Les révélations d’une étude du CRSD

Pour avoir une meilleure idée de la contribution des familles et institutions religieuses islamiques et catholiques dans les domaines de l'éducation et la promotion sociale, une étude a été menée par le Cadre des religieux pour la santé et le développement (CRSD).
Pour mettre en évidence les nombreuses et multiformes réalisations des institutions religieuses (familles et écoles) dans les domaines de l'éducation et de la promotion sociale, le Cadre des religieux pour la santé et le développement (CRSD) a rendu public une étude sur la contribution des familles et institutions religieuses dans ces deux domaines.
Le président du CRSD informe que le rapport n'est qu'une première étape dans la mise en évidence et la valorisation de la contribution des familles et institutions religieuses dans les domaines de l'éducation et de la protection sociale. Le travail, explique Cheikh Saliou Mbacké, n'est pas exhaustif, vu l'étendue et la portée des nombreuses actions menées par les vénérés guides religieux du pays depuis de longues années. « Il s'agit de continuer le processus pour une plus grande visibilité de leurs actions même si leur intention première se trouve dans leur mission de servir le bon Dieu », ajoute-t-il.
Depuis sa création, rappelle le religieux, le CRSD ne cesse de s'activer sur des thèmes visant à améliorer le bien-être des populations et chercher les voies et moyens de contribuer au développement du pays en concertation avec les structures étatiques d'une part et les familles et institutions religieuses d'autre part.
Babacar Samb, Directeur des daaras au niveau du ministère de l’Éducation nationale, de renchérir que le développement international couvre aujourd'hui un large éventail de sujets, mais que son objectif principal est d'améliorer la qualité de vie des personnes, en mettant l'accent sur les plus pauvres et les plus vulnérables. « L'architecture mondiale des Objectifs de développement durable (ODD), approuvée en 2015 par l'Assemblée générale des Nations unies, met en évidence le caractère interconnecté de ce qui était souvent considéré comme des domaines d'activités distincts : le renforcement des capacités humaines, la croissance économique, la protection de l'environnement, la consolidation de la paix et le soutien humanitaire d'urgence. Les communautés et institutions religieuses s'engagent, souligne-t-il, dans tous les domaines, sur tous les sujets, dans la plupart des pays, à tous les niveaux ».
Dans ce chantier, le partenariat qui constitue l'une des priorités stratégiques pour l'atteinte des ODD. Cela a élargi les horizons à toutes les sensibilités en l'occurrence l'engagement religieux sur des sujets de développement très variés et considérés comme un domaine d'intérêt évident, et plusieurs organisations internationales et nationales de développement et d'aide humanitaire se sont engagées dans des efforts explicites pour élargir la compréhension du travail, leur de développement religieux.
A ce titre, Babacar Samb a salué l'initiative du Cadre des Religieux pour la Santé et le Développement (CRSD) de matérialiser les contributions des familles et institutions religieuses dans l'éducation et la protection sociale au Sénégal. Car, l’étude a permis de rassembler des informations pertinentes et devrait contribuer à éclairer davantage sur les contributions multiformes de ses instances religieuses dans le développement économique et social du pays.
Les résultats de l’étude
En effet, les objectifs du projet étaient d’explorer et d’approfondir la compréhension des rôles joués par les diverses communautés religieuses et leurs approches sous-jacentes des efforts de développement, dans quatre pays, de promouvoir un dialogue actif et une collaboration entre les principales parties prenantes des secteurs de la religion, du développement et du gouvernement, afin de déboucher sur des actions concrètes, de faciliter une inclusion plus large et plus systématique des divers acteurs religieux dans les discussions politiques et les processus de prise de décision, d’améliorer les connaissances en matière de religion, d'interculturalité et de développement, de relever les défis liés à l'éducation et au soutien des plus vulnérables de la société, en mettant l'accent sur les filets de sécurité dans le cadre des programmes de protection sociale.
L'échantillon des structures ciblées, renseigne-t-on, sont situées dans les régions du centre ouest de forte concentration de familles religieuses et d'institutions islamiques d'éducation que sont Dakar, Thies, Louga, Saint Louis, Diourbel, Kaffrine, Kaolack et Fatick. Elles sont composées des structures éducatives et de protection sociale non affiliées à des familles religieuses traditionnelles, choisies sur la base d'une expérience avérée.
Selon la note, les stratégies et initiatives, mises en place par les fondateurs des ‘’Taryha’’, ont donné naissance à des structures éducatives et des systèmes de protection sociale d'envergure. Ainsi, renseigne-t-on, les guides religieux du Sénégal ont contribué sous différentes formes dans la gestion des catastrophes naturelles (épidémies, inondations, ou autres catastrophes), du fait notamment de leur sensibilité dans la recherche du bien-être des populations.
Parmi ces catastrophes, la même source cite la pandémie de la COVID19 et d'autres calamités (les pluies hors saisons, les inondations) que le Sénégal a connues ces dernières années. La riposte contre la pandémie de la COVID19, qui s'est déclarée en début mars 2020 au Sénégal, a mobilisé plusieurs acteurs de la société civile et les communautés religieuses n'ont pas été en reste. Les leaders religieux ont joué un rôle clé dans la solidarité, la sensibilisation et la coopération avec l'État.
Sur un autre registre, le document du CRSD, a souligné que le projet sur l'engagement stratégique religieux (SRE) a permis de documenter les stratégies, les réalisations et les contributions multiples des familles et institutions religieuses dans deux ces domaines clés du développement socioéconomique du Sénégal.
Ainsi, la revue documentaire et les investigations menées ont permis d'obtenir des informations sur les principales dispositions des leaders et fondateurs des familles religieuses d'obédience soufie au Sénégal pour le développement, l'expansion et les actions de pérennisation mises en place. Il en est de même pour les institutions non affiliées directement à une famille religieuse.
Du côté de l'église, l'étude souligne la construction d'écoles, avec sur le plan social, la mise en place de services de bus de transport et de cantines scolaires.
‘’Cette production permet à cet effet de mieux vulgariser les actions des familles et institutions religieuses qui du reste, étaient non seulement inconnues, mais aussi non reconnues par les différentes parties prenantes (État, Partenaires techniques et financiers, société civile). Les informations obtenues mettent en évidence non seulement leur participation effective à l'effort de développement socioéconomique via l'éducation et la protection sociale, mais aussi à la formation de capitaines d'industrie et d'agents de développement qui participent quotidiennement à l'amélioration du bien-être des populations’’, renseigne le document.
L'érection de plusieurs formes d'établissements d'éducation et de formation (écoles, assortie d'un accompagnement diversifié dans la protection sociale des populations et des couches démunies notamment), ainsi que la volonté affichée des descendants et héritiers spirituels constatée dans toutes les familles religieuses montrent, selon le rapport, non seulement leur intention de diffuser le savoir mais de participer efficacement au développement socioéconomique endogène du pays basé sur leurs stratégies pertinentes.
De ce fait, il s'agira, dit-on, au-delà de la production d'informations pertinentes sur la contribution des familles et institutions religieuses au développement de l'éducation et la promotion humaine à travers la protection sociale, de jeter les bases solides pour une appropriation de ces contributions aux différents niveaux de décision et de prise en compte des acquis dans ces domaines.
CHEIKH THIAM







