Quand le breaking mondial rencontre la scène locale

Dans le cadre de sa tournée africaine, le Red Bull BC One a fait escale à Dakar. Un moment d'échange simple et direct entre des figures internationales du b-boying et les pratiquants locaux, à l'approche des futurs Jeux Olympiques de la Jeunesse.
Dans un contexte de JOJ, un programme comme cette tournée africaine impulsée par Red Bull est toujours une aubaine pour les breakeurs. L'initiative est née d'une volonté d'ouvrir de nouvelles passerelles à travers le continent. Présidente de l'association Kaay Fecc, Gacirah Diagne remet cette rencontre dans son contexte : « C’est le sponsor Red Bull qui organise ce grand événement, le BC One. Ils ont eu l'idée de rassembler des champions du monde et des stars du b-boying pour une tournée africaine.
D'ordinaire, ils parcourent le monde pour donner des formations et échanger avec les communautés locales. Cette fois, ils ont choisi de découvrir l'Afrique, et le Sénégal constitue l'une des étapes clés du parcours, aux côtés de l'Afrique du Sud, du Kenya ou du Maroc. »
Sur le terrain, la présence de b-boys reconnus comme Lilou, Menno ou Victor (médaillé aux JO de Paris 2024) a permis un partage d'expérience précieux. Une démarche qui résonne particulièrement bien au Sénégal, selon Gacirah Diagne : « Le Sénégal a une vraie histoire et un dynamisme reconnu dans le breaking. Pour nos jeunes qui suivent ces danseurs au quotidien sur les réseaux, pouvoir les rencontrer et pratiquer avec eux est une source de motivation formidable. »
Parmi les danseurs invités, Bboy Lee (Red Bull BC One All Stars), qui découvrait la capitale sénégalaise pour la première fois, livre un regard bienveillant sur la scène locale :
« Je représente The Ruggeds, les Red Bull BC One All Stars et les Pays-Bas. C'est mon premier séjour au Sénégal et ma première prise de contact avec la scène locale pendant mon atelier. La culture du breakdance y est bien vivante et le niveau est déjà très bon. »
Alors que la ville se prépare à accueillir les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ Dakar 2026), ces ateliers prennent une valeur d'apprentissage concret. Ayant pris part aux JO de Paris 2024, Bboy Lee y voit une belle opportunité pour la jeunesse sénégalaise : « L'expérience olympique apporte énormément au breaking. Les jeunes d'ici s'entraînent dur, et l'échéance des JOJ va forcément pousser tout le monde à élever son niveau. »
Au-delà de l'enthousiasme du moment, des enjeux de fond demeurent, notamment l'intégration des pratiquantes. Gacirah Diagne rappelle le chemin qu'il reste à parcourir : « Le principal défi aujourd'hui est d'avoir plus de femmes dans la discipline. À l'international, les filles ont énormément progressé en quelques années. Pour obtenir les mêmes résultats ici, il faut structurer l'encadrement, mettre à disposition des infrastructures adaptées et traiter les problèmes de fond. »
Mamadou Diop






