Publié le 28 Nov 2022 - 14:22
MENACE D’EXPULSION

Réfugiés ivoiriens en détresse au Sénégal

 

Plus de 10 ans après la chute du régime de Laurent Gbagbo et l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara, la situation semble se normaliser en Côte d’Ivoire. Mais des familles ressentent encore les stigmates de  la crise jusque dans la capitale sénégalaise.

 

La situation des réfugiés au Sénégal se détériore jour après jour. Sans protection, sans assistance, sans possibilité de travailler, certains vivent dans une extrême précarité et peuvent, à tout moment, se retrouver dans la rue. Les ressortissants de la Côte d’Ivoire, qui avaient fui leur pays à cause de la crise, ne sont pas en reste.

Établi au Sénégal depuis 2012, Loua Diomandé exprime le calvaire qu’il endure dans son logement avec son bailleur : ‘’C’est une situation extrêmement difficile. Depuis quelques jours, notre bailleur restreint même nos entrées et sorties de la maison, parce que nous lui devons un mois d’arriéré. Elle nous empêche d’utiliser certaines pièces comme la cuisine… Pour nous pousser à bout, elle nous interdit également d’utiliser l’eau des fûts. C’est une véritable torture pour nous pousser à sortir de la maison par la force. Je n’en peux plus ; il faut que je trouve un autre endroit le plus rapidement possible pour mettre en sécurité ma femme et mes enfants…’’

Abandonnés par le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, Loua et les siens avaient passé plusieurs mois dans la rue, dormant à la belle étoile devant le siège du HCR à Mermoz pour solliciter leur droit à une assistance. Mais l’organe onusien était resté sourd à tous leurs cris de détresse.

Finalement, la représentation du Vatican et Caritas Sénégal étaient venues à leur secours, les aidant à trouver des hébergements pour quelques mois. Reconnaissant, Loua salue cette belle action et en appelle à l’aide d’autres bonnes volontés. Il déclare : ‘’Vous me permettez d’abord de remercier Caritas Sénégal qui nous a payé, tous, six mois de location. Depuis que nous sommes là, elle n’a eu de cesse de nous porter assistance. Nous demandons à toutes les bonnes volontés qui le peuvent de venir nous aider. Pour ma part, ce qui m’inquiète le plus, c’est que nous sommes en pleine année scolaire et l’une de mes filles doit passer le Bfem, l’autre n’ayant que quatre ans. Je dois dire qu’elles ont pu reprendre leurs études grâce à l’appui de l’Église catholique. Nous l’en remercions vivement.’’

Aujourd’hui, cet engagement de Caritas Sénégal est arrivé à terme. Et les réfugiés, ivoiriens comme autres nationalités, sont tous menacés de se retrouver à nouveau dans la rue. Sans documents, ils ont du mal à trouver un emploi pour assurer le paiement du loyer et assurer la continuité de leurs contrats respectifs. Pendant ce temps, le HCR leur refuse toujours toute forme de protection, sous le prétexte qu’ils ne sont pas reconnus au Sénégal.

En fait, Loua et Cie avaient acquis le statut de réfugiés en Gambie, sous le régime de Yaya Jammeh. Persécutés dans ce pays, ils avaient fui et avaient déposé leurs baluchons au Sénégal. Depuis, le HCR leur refuse toute assistance. Les amis de Loua en appellent à la bienveillance de la nouvelle équipe dirigeante pour étudier leurs dossiers. ‘’Aujourd’hui, insiste Diomandé pour le cas des Ivoiriens, avec la clause de cessation, le HCR doit contacter nos premiers pays d’accueil pour la régularisation de nos situations. Il est prouvé que certains ne peuvent pas rentrer chez eux, parce que leurs vies y sont en danger. Je pense qu’ils doivent pouvoir bénéficier de l’exemption qui leur permet de ne pas retourner dans leur pays d’origine’’.

Alors que les Ivoiriens sont en pleine réconciliation avec le retour de plusieurs personnalités de l’ancien régime dont l’ex-président Gbagbo et l’ancien ministre de la Jeunesse Blé Goudé, les réfugiés de Dakar, eux, estiment qu’un retour au pays ne saurait être à l’ordre du jour, puisque les bourreaux de leurs familles respectives sont toujours sur place et les menaces toujours d’actualité. A les en croire, ils ont d’autant plus peur qu’ils ne peuvent pas bénéficier des mêmes garanties que les personnalités en question. Au total, il y a à Dakar trois familles de réfugiés ivoiriens qui vivent dans une situation d’extrême précarité. Elles sont dans la même situation avec d’autres demandeurs d’asile venus du Liberia, de la Sierra Leone ainsi que du Congo.

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