Publié le 30 Jul 2025 - 14:42
TENSIONS AUTOUR DE LA CARRIÈRE DE BASALTE

Soussoung sous les feux des projecteurs !

 

Soussoung,  un village de la commune de Ndiaganiao, cristallise toutes les attentions, depuis vendredi dernier. Un collectif pour la défense des terres s’y oppose fermement à l’érection d’une carrière de basalte par deux sociétés, à la suite d’une  délibération du conseil municipal de juillet  2023.  À ce jour, 17 parmi les  24 villageois interpellés, ces derniers jours, sont envoyés en instruction.

 

À Soussoung, la tension est montée d’un cran, depuis vendredi dernier, lorsque des gendarmes de la brigade de Ndiaganiao se sont lâchés sur des habitants coupables de faire obstacle à des travaux de l’entreprise Transfavo chargée de l’exploitation de la carrière de basalte du village sur un site de 120 ha.

Pour le chargé de la communication du maire que nous avons joint hier, c’est plutôt un acte de sabotage perpétré la veille par les habitants opposés au projet qui aurait amené l’autorité administrative à requérir le soutien des gendarmes pour la sécurisation des lieux.

En tout cas, c’est depuis cette date du vendredi dernier que la tension est devenue vive. Six arrestations au début, 14 le lendemain, puis le bilan est passé à 24, depuis ce lundi. ‘’Il n’y a plus d’hommes dans les concessions ; ils ont tous été arrêtés par les gendarmes’’, s’égosillait une dame, noire de colère, face à cette situation inédite dans ce village si  paisible.

Même  l’imam ratib du village a été arrêté, augmentant la rage des villageois. Ce lundi matin, des voyageurs en partance pour Notto par bus ont été sommés de descendre du véhicule au niveau de Diamniadio, certains d’entre eux interpellés et conduits comme les premières victimes de cette furie bleue, dans les locaux de la brigade de gendarmerie de Ndiaganiao.

Depuis lors, le collectif pour la défense des terres du village ne cesse de dénoncer ‘’un projet inhumain, impopulaire, entaché d’irrégularités de bout en bout’’ dénonçant des affirmations «’’fausses, trompeuses et mensongères’’ concernant l’obtention légale des permis et la réalisation d’une étude d’impact environnemental, tout en exigeant la libération immédiate de toutes les personnes  interpellées.

Face à cette offensive médiatique, l’une des sociétés agréées a publié un  communiqué pour condamner une ‘’vaste entreprise de manipulation et de désinformation’’ sur le dossier, alléguant que toute la procédure est conforme, allant jusqu’à décrier les agitations de ‘’politiciens tapis dans l’ombre’’.

Mais la réponse du collectif ne s’est pas fait attendre. ‘’Le collectif pour la défense des terres de Soussoung tient  à réagir fermement aux propos tenus par M. Arona, propriétaire de l’entreprise Transfavo (…) Nous avons été surpris et indignés de lire qu’il prétend avoir obtenu légalement les permis nécessaires à l’exploitation de son projet et qu’une étude d’impact environnemental  aurait été réalisée. Ces affirmations sont fausses, trompeuses et  mensongères, et nous les rejetons avec la plus grande énergie’’.

Une information judiciaire est ouverte sur sept personnes interpellées

Entendues toute la journée d’hier (mardi), les 24 personnes interpellées dans ce bras de fer  puis placées en garde en vue ont connu des fortunes diverses. Le dossier des 17 personnes arrêtées pour rassemblement illicite et manifestation non autorisée, avant l’incendie d’une machine de l’entreprise Transfavo sur le site, a été classé sans suite, au terme du face-à-face avec le procureur de la République près le tribunal d’instance de Mbour. Interpellées lors des premiers mouvements de contestation, ces personnes ne feront l’objet d’aucune poursuite judiciaire. 

Par contre, les sept personnes arrêtées après l’incendie, du fait de soupçons d’implication directe ou indirecte dans les actes de violence ou de dégradation qui ont suivi, font désormais l’objet d’une information judiciaire ouverte par le parquet. Ces dernières pourraient être  poursuivies pour des faits plus graves, dont la nature sera déterminée au cours de l’enquête menée par le juge d’instruction.

Pape Mbar Faye

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