aussi bien à Dakar qu’à Marseille, M. Chauvin pense qu’ils ont l’obligation, en tant qu’agents économiques, de participer à ces défis et de les relever.

Pour sa part, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Kaolack, Serigne Mboup, a soutenu qu’il est possible, à l’instar du Club de Marseille, de créer le club immobilier de Dakar pour exporter le savoir-faire sénégalais en Afrique et en Europe. ‘’L’expertise sénégalaise en matière d’immobilier est très avancée. Il faut essayer de pérenniser cette rencontre, en faisant participer le maximum d’investisseurs’’, signale-t-il.

MARIAMA DIEME

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