Publié le 19 Mar 2021 - 06:59
VIOLENTES MANIFESTATIONS AU SÉNÉGAL

Éléments de contexte

 

Depuis son accession au pouvoir, le président Macky Sall et son gouvernement peinent  à atteindre leurs objectifs de développement. Les violentes convulsions notées ces derniers jours  sont révélatrices du fossé grandissant entre les attentes des populations et les résultats enregistrés à travers la mise en œuvre des politiques publiques.

L’accumulation de ces échecs a pour conséquences, l’accumulation des frustrations à l’origine des  soulèvements sociaux  suivis de répression, menaçant ainsi   la principale richesse de notre pays : la paix et la stabilité.

Aujourd’hui l’image de notre cher pays reste écornée sous l’effet combiné de plusieurs facteurs  dont entre autres les violences meurtrières, qui ont ensanglanté nos glorieuses  et historiques  trajectoires blanches… Notre rayonnement légendaire se trouve ainsi entaché de sang… Notre prestige de république de référence en Afrique,  sauvagement secoué avec les sorties désespérées  et chaotiques du  ministre de l’Intérieur, de celui des Affaires Etrangères et  de celui de la Justice.

Qu’est ce qui peut bien aider à comprendre cette situation inédite ?

La volonté supposée de Macky Sall d’être candidat à un troisième mandat, la confiscation des libertés individuelles et collectives, l’intolérance, le pilotage à vue érigé en mode de gestion, le manque de cohérence  des outils  et des stratégies de  développement   dans un contexte  d’adoption du Plan Sénégal Emergent, des Objectifs du développement durable, et du renforcement de la décentralisation sont  à l’origine des graves menaces qui pèsent sur notre beau  pays. L’étincelle est venue de l’acharnement vulgaire des autorités  contre le président  Ousmane Sonko  en sous estimant son envergure et  ses capacités  de résistance.

 Dans les débats radio télévisés, les partisans de la mouvance présidentielle, depuis un certain temps évoquent la croissance démographique pour justifier les  contreperformances des politiques publiques mises en œuvre. Et ce après avoir tenté d’incriminer le président du PASTEF Ousmane Sonko fortement soutenu par une jeunesse ayant perdu tout espoir ; une jeunesse sans perspective.

En réalité cet argument démographique nous parait  impertinent. Les taux de croissance faible sont structurels : mal gouvernance  des ressources, corruption, prédation liée aux rentes, conflictualités socioéconomiques et spatiales, extraversion des élites, déficiences liées aux infrastructures, faiblesse de la productivité, insertion asymétrique dans les échanges internationaux.

 A moins d’examiner la question de manière simpliste, il n’est pas  établi que l’accélération de la transition démographique soit la solution à la faiblesse des taux de croissance du Sénégal.

 Les défis de la démographie pour la croissance se trouvent ailleurs.

Monsieur Abdou Sané Géographe- Environnementaliste

Président de la commission environnement et aménagement du territoire, domaines, urbanisme et habitat du Conseil Départemental de Ziguinchor.

Militant PASTEF

Email : abdousanegnanthio@gmail.com

Téléphone : +221701059618

 

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