Publié le 27 Nov 2018 - 01:33
AMADOU BA SUR LA TENSION BUDGÉTAIRE

‘’Nous n’avons aucun problème pour payer les obligations’’

 

L’Etat du Sénégal à certes des difficultés financières, mais, il est bien en mesure de payer ses obligations, parce que disposant de 384 milliards à la Banque centrale.

 

Un peu plus d’une semaine après la sortie du ministre des Finances reconnaissant des tensions budgétaires, le sujet ne pouvait être passé sous silence à l’Assemblée nationale. Hier à l’hémicycle, à l’occasion du vote du budget général 2019, les députés sont largement revenus sur cette question. Issa Sall a été le premier à sonner la charge. ‘’Il y a une tension budgétaire et financière et ça se sent’’, a-t-il lancé. Un autre député a soutenu que l’Etat est dans une logique électoraliste qui finira par rattraper le pays. Ce parlementaire estime que, trois mois après la présidentielle, les prix vont flamber.

Pour la majorité, par contre, c’est un choix du président Macky Sall qui n’a pas voulu répercuter la hausse des prix des produits pétroliers et du dollar sur le consommateur sénégalais. ‘’Ils ne cherchent qu’à dire que le riz a augmenté, le sucre… Ils ne l’auront pas. Aujourd’hui, en France, on manifeste parce que l’électricité et le carburant ont augmenté. Mais Macky Sall a refusé, il a dit qu’il ne le fera pas au Sénégal’’, a contré Santi Agne. D’ailleurs, l’exemple des gilets jaunes en France est largement revenu, en guide de comparaison.

Selon Ndèye Fatou Diouf, autrefois au Sénégal, à chaque fois qu’il y avait eu hausse des prix à l’international, 5 jours après, il y avait un renchérissement de toutes les denrées de consommation. ‘’Il y a des gens qui s’attendaient à cela, mais, ils vont déchanter. Si la France pleure, le Sénégal ne devrait pas être en reste. Mais Macky Sall a décidé de ne pas faire supporter la charge aux Sénégalais’’, a-t-elle renchéri.

Dans sa réponse, le ministre des Finances a livré le même argumentaire. Amadou Ba a d’abord réfuté toute idée d’impossibilité de l’Etat d’honorer ses engagements. ‘’Nous n’avons aucun problème pour payer les obligations’’, a-t-il dit. Si l’on en croit l’argentier de l’Etat, à la date du vendredi 22 novembre à midi, l’Etat disposait d’une somme de 384 milliards à la Banque centrale. Et en guise de preuve, il annonce le paiement des pensions lundi et mardi et celui des salaires mercredi ou jeudi au plus tard.

Decroix, Amadou et la fable de La Fontaine

L’argentier de l’Etat reconnait tout même des difficultés, tout en indiquant n’avoir jamais entendu un ministre des Finances dire que la situation est facile. Il justifie ces difficultés par la perte de 10 à 13 milliards par mois sur les recettes pétrolières. Une perte qui s’explique, selon lui, par le fait que l’Etat donne 110 à 125f par litre à tout Sénégalais qui achète du carburant. Ceci afin d’éviter une hausse qui se répercuterait inévitablement à tous les niveaux.

En outre, le ministre indique que l’Etat avait aussi une autre option. A ce jour, affirme-t-il, il y a un compte séquestre de 236 milliards. Le président de la République pouvait satisfaire toutes les revendications avec cet argent pour éviter toute tension dans ce contexte électoral. Mais, ajoute Amadou Ba, il ne le fait pas, parce qu’il veut respecter les règlements du pays. Et en plus, ‘’si on le fait, le pays sera en faillite un mois après les élections’’.

Cependant, Mamadou Diop Decroix a rappelé à la majorité que le baril de pétrole était à plus de 100 dollars, lorsque Macky Sall est arrivé au pouvoir. Par la suite, il y a eu une chute jusqu’à 30 dollars le baril. Une période durant laquelle, précise-t-il, l’Etat a engrangé beaucoup d’argent. ‘’Qu’avez-vous fait de cet environnement favorable ?’’, a-t-il demandé. En guise réponse à sa question, il a ajouté : ‘’Au lieu de prendre l’exemple sur la fourmi, vous avez dansé avec l’argent du pays comme la cigale’’.

BABACAR WILLANE

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