Publié le 2 Mar 2024 - 14:58
VIOLENTE AGRESSION CONTRE MAIMOUNA NDOUR FAYE  

Quand la sauvagerie et la barbarie s’invitent dans le débat public 

 

Plus de peur que de mal. Le pire a été évité. Les médecins ont donné la bonne nouvelle, à la suite de l’agression de la journaliste Maïmouna Ndour Faye devant son domicile au quartier Ouakam (Dakar). Sa vie n’est plus en danger. Les mobiles de cette agression ne sont pas encore connus. Retour sur ces événements.

 

Le Sénégal s’est réveillé ce matin du vendredi 1er mars (mois dédié à la reconnaissance des luttes et des succès des femmes) avec cette nouvelle qui a inondé la toile. ‘’Maïmouna Ndour Faye sauvagement agressée et poignardée devant chez elle. L’agresseur l’attendait après son émission de ce jeudi avec Farba Ngom. Elle a perdu beaucoup de sang et est aux urgences. Priez pour elle. Priez pour la liberté d’expression’’, repris en boucle sur les réseaux sociaux.

En effet, les images de l’agression sont choquantes : allongée sur un brancard, ses habits maculés de sang ainsi que la façade en carreaux à côté de la civière, la journaliste a la main gauche placée sur le thorax, l’autre se penche légèrement en bas.

Depuis, les condamnations sont unanimes. Les acteurs de la presse, hommes politiques, citoyens lambda ont, sans appel, qualifié cet acte de ‘’barbare’’. Aussitôt l’annonce de la triste nouvelle, des associations de journalistes se sont regroupées devant les locaux de la télévision 7TV à Ouakam pour apporter leur soutien à leur consœur. Elles demandent que justice soit faite et que les auteurs soient traqués et traduits devant la justice. 

Pour certains, c’est la liberté de presse et la liberté d’expression qui sont attaquées. Si certains ont déjà commencé à faire le lien entre ses différends avec ses détracteurs, d’autres restent prudents, comme certains membres de son quartier qui pointent du doigt l’insécurité galopante dans cette zone.

Pour rappel, il y a quelques jours, Maïmouna Ndour Faye, la directrice de la télévision privée 7 TV, avait invité le ministre des Affaires étrangères et ancien ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, qui étudiait les cas possibles d’amnistie. Certaines de ses relances sur ce projet de loi n’ont pas été appréciées par d’anciens détenus qui dénonçaient son ‘’parti pris’’, parce qu’elles les avaient traités de criminels, selon un des leurs, Diop Taïf. Ce dernier a même appelé à porter plainte contre la journaliste. 

L’échange interposé a rapidement atteint son paroxysme, incitant ainsi la journaliste à préciser sa pensée, lors de son émission avec un des cadres de l’ex-Pastef, Fadilou Keita. Elle a clairement expliqué que ses propos ont été sortis de leur contexte. ‘’C’est de la manipulation. Je porterai plainte contre ces imposteurs’’, a-t-elle averti. 

Très suivie par les téléspectateurs, l’émission politique ‘’L’invité de MNF’’ a une grande audience et un grand audimat. Les reprises et captures de certains passages sont souvent partagées sur la toile ou même réécrites par des quotidiens. Elle (émission) s’est imposée par son style, l’usage de la langue wolof et le casting des invités. Ses sujets parfois polémiques entretiennent les débats politiques.

Depuis quelques années, Maïmouna Ndour Faye, comme beaucoup de journalistes, analystes ou chroniqueurs, est régulièrement victime de harcèlements en ligne et de menaces de mort. Une situation qui s’est exacerbée avec la bipolarisation de la vie politique sénégalaise marquée par des clivages anti et pro-régime Macky Sall. 

Beaucoup de partisans politiques pensent ou réagissent à travers le prisme pro-Macky ou pro-Sonko, un réflexe dangereux pour la liberté d’opinion. Des extrémistes de tout bord allant même jusqu’à réfuter des analyses nuancées ou neutres. 

Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il y a un lien entre ces actes barbares et le discours radical de certaines personnes qui se cachent souvent derrière l’écran.

En attendant, MNF, comme l’appellent affectueusement ses confrères, est sur son lit d’hôpital, espérant se rétablir et donner sa version de cette attaque. Sa parole va sans doute faire avancer l’enquête pour éviter les supputations de certaines personnalités politiques ou médiatiques qui dansent plus vite que la musique.

Selon nos informations, elle a déjà été auditionnée par la Section de recherches de la gendarmerie, après avoir reçu des soins, notamment une transfusion sanguine. Nos interlocuteurs soulignent que la journaliste n’a pas été délestée des bijoux qu’elle portait.

Toutefois, son ou ses assaillants sont partis avec son sac qui a, par la suite, été rapporté.

L’enquête devrait permettre de faire la lumière sur cette barbarie. 

AMADOU CAMARA GUEYE

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