Diomaye souhaite une nouvelle doctrine de déconcentration

Le Chef de l’État demande l’accompagnement de l’État territorial dans ses dynamiques de modernisation. Hier, en Conseil des ministres, il a indiqué qu’il souhaite une nouvelle doctrine de déconcentration. Par ailleurs, le gouvernement a évoqué sa volonté de développer la filière Peaux et Cuirs.
En Conseil des ministres hier, le Président de la République a mis l'accent sur la subsidiarité et la gouvernance de proximité, en associant étroitement les autorités locales, les services déconcentrés de l'État et les collectivités territoriales à toutes les étapes des politiques publiques (conception, mise en œuvre, suivi-évaluation), afin de répondre aux besoins des populations. Diomaye Faye demande au Premier ministre de veiller à la prise en charge des priorités régionales présentées par chaque gouverneur et arrimées à l’Agenda national de Transformation. En outre, il demande au gouvernement d’accompagner l’État territorial dans ses dynamiques de modernisation, en définissant une nouvelle doctrine de déconcentration.
Selon la note, le Chef de l’État engage le gouvernement à accorder une importance prioritaire : au foncier et au développement urbain des localités ; à l’amélioration de l’accès à l’eau potable des populations et à une gouvernance consensuelle du sous-secteur de l’hydraulique rurale ; à l’accélération des programmes d’électrification rurale et au désenclavement routier et numérique ; au renforcement de la sécurisation et des infrastructures sociales de base des zones et localités frontalières ; au développement de l’Agriculture, de l’Élevage, des Pêches et à la maîtrise de l’exploitation forestière.
Dans le cadre de la refondation de la présence territoriale de l’État, il est demandé au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de veiller à la mise en œuvre du Plan de Modernisation de l’Administration territoriale, volet fondamental de la transformation systémique de l’Administration publique. Le Premier ministre doit aussi superviser la mise en œuvre, à partir de 2026, d’un Programme spécial de construction de bâtiments et d’édifices publics destinés à l’Administration territoriale, afin de consolider la proximité et l’efficacité de l’État et des services publics à l’intérieur du pays.
Il devra également tenir, chaque semestre, une réunion interministérielle de suivi de l’action de l’État dans les régions. De son côté, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique est invité à veiller à la tenue régulière des conférences régionales d’évaluation de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation.
Filière peaux et cuirs
Lors de la prise de parole, le Premier ministre s’est penché sur la filière Peaux et Cuirs. Il a ainsi souligné que, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan spécial d’Investissement et de Financement (2026-2028), cette filière constitue l’une des composantes à fort effet d’entraînement pour l’économie nationale. Le choix stratégique de l’écosystème Peaux et Cuirs vise à "renforcer la souveraineté, à densifier le tissu industriel et à améliorer les conditions de vie des populations". Il permet, selon le gouvernement, une meilleure articulation entre les politiques sectorielles, l’aménagement du territoire et la stratégie industrielle.
Ousmane Sonko note que le Sénégal bénéficie d’un potentiel important en matière de production de peaux, principalement issues de l’élevage des bovins, ovins et caprins. Toutefois, dit-il, les capacités de transformation sont limitées. Ainsi, "plus de 70 % des peaux sénégalaises sont exportées brutes, entraînant une perte de valeur ajoutée significative conjuguée à l’existence d’un circuit parallèle informel d’exportation sans transformation locale". Malgré un cheptel important et un savoir-faire artisanal reconnu, "le taux de transformation locale des cuirs et peaux est inférieur à 5 %, limitant ainsi la valorisation de cette matière première".
Le Premier ministre a fait remarquer que le développement stratégique de cette filière représente une opportunité majeure pour renforcer l’industrie nationale, améliorer la balance commerciale, stimuler les économies locales et favoriser l’émergence d’industries à forte valeur ajoutée, notamment dans les secteurs de la maroquinerie, de l’habillage intérieur automobile et du mobilier.
