Publié le 20 Feb 2025 - 18:21
ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR - PENSION DE RÉVERSION

La colère noire du Saes

 

Le Syndicat autonome de l'enseignement supérieur-Coordination campus (Saes-Dakar) demande que les familles des enseignants et enseignants-chercheurs décédés puissent percevoir des pensions de retraite. Le combat se poursuit donc, puisque le décret pris en 2024 est introuvable.

 

Le Saes s'est prononcé, hier, sur la question de la pension de réversion, dénonçant avec énergie une "injustice". Il exige la mise à disposition du décret permettant aux familles des enseignants et enseignants-chercheurs décédés de percevoir les pensions de retraite. "Aujourd'hui, les familles de nos collègues disparus sont abandonnées, privées du droit légitime à une pension de réversion qui leur revient de plein droit. Cette situation est indéfendable, inexcusable et témoigne d’une profonde indifférence des autorités à l’égard de la dignité des ayants droit des enseignants-chercheurs et chercheurs décédés", a pesté la coordonnatrice de Saes-Ucad, Fatou Seck Youm, hier, lors d'une conférence de presse.

"Depuis plusieurs mois, fulmine-t-elle, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) ne cesse d’accumuler contradictions, faux-fuyants et manœuvres dilatoires pour esquiver ses responsabilités". Or, indique-t-elle, le Saes avait trouvé un accord avec le régime précédent, permettant l’adoption, en Conseil des ministres, d’un décret sur la question. Un décret aujourd'hui introuvable, selon le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

"Nous sommes dans un pays un peu particulier. Il s’est passé des choses pas catholiques avec l’ancien régime. Ce décret qui consacre les droits du Saes a été perdu. Nous n'avons nulle trace de ce décret", avait renseigné Abdourahmane Diouf, il y a quatre mois à Saly. Avant de soutenir que le gouvernement actuel ne remet pas en cause le contenu du décret.

S’il avait rassuré que le processus de réintroduction a été entamé, il a cependant souligné une entrave, souligne le Saes : "La situation est un peu compliquée, parce que le décret, au lieu d’être introduit par le Mesri, a été introduit par le ministère des Finances."

Comment justifier qu’un décret, pourtant adopté en Conseil des ministres le 28 février 2024, puisse disparaître "mystérieusement" dans les méandres de l’Administration ? Voilà la question que se pose le Saes. "Cet aveu d’incompétence, fait publiquement par le Mesri lui-même, aurait dû conduire à une régularisation immédiate de la situation. Mais loin de là, le ministère, dans une posture arrogante et méprisante, oppose désormais au Saes ses limites, foulant aux pieds des années de négociations et de promesses gouvernementales", fulmine Fatou Seck Youm.

Elle soutient mordicus qu’il y a une remise en cause, par le gouvernement actuel, de ce qui a déjà été acquis. "Ce revirement brutal, injustifié et cynique ne peut être perçu que comme une volonté manifeste d’enterrer un droit légitime, d’ignorer les souffrances des familles des enseignants-chercheurs et chercheurs décédés et de nier l’apport inestimable de ces derniers à la nation", s’insurge la syndicaliste.

Fatou Seck Youm trouve inconcevable que l’État se dérobe à ses engagements et laisse dans l’indigence ceux qui, par le sacrifice de leur vie professionnelle, ont contribué à l’essor intellectuel et scientifique de la nation. "Il ne s’agit plus d’un simple différend administratif, mais d’une faute politique grave et d’un mépris flagrant des principes élémentaires de justice et d’équité. Que dire de ces familles aujourd’hui en détresse ? Que répondre aux veuves, veufs et orphelins qui, après avoir perdu un être cher, doivent désormais affronter une précarité imposée par l’inertie d’un ministère ?", charge la coordonnatrice du Saes-Ucad.

Elle ajoute : "Ces familles ne réclament pas la charité. Elles demandent simplement que l’État oblige un de ses démembrements à appliquer une disposition consacrée par le Code des pensions civiles et militaires."

Fatou Seck Youm soutient que les ayants droit privés de cette pension se retrouvent face à des difficultés financières qui auraient pu être évitées. "Comment expliquer à ces veuves, veufs et orphelins qu’après des décennies de services rendus à la République, leurs proches disparaissent non seulement dans l’oubli, mais aussi dans l’injustice la plus absolue ? Ce n’est pas seulement un manquement administratif, c’est une atteinte à la dignité humaine, un reniement des principes fondamentaux de justice sociale", dénonce Mme Youm.

Ainsi, ne comptant pas rester silencieuse face à cette situation, la coordination Saes-Campus Dakar exige la mise à disposition du décret. "Nous refusons de voir le droit des ayants droit balayé d’un revers de main, comme si le sacrifice de nos collègues pouvait être effacé par un simple décret égaré ou une volonté politique fluctuante. Ce combat, nous le menons non seulement pour les familles touchées, mais pour l’ensemble du corps universitaire et pour tous ceux qui, demain, pourraient être victimes du même mépris institutionnel", renseigne-t-elle.

Le Saes-Campus Dakar demande aussi l’application du protocole d’accord du 6 janvier 2023, ainsi que le respect des engagements pris par l’État en matière de retraite des enseignants-chercheurs et chercheurs. "Le Saes ne cédera ni à l’intimidation ni à l’indifférence. Nous poursuivrons ce combat avec détermination, car il est porté par un impératif moral et une exigence de justice. Nous ne lâcherons rien. La pension de réversion est un droit, une dette d’honneur ! Cinq ans, ça suffit", fulminent ses membres.

 

BABACAR SY SEYE

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