82 films et une tournée dans 12 villes

Dakar s’apprête à accueillir une nouvelle édition du festival Films Femmes Afrique, consacré au cinéma engagé au féminin. En prélude à l’événement, l’association organisatrice a tenu, hier au Centre Yennenga de Grand Dakar, une conférence de presse marquée par plusieurs annonces et prises de position.
La conférence de presse de lancement de la 7ᵉ édition du Festival Films Femmes Afrique a réuni, au Centre Yennenga de Grand Dakar, plusieurs acteurs du secteur culturel et institutionnel. Autour de la table, Martine Ndiaye, initiatrice de l’événement, Mohamed El Mounir Baro, représentant de la Direction de la Cinématographie, Jill Wenger, cheffe de mission adjointe à l’Ambassade du Luxembourg, ainsi que Sokhna Fatou Bakhoum et Marie-Ange Zié, coordinatrices du festival, ont présenté les grandes lignes de cette édition prévue du 10 au 18 avril 2026 à Dakar, avant une tournée dans une douzaine de villes du pays.
Placée sous le thème « Les femmes en premières lignes », cette édition met en avant le rôle central des femmes dans les dynamiques contemporaines africaines. Au-delà de la dimension artistique, le festival s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place des femmes dans les sphères de décision, les mutations sociales et les enjeux environnementaux. « Les femmes ne se contentent plus de réclamer leurs droits. Elles aspirent à occuper des places dans les sphères décisionnelles », a souligné Martine Ndiaye. Créé en 2016, Films Femmes Afrique s’est progressivement imposé comme un rendez-vous incontournable du paysage cinématographique. D’initiative militante portée par des passionnées, le festival est aujourd’hui reconnu à l’échelle nationale et internationale. « Ce festival, qu’on ne présente plus, a fini d’asseoir sa crédibilité aussi bien au niveau national qu’international », a relevé Mohamed El Mounir Baro.
Dans un secteur encore largement dominé par les hommes, le festival se positionne comme un espace d’expression et de visibilité pour les femmes cinéastes africaines. Il défend une approche qui consiste à raconter le monde autrement, à travers des récits portés par des regards féminins, souvent marginalisés dans les circuits classiques.
L’édition 2026 s’annonce particulièrement dense, avec une sélection de 82 films provenant d’une trentaine de pays africains et de la diaspora. Parmi eux, 12 longs-métrages et 14 courts-métrages seront en compétition, auxquels s’ajoutent 9 films présentés en focus, notamment sénégalais, ainsi que des documentaires, fictions et films d’animation. Le Sénégal y est fortement représenté avec 18 films retenus, signe du dynamisme de la création nationale.
Le festival se distingue également par son approche pédagogique. À travers des ciné-clubs dans les lycées publics de Dakar et des activités de médiation, l’association entend sensibiliser les jeunes aux enjeux de genre et développer leur esprit critique. Pour ses initiateurs, le cinéma constitue un levier de formation, de dialogue et de transformation sociale. Fidèle à sa volonté d’accessibilité, Films Femmes Afrique mise sur une large diffusion des œuvres. Les projections, pour la plupart gratuites, se tiendront dans divers espaces : cinéma Pathé Dakar, centres socioculturels, établissements scolaires, quartiers populaires et projections en plein air, notamment à la Place de l’Obélisque. La majorité des séances sera suivie de débats avec les réalisateurs, renforçant l’interaction avec le public.
La décentralisation reste l’un des piliers du festival. Après Dakar, l’événement se déploiera dans plusieurs villes, dont Saint-Louis, Kaolack, Ziguinchor, Thiès et Kaffrine, afin de toucher des publics souvent éloignés des circuits culturels traditionnels. Une démarche saluée par les autorités, qui y voient un levier important de diffusion culturelle. La sélection des lauréats sera assurée par trois jurys : un jury professionnel international, un jury de critiques de cinéma et un jury de lycéennes. Cette dernière initiative, jugée innovante, vise à impliquer les jeunes filles dans l’analyse des œuvres et à encourager l’émergence d’un regard critique.
Parmi les nouveautés, figure la création d’un trophée officiel conçu par des étudiants de l’École des Arts de Dakar et réalisé au Village des Arts. Plusieurs distinctions seront décernées, dont le prix du meilleur long-métrage (2 millions FCFA), celui de la meilleure première œuvre et du meilleur court-métrage (1 million FCFA chacun), ainsi qu’un prix du public et un prix de la critique. La cérémonie d’ouverture est prévue le 10 avril au cinéma Pathé Dakar, avec la présentation des jurys et la projection d’un film nigérian. Comme pour l’ensemble du festival, l’accès sera gratuit, en cohérence avec l’ambition d’un événement inclusif et ouvert.
Fatou Ba (STAGIAIRE)







