Publié le 19 May 2025 - 13:44
TABASKI 2025

La psychose du mouton

 

À moins de trois semaines de la fête de la Tabaski, ‘’EnQuête’’ est allé à la rencontre des éleveurs dans les principales zones d'entrée des moutons en provenance des pays pourvoyeurs du marché local, à savoir la Mauritanie et le Mali. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les acteurs ne sont guère rassurés sur les tendances. Le mouton se fait encore désirer, alors qu'il ne reste plus que 17 jours pour la fête. Les raisons avancées sur les “lenteurs” de cet approvisionnement diffèrent selon les sources d'approvisionnement. 

 
Retour sur les mesures incitatives du Gouvernement

Manque d’espaces de vente, installation anarchique, lenteur des crédits et coût élevé de l’aliment de bétail. Le vol de bétail demeure préoccupant, malgré les textes législatifs existants, ce qui a conduit le président et le Premier ministre à renouveler leur engagement contre ce fléau.

 

Comme chaque année, le gouvernement du Sénégal a pris les devants pour un approvisionnement correct du marché en moutons. Il y a quelques jours, le Premier ministre présidait d'ailleurs une réunion interministérielle, dans le cadre de la préparation de la célébration de la Tabaski prévue en début juin. Malgré les gages, le constat reste identique presque un peu partout, même dans les plus grands foirails du pays. 

Dans le Centre, généralement approvisionné à partir du Mali, la plus grande inquiétude, c'est la situation sécuritaire au Mali. Selon plusieurs éleveurs interpellés par notre correspondant, cela fait quelques années que les flux en provenance de ce pays sont limités. Deux raisons sont avancées.

D'abord, les Maliens viennent de moins en moins à cause de cette situation. Ensuite, les opérateurs sénégalais, qui avaient l'habitude d'aller s'y ravitailler, ont de plus en plus peur. 

Selon le gouvernement, en 2024, un peu plus de 31 % des moutons du pays pour la Tabaski étaient importés du Mali et de la Mauritanie. Plus de 68 % provenaient de la production locale. Pour un objectif initial de 810 000 têtes, renseignait le PM, il a été enregistré un cumul de 955 175 moutons, soit 117,92 % de taux de couverture. 

Afin d'encourager les flux en provenance des pays voisins, le gouvernement avait annoncé une série de mesures, allant des facilitations pour le transport, la fiscalité et les prix de l'aliment de bétail aux mesures sécuritaires et diplomatiques à mettre en œuvre. Les ministres de la Défense et de l’Intérieur étaient ainsi chargés d'assurer la sécurité tout au long de la chaîne logistique. Dans le même sillage, le gouvernement avait donné des instructions fermes pour la mise en place de mécanismes de financement pour permettre aux opérateurs d'aller chercher le produit dans les zones d'approvisionnement. 

Par ailleurs, l'autre frein qui gangrène particulièrement le marché, en dehors de ces aléas liés aux marchés étrangers, c'est la problématique du vol de bétail, qui décourage de plus en plus d'éleveurs et compromet l'ambition d'aller vers l'autosuffisance. Conscient du danger, le chef du gouvernement avait invité les ministres concernés à “renforcer la surveillance dans les zones à risque” et “lutter contre les abattages clandestins par le biais des patrouilles et du renseignement communautaire”. Il avait aussi appelé à un durcissement des sanctions contre les criminels. 

Récemment, lors d'une interview avec l'Agence de presse sénégalaise, le ministre de l'Agriculture et de l'Élevage se voulait rassurant, tout en insistant sur le défi de l'autosuffisance. “Vous savez, le premier succès de notre gouvernement, c'était la Tabaski. Nous l'avons organisé et il y avait le nombre, il y avait la qualité et il y avait le prix. Cette année, nous avons organisé une réunion et nous espérons que tout va bien se passer”, a-t-il rappelé.

Le Sénégal, selon lui, pour cette année, a besoin d'environ un million de moutons pour la Tabaski. “Nous en importons peut-être 250 à 300 000. Notre ambition est d'être autosuffisants et je suis convaincu qu'il est bien possible, parce que nous avons une population, particulièrement la jeunesse, qui s'intéresse à ce secteur. Il suffit de les accompagner pour relever le défi”, plaide Mabouba Diagne, qui assure que le gouvernement travaille dans ce sens. 

 

MOR AMAR 

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