Publié le 28 Sep 2014 - 23:13
DEMISSION DU GOUVERNEMENT

Mary Teuw Niane et Abdoulaye Daouda Diallo survivent aux pressions

 

Plus de quarante jours après le meurtre de l’étudiant Bassirou Faye, les ministres de l’Enseignement supérieur et de l’Intérieur, dont les têtes étaient réclamées par les étudiants et les organismes de défense de droits humains, semblent survivre aux pressions exercées tous azimuts sur le président de la République, Macky Sall.

 

La mort par balle de l’étudiant Bassirou Faye, le 14 août 2014 dernier, avait suscité une levée de boucliers dans toutes les sphères de la société sénégalaise. Que ce soit au sein de l’université, dans le mouvement syndical ou chez les organisations de défense des droits humains, une revendication a essaimé pendant plusieurs jours : la démission du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et de celui l’Intérieur, en l’occurrence Mary Teuw Niane et Abdoulaye Daouda Diallo.

Aux avant-postes de ces revendications, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) eux-mêmes. Ces derniers avaient posé comme préalable la démission des deux ministres en question à leur réponse à l’appel du président de la République, Macky Sall, dans le cadre des concertations sur la crise universitaire aussitôt entamées avec les acteurs de l’enseignement supérieur.

Aux premières loges dans cette dynamique visant à faire sauter Niane et Diallo, les étudiants ont reçu le soutien précieux et même protecteur des enseignants du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES), ces derniers ayant reçu également le renfort de leurs camarades de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.

Au cours d’une conférence de presse tenue à l’Ugb juste après les incidents du jeudi 14 août, la Commission sociale de l’Université Gaston Berger (CSUGB), après avoir réclamé la démission des ministres susmentionnés et demandé que toute la lumière soit faite sur cette affaire, avait promis de «mener le combat en collaboration avec les étudiants de l'UCAD et toutes les universités du Sénégal pour régler les problèmes de l’université et surtout des bourses qui persistent.»

Après le SAES et la CSUGB, c’était au tour de la commission «Orientations et Stratégies» du Mouvement du 23 juin de s'inviter dans ce combat. Exigeant le départ des ministres Mary Teuw Niane et Abdoulaye Daouda Diallo, Abdourahmane Sow et ses camarades étaient même allés plus loin en estimant que «le premier responsable de ce crime n’est personne d’autre que le président de la République, Macky Sall’’.

Jamais en reste dans ce type de dossier où il y a mort d’homme, les principales organisations de défense des droits humains ont aussi fait entendre leur voix. Pour Amnesty International et son secrétaire exécutif,   «le ministre de l’Enseignement supérieur ainsi que son collègue de l’Intérieur n’ont pas réussi leurs missions et doivent par conséquent démissionner de leurs stations’’.

Selon Seydi Gassama, «Mary Teuw Niane est un ministre qui a atteint ses limites, qui est incapable de dialoguer, de bâtir autour de lui des consensus et qui a décidé de terroriser les étudiants pour imposer ses réformes.» C’est pourquoi, avait-il ajouté dans une déclaration rendue publique, «il faut trouver quelqu’un de consensuel, qui a une ouverture d’esprit, qui sait dialoguer pour que les réformes réussissent.» Dans le même sillage, le Cercle des intellectuels soufis dirigé par Serigne Fallou Dieng était également monté au créneau pour condamner ce qu’il avait considéré comme un «crime de répression sanguinaire.»

Hors du pays, des Sénégalais de la diaspora s’étaient également levés pour réclamer la tête des deux ministres.

Quarante jours plus tard, la tempête semble être passée, les indignations oubliées, et Mary Teuw Niane et Abdoulaye Daouda sont encore accrochés à leurs postes respectifs, après avoir tremblé de toutes leurs certitudes. Avec la bénédiction du président de la République désireux de ne pas chambouler encore une fois une équipe gouvernementale trop souvent retouchée.

Si Abdoulaye Daouda Diallo se fait très discret depuis ce jeudi noir du 14 août 2014, mais prenant quand même le temps d’être présent lors de la crise de l’Ebola, Mary Teuw Niane, lui, semble avoir repris ses discours et rencontres. Comme celle de jeudi au Cices avec les cadres de l’Alliance pour la République. «Le Président m’a fait confiance pour réaliser sa vision», a-t-il d’ailleurs répondu à une militante du parti présidentiel. Celle-ci l’avait justement interpellé sur le principe de sa démission…

Des secteurs influents du mouvement étudiant, mais surtout le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SAES), avaient conditionné toute reprise des cours à l’Université Cheikh Anta Diop au limogeage des ministres incriminés et/ou une résolution judiciaire acceptable de l’affaire Bassirou Faye. En sont-ils toujours convaincus ?...

ASSANE MBAYE

 
Section: 
CODE ÉLECTORAL Tafsir Thioye charge la majorité
SONKO À L’HÉMICYCLE VENDREDI : Le bras de fer avec Diomaye en toile de fond
18 MAIRESSES SUR 558 COMMUNES, 13% TÊTES LISTES LORS DES DERNIÈRES LÉGISLATIVES… Le Sénégal face au recul de la représentation féminine
LE DIALOGUE NATIONAL CHANGE DE VISAGE : Que cherche réellement Diomaye ?
Préparatifs du congrès Pastef
POLITIQUE, ÉLECTIONS MUNICIPALES : Pastef et Coalition Diomaye Président, la campagne avant l’heure
LINGUERE Tening Faye nommée première femme préfet du département de Linguère
MEETING “SARGAL” À MBOUR : Serigne Gueye Diop met en avant “l’ancrage populaire” de la coalition au pouvoir
Cadres Jambaars
PASTEF : La guerre des clans se poursuit
CONSEIL COMMUNAL DE LA JEUNESSE : L’APR se réjouit et annonce la reconquête
MATAM : Farba Ngom, en seigneur au Fouta
LINGUÈRE - MEETING DE LA COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT Djiby Sara Ndiaye annonce sa candidature à la mairie
L’ACTE DE NAISSANCE DE « TAXAWU SENEGAAL » Khalifa Sall trace la voie d'un nouveau contrat social
CODE ÉLECTORAL – LE PARLEMENT CONFIRME LE TEXTE EN SECONDE LECTURE : La balle est dans le camp de Diomaye Faye
MEETING SARGAL DIOMAYE : Le Président mobilise et fait faux bond aux militants !
ELECTIONS LOCALES 2027 : Le FDR veut unifier l’opposition
FONDS POLITIQUES – ACCÈS À LINFORMATION : Le règne de l’opacité
ENTRE TENSIONS SOCIALES ET IMPÉRATIFS ÉCONOMIQUES : L’État ajuste ses priorités
CENTENAIRE DU PRESIDENT ABDOULAYE WADE : Une célébration en grande pompe les 4 et 5 juin