Publié le 25 Aug 2020 - 01:05
REPRISE DES COURS EN SEPTEMBRE

Les inquiétudes et réserves du Saes

 

Le 1er septembre prochain, les étudiants vont normalement reprendre le chemin des amphis. Mais dans ce contexte de pandémie de la Covid-19, le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) a exprimé ses inquiétudes, émis des réserves et se dit prêt à garantir, d’abord, la sécurité de ses membres.

 

Initialement prévue en mars dernier, l’Assemblée générale des sections universitaires du Saes a été finalement tenue, avant-hier, à Thiès. Une réunion à l’issue de laquelle des décisions relatives à la reprise des cours en présentiel ont été prises par ledit syndicat. L’organisation regroupant les enseignants du supérieur n’est pas contre le principe de la reprise des cours en présentiel. Mais il pose ses conditions.

‘’Le Saes exige le respect, par tous les acteurs des universités, des délibérations des instances, en qui ce concerne la reprise en présentiel, pour ne pas compromettre définitivement l’année universitaire en cours. Le syndicat demande l’accompagnement budgétaire de l’État pour le respect du protocole sanitaire et des mesures barrières, afin de préserver la santé de tous les acteurs (…)’’, informe le secrétaire général national Malick Fall. Les enseignants du supérieur ont décidé de se conformer uniquement aux décisions prises par les instances pédagogiques des universités.

La balle est donc dans le camp des assemblées des universités, seules habilitées, selon le Saes, a décidé si la reprise se fera le 1er septembre ou pas. ‘’Si demain, les assemblées ou les conseils d’administration des universités indiquent que la reprise se fera le 1er septembre, le Saes demandera à ses militants d’être prêts pour la reprise. Mais il va quand même beaucoup travailler pour la sécurité sanitaire de ses membres et de toutes les autres composantes de l’enseignement supérieur. Nous allons veiller à ce que la sécurité de nos militants soit garantie’’, déclare le patron du syndicat.

Outre cet aspect, lui et ses camarades ont invité les uns et les autres à se conformer aux conclusions qui seront issues des réunions des différents comités de santé de toutes universités.

Toutefois, en cette période de pandémie de Covid-19, le Saes a tenu à exprimer ses inquiétudes, dans la mesure où des enseignants membres dudit syndicat présentent des comorbidités, parce que souffrant de pathologies chroniques. C’est pourquoi, le souhait de dispenser ces derniers est émis par les syndicalistes.

L’orientation des nouveaux bacheliers, l’autre combat   

Autre question abordée et qui tient à cœur le Saes, est celle relative au processus d’orientation de tous les bacheliers dans les universités publiques du pays. Après avoir fustigé, à maintes reprises, le ‘’scandale’’ né de la gestion ‘’nébuleuse, chaotique et catastrophique’’ de cette orientation, le syndicat est encore revenu à la charge, ce samedi. Toutes griffes dehors, il s’en prend à la tutelle. ‘’Le Saes constate, avec amertume, qu’aucun acte concret n’a été posé par le ministère en charge de l’Enseignement supérieur, contrairement à ses engagements à prendre des mesures correctives pour éviter des dysfonctionnements notés dans le processus d’orientation des nouveaux bacheliers de 2020. Cela témoigne de la mauvaise volonté manifeste du ministère de ne pas respecter le décret 2016-18-705 relatif à l’orientation des bacheliers (…)’’, se désole Malick Fall, affirmant que le Saes exige de sa tutelle l’application dudit décret.

Dans leur préavis de grève en cours, le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur dégage toutes ses responsabilités et précise qu’il tiendra le gouvernement pour responsable de toutes les conséquences et perturbations qui pourraient découler des manquements notés.

Les textes sur la gouvernance des universités publiques du pays n’ont pas été en reste, lors de cette assemblée générale. Sur cette question précise, Malick Fall regrette ‘’l’inertie’’ du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

GAUSTIN DIATTA (THIES)

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