Publié le 28 Apr 2014 - 14:32
LUTTE CONTRE LE PALUDISME À RICHARD TOLL

Quand les moustiques indisposent les populations

 

Après plusieurs efforts consentis dans la lutte contre le paludisme, une forte baisse de la maladie dans le district de Richard Toll a été constatée par les acteurs. Mais pour la population, il urge de prendre des mesures pour les débarrasser des moustiques qui dictent leur loi dans cette localité. Reportage

 

Situé au nord du pays dans la région de Saint-Louis (département Dagana), Richard-Toll s'est construite sur la rive gauche du fleuve Sénégal. Aujourd'hui, elle est entourée de champs de Canne à sucre et de rizières. La localité est caractérisée par une population jeune et très mobile portée sur l'agriculture. Cependant, elle reste vulnérable sur le plan sanitaire, même si l’incidence du paludisme a connu une baisse considérable. D'ailleurs ces progrès ont expliqué la célébration de la journée mondiale de lutte contre le paludisme dans cette zone nord du pays.  

Même si les populations n'en peuvent plus d'être harcelées par les moustiques, cette baisse des cas de paludisme est diversement ressentie par les populations. Car elles attendent des autorités qu'elles débarrassent la localité des moustiques. Khady Mbengue, une restauratrice d'une trentaine d'années, ne dit pas autre chose. ''Tout ce que je sais, c'est qu'il y a trop de moustiques, ici.

Il faut que les acteurs multiplient leurs actions pour lutter contre la présence massive de moustiques'', dit Mme Mbengue. Anta Sarr, une des servantes, renchérit : ''Le restaurant est souvent déserté, parce que les gens n'arrivent pas à déguster leurs plats ou boire leur boisson en toute quiétude''. Cette thèse est soutenue par Jérôme Dupain, un touriste attablé à côté. ''Je viens juste d'arriver cet après-midi, mais je n'ai pas envie de passer plus d'une nuit ici. Il y a trop de moustiques. Je suis parti à la pharmacie pour acheter une pommade, mais malheureusement, c'est fermé. Nous sommes en train de chercher une pharmacie de garde'', confie M. Dupain avec une mine inquiète.

Sachets de sucre placés soigneusement sur une petite table, la commerçante Aminatou Diop, dans la quarantaire, profite de la journée pour écouler ses produits. Car les moustiques l'empêchent de mener son business au-delà de 19 heures.

''C'est vrai que nous avons des moustiquaires imprégnées, mais cela ne règle pas tout à fait le problème. Les moustiques dictent leur loi dans la zone. Après 19 heures, je suis obligée de ranger tous mes bagages et rentrer. A la maison, on n'a pas le droit de causer en famille dans la cour après le dîner'', informe Mme Diop, avant de poursuivre : ''Je ne sais pas si l'incidence a baissé, mais il faut des actions pour faire partir ces moustiques. Je propose même des séries de désinfections, parce que nous sommes vraiment fatigués'', clame-t-elle. 

Les explications du chef du district de Richard Toll

Selon le médecin chef du district de Richard Toll, Docteur Algaye Ngom, 317 cas de paludisme ont été enregistrés en 2013, mais la plupart des malades venaient des autres régions. ‘’Depuis 2011, nous sommes en train de mettre un programme d’élimination de la transmission locale du paludisme dans le district.

Nous avons constaté que le nombre de cas a considérablement baissé par rapport aux années précédentes. Ce résultat est obtenu grâce à plusieurs interventions à efficacité prouvée que nous avons mises au niveau du district ‘’,  explique Dr Ngom. Cependant, il reste à relever le défi de la gestion des mouvements de personnes.

En effet, compte tenu de la présence massive d’entreprises, la zone enregistre un mouvement important de population pendant la période des récoltes. ‘’Ces populations nous viennent de partout. C’est pourquoi on a mis des stratégies d’anticipation, avec ces entreprises privées qui ont des services médicaux où on va procéder d’abord à un dépistage avant l’embauche ou en précampagne, afin de détecter le plus tôt possible les cas et les traiter, avant qu’ils ne soient en contact avec les populations’’, souligne-t-il.

Viviane DIATTA

 

 

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