Publié le 19 Mar 2025 - 11:35

L'abrogation intégrale, seul mot d'ordre de Y en a marre

 

Loi interprétative ou abrogation partielle ? Pour le mouvement Y en a marre, tout ceci relève de subterfuges politiques. Lors d'une conférence de presse, ce mardi à Dakar, le mouvement a donné sa position limpide sur ce débat suscité depuis quelques semaines maintenant.

 

Antagoniste de la première heure de la loi d'amnistie, il y a un peu plus d'une année, le mouvement Y en a marre est revenu à la charge, ce mardi. Alioune Sané, Thiat, Fou Malade et compagnie disent niet à la loi interprétative introduite par le parlementaire du Pastef Amadou Ba. En lieu et place, une abrogation totale est exigée, afin d'éviter l'installation d'un “précédent dangereux” qui va entériner à jamais l'impunité au Sénégal. “Depuis quelque temps, nous avons constaté un changement de discours par rapport à la loi d'amnistie ; la sémantique change. On nous parle d'abrogation partielle, de loi interprétative. Le moins que l'on puisse dire est que cette disposition, aussi controversée qu'elle puisse être, c'est qu'elle ne prête pas à confusion. Il n'y a plus rien à y interpréter. L'amnistie doit être tout bonnement abrogée”, fait savoir le responsable des projets à Y en a marre Abdou Khafor Kandji.

Pour lui,  vouloir interpréter une loi qu'on désapprouve à la base relève de l'incohérence. Ce postulat l'amène à commenter, par ailleurs, le retournement de veste de la mouvance présidentielle. “Aujourd'hui, on s'étonne que ces tentatives d'entourloupe soient nourries par Pastef. Un certain sentiment de déception nous anime à Y en a marre. Faut-il le rappeler, l'actuel parti au pouvoir n'était pas demandeur, au moment où cette fameuse loi était votée en 2024. Mieux encore, c'était aussi une promesse électorale, lors de l'élection présidentielle et durant les récentes échéances législatives. Sans oublier que l'actuel Premier ministre avait réitéré la désapprobation de son parti lors de sa déclaration de politique générale”.

L'amnistie plus grave que le 1/4 bloquant de Wade

Le rappeur Thiat, autre membre important du mouvement, tape aussi fort sur la table. Pour le rappeur, l'amnistie est encore “plus grave que le fameux quart bloquant de Wade, il y a un peu plus d'une décennie”.

En outre, il pense que cette loi en question est loin d'être une affaire de parti politique. “L'amnistie doit purement et simplement être totalement abrogée, car des citoyens sénégalais ont été torturés, d'autres ont perdu des membres, entraînant une incapacité motrice, sans compter les nombreuses pertes en vies humaines. L'abrogation de cette loi dépasse Pastef. C'est une affaire nationale”. Et pour l'éclatement de la justice “tout le monde devrait retourner en prison”, il suggère qu'il faudra passer par là. Même s'il est persuadé que ce ne sont là encore que des paroles de politiciens afin d’endormir les masses sur les vrais enjeux de cette loi.

Cependant, pour ce membre de Keurgui Crew, il est possible de renverser cette fâcheuse tendance. Mais pour ce faire, le ‘’père de la Nation’’ doit prendre ses responsabilités. “Nous invitons le président de la République à être au-dessus de la mêlée en sifflant la fin de la récréation. Car ce qu'on ne dit pas aussi, c'est que ce sujet est en train de prendre des tournures politiques. Et le chef de l'État est le seul habilité, disposant d'une certaine capacité pour mettre fin à cette farce”.

Autrement dit, Thiat met en garde et appelle ses compatriotes à faire bloc pour que la “loi Amadou Ba” soit obstruée. “Nous appelons tous les Sénégalais à être sur le qui-vive, si jamais on voudra nous proposer tout autre chose qu'une abrogation intégrale de l'amnistie”.

Pour rappel, la proposition de loi interprétative introduite par le député du Pastef Amadou Ba sera examinée en plénière le 2 avril prochain.

 

GUY MARIUS SAGNA - DÉPUTÉ

‘’Dire que la loi interprétative…’’

Apportant la répartie à Thiat de Y en A marre, le député de la majorité présidentielles, Guy Marius Sagna s'est particulièrement intéressé à cette comparaison établie par le rappeur entre la loi interprétative et le quart bloquant de Wade. Le moins que l'on puisse dire est que le député de Pastef ne mâche pas ses mots. “Dire que la loi interprétative est plus grave que le quart bloquant du président Abdoulaye Wade c'est dire tout sauf la vérité”, a-t-il posté depuis son mur Facebook. GMS ne s'arrête pas là, il suggère que “tout ce qui est excessif est insignifiant”. En outre, dans son entendement, faire ce parallèle constitue une injure à leurs “intelligences”.

 

Mamadou Diop

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