Selon le gouvernement, à l’horizon 2034, cette filière présente un potentiel de plus de 130 000 emplois formels et un chiffre d’affaires de plus de 1 549 milliards de FCFA. Ainsi, elle peut devenir un levier majeur d’inclusion économique, en favorisant l’insertion des jeunes et des femmes, en consolidant la formalisation des acteurs et en améliorant durablement les revenus dans les territoires. Le Premier ministre a souligné que le potentiel de cette filière érigera les Pôles-Territoires Centre et Ouest en cœur industriel du cuir sénégalais, appelés à devenir l’espace prioritaire de structuration de la filière, de modernisation de la production et de montée en gamme industrielle.
En outre, les initiatives de modernisation devront permettre l’érection d’une véritable zone industrielle et artisanale centrée sur les cuirs, peaux et phanères ainsi que le développement de l’industrie du tannage. Pour ce faire, le Premier ministre a demandé au ministre des Finances et du Budget, au ministre de l’Industrie et du Commerce, au ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Souveraineté alimentaire, et au ministre des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du Territoire, de prendre toutes les dispositions nécessaires au développement de partenariats public-privé pour rendre opérationnelles les orientations qu’il a dégagées, notamment dans le cadre des Zones économiques spéciales à implanter dans les Pôles-Territoires concernés.
Politique nationale de la jeunesse ; soutien aux femmes
Partant de la célébration de la fête nationale du 04 avril, le Président de la République, Diomaye Faye, a souligné le rôle primordial de la jeunesse dans le rayonnement du Sénégal et la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050. À cet effet, il souhaite le renforcement des actions en faveur des jeunes, ainsi que l’amélioration de l’environnement économique et social de la jeunesse. Diomaye a aussi demandé au gouvernement de finaliser la nouvelle Politique de la jeunesse, de veiller à l’installation, avant la fin du premier semestre de l’année 2026, du nouveau Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal, et de prendre les dispositions appropriées pour la tenue de la Semaine nationale de la Jeunesse.
Le Chef de l’État semble aussi s'intéresser au renforcement du rôle des femmes. En perspective de la célébration, le 08 mars, de la Journée internationale des droits des femmes, Diomaye estime qu’il est nécessaire d’asseoir le soutien et la valorisation de l’action des femmes dans l’Agenda national de Transformation. Il demande, à cet effet, la finalisation du projet de loi relatif à l’autonomisation économique des femmes, de la nouvelle Stratégie nationale pour l’équité et l’égalité de Genre, et de la réforme de consolidation de l’Observatoire national de la Parité.
Le Président de la République demande enfin au Premier ministre, au ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, et au ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, de renforcer les dispositifs de coopération, de formation, d’encadrement et de financement des femmes.
Par ailleurs, il préside, le 17 février 2026, à Diamniadio, la cérémonie de pose de la première pierre de la Maison des Avocats.
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ACTES CONTRE NATURE Vers un durcissement des sanctions L’actualité judiciaire au Sénégal reste dominée ces derniers jours par l’arrestation de présumés homosexuels. Ils sont pour la plupart porteurs du VIH et transmettaient le virus volontairement. Deux dossiers sur le même sujet ont émergé en même temps. Depuis, les arrestations et pas des moindres s'enchaînent. Mais le Code pénal sénégalais ne punit pas l’homosexualité mais plutôt les actes contre nature, ou disons jusque-là. Les choses pourraient, cependant changer. En effet, hier en Conseil des ministres, le gouvernement a examiné et adopté un projet de loi modifiant la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal. Selon le Bureau d’information et de communication du Gouvernement (Bic-GOUV), le texte porte notamment sur la modification de l’article 319 du Code pénal. Le projet de loi prévoit une précision de la définition des actes contre nature, ainsi qu’un durcissement des peines encourues. Il intègre également dans le champ des sanctions l’apologie et le financement de ces types d’actes. Le texte adopté devra désormais suivre la procédure législative, notamment son examen par l’Assemblée nationale. Va-t-on vers la criminalisation de l’homosexualité? En tous cas, elle reste l’une des promesses de campagne du régime actuel et une demande accrue de beaucoup d’organisations sénégalaises. |
BABACAR SY SEYE







