Un match à risques

La Norvège, vainqueur de l'Irak (4-1), est le futur adversaire du Sénégal. Pour cette deuxième sortie des Lions, l'erreur n'est plus permise. À défaut d'une victoire, Pape Bouna Thiaw et ses hommes doivent au moins assurer le point du match nul. Car une défaite face à l'actuel premier du groupe I viendrait compromettre les chances des champions d'Afrique en titre d'atteindre le tour suivant.
En plus de loger dans la poule I, le Sénégal bénéficie d'une programmation qui n'aide pas beaucoup. En effet, après la France de Mbappé, voilà que la Norvège d'Erling Haaland attend les Lions au tournant pour une rencontre déjà ultra décisive. « Le score est très, très sévère… Il faut se concentrer sur le prochain match. » Ce sont les propos d’Idrissa Gana Gueye juste après la défaite du Sénégal face à la France, ce mardi. Mais le plus important dans ses propos, c'est inéluctablement la deuxième phrase.
Même si la deuxième sortie des Lions est dans 5 jours, toutes les énergies doivent d'ores et déjà être mobilisées pour cette rencontre face à la Norvège. Pour rappel, les Norvégiens ont eu raison de l'Irak en s'imposant 4-1. Dès lors, il est nécessaire d’ourdir des plans précis afin de ne pas laisser trop de plumes à l'issue de cette deuxième sortie.
L'équation Haaland
Si le Sénégal espère faire un bon résultat face aux Scandinaves, Pape Bouna Thiaw et son staff doivent se pencher sur le danger Erling Haaland. L'attaquant de Manchester City reste le principal poison pour la défense sénégalaise. Ce dernier a d'ailleurs envoyé un signal fort en inscrivant un doublé face à l'Irak.
Donc, il faudra être prêt à 100 % en titularisant peut-être Mamadou Sarr aux côtés de Moussa Niakhaté ou en misant plutôt sur Pathé Ciss, qui a bien souvent dépanné en club dans ce compartiment du jeu. Pour stopper le cyborg, il faut du costaud.
On parle d’Haaland à juste titre, mais c'est toute l'armada offensive scandinave qui est à craindre. Car outre l'attaquant de Manchester City, le danger pourrait venir de Sorloth, Oscar Bob ou Antonio Nusa.
Lancer Ibrahima Mbaye d'entrée
Outre le chantier défensif qui sera centré sur l'attaquant de Manchester City, côté sénégalais, on sera obligé d'avoir une toute autre approche offensive. L'entrée décisive d'Ibrahima Mbaye contre la France est un message plus qu’audible envoyé au technicien. En moins d'un quart d'heure, le titi parisien avait réussi à mettre son équipe sur le bon chemin avec son but qui relève d'un exploit individuel.
Avec un Ismaila Sarr qui a déçu et un Sadio Mané qui n'a pas trop pesé, l'attaquant parisien aura sans doute son mot à dire. Sa titularisation est réclamée avec persistance par les supporters qui le voient comme le nouveau joueur explosif de l'équipe nationale. Mais le dernier mot lui revient, au coach. Toujours est-il qu'à défaut du jeune Mbaye, d'autres éléments offensifs comme Assane Diao ou encore Ilimane Ndiaye pourraient redynamiser le secteur offensif.
Mais outre ces deux chantiers clés, Pape Thiaw est obligé de se transcender du point de vue tactique, dans l'anticipation, etc. Il sera appelé à apporter des réponses vis-à-vis de son homologue norvégien, certes. Sans oublier qu'il pourrait dicter le tempo du match à travers des changements bien pensés.
En gros, pour le match de mardi, l'objectif premier sera de concéder le moins d'occasions possible. Car en face, il n'en faut pas beaucoup à Erling Haaland et même Sorloth pour punir une défense. Une fois cette sérénité acquise derrière, peut-être de manière sporadique avec des flèches comme Ibrahima Mbaye ou Assane Diao, le Sénégal pourrait faire mal à son adversaire.
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TROIS QUESTIONS A EL HADJ CISSE
‘’Notre manque de réalisme nous tombe dessus’’
Le Sénégal a manqué son entrée en jeu dans le Mondial 2026 face à la France (3-1). Le formateur au Racing Club de Dakar, El Hadj Cissé, a relevé les deux visages de l’équipe du Sénégal dominatrice en première période, mais qui n’a pas su concrétiser ses moments forts. Avant de disparaitre en seconde période devant des Français métamorphosés.
Le Sénégal a perdu sa première sortie à la Coupe du monde 2026. Quelle analyse faites-vous de la rencontre France vs Sénégal ?
‘’Une première période bien maîtrisée tactiquement avec une bonne organisation de l'équipe du Sénégal. Et ce schéma tactique a bouleversé la physionomie du match du côté des Français dont l'armada offensive et les nombreuses permutations ont été gênées par le pressing et l'intervention de la défense du Sénégal. Nous avons aussi vendangé les 2 opportunités face au gardien de but français en fin de première période. En seconde période, le changement du dispositif français avec un Olisé en électron libre face au jeu et qui comprend vite l'appel des attaquants en profondeur, avec un Rabiot flamboyant dans le Box to Box, ont fait la différence sur une efficacité énergétique de Kylian et Barcola.
Comment avez-vous apprécié la gestion de l'attaque française par la défense des Lions, avec le choix d'aligner Koulibaly dans l'axe ?
Oui Koulibaly après une première période stable a eu des difficultés. Dans les un contre un, les attaquants français plus fringants dans ce domaine, ont su poser des problèmes à la défense du Sénégal. Mais il n'a pas été aidé par Niakhaté inexistant dans l'abattage et les couvertures pour éviter ces dernières passes décisives qui ont été fatales à la fin.
Le Sénégal a eu son temps fort, mais n'en a pas profité. On peut dire que le manque de réalisme a encore lésé le Sénégal ? Et que dire de la gestion du banc par le coach ?
Comme à chaque rencontre, notre manque de réalisme nous tombe dessus, dans une rencontre pareille où la réponse de l'autre côté fait la différence.
Le choix de faire entrer Ibrahima Mbaye et Habib Diarra a peut-être apporté une réplique, avec cette réduction du score. Mais après la sortie de Pape Gueye et de Jackson, le dispositif a changé en 4-4-2, avec les entrées d'Iliman Ndiaye et de Bamba Dieng. Cela a permis à la France de lâcher les chevaux et de corser le score à 3-1. Dommage pour ce relâchement qui a faussé la donne, après la réduction du score.’’
MAMADOU DIOP & LOUIS GEORGES DIATTA






