Publié le 5 Feb 2026 - 19:50
LUTTE CONTRE LES CANCERS  

La nouvelle étude de l’OMS qui redonne espoir

 

Près de quatre cas de cancer sur dix dans le monde sont liés à des causes évitables, selon une nouvelle analyse de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) publiée.

 

Une nouvelle analyse de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) s’appuie sur des données concernant 36 types de cancer dans 185 pays et renseigne que le tabagisme est la principale cause évitable de cancer à l’échelle mondiale (15 % des nouveaux cas), devant les infections (10 %) et la consommation d’alcool (3 %).

Trois types de cancer : les cancers du poumon, de l’estomac et du col de l’utérus, représentent près de la moitié des cas évitables dans le monde, chez l’homme et la femme. Le cancer du poumon est principalement lié au tabagisme et à la pollution de l’air, le cancer de l’estomac est en grande partie attribuable à l’infection à Helicobacter pylori et le cancer du col de l’utérus est dû au papillomavirus humain (HPV) dans l’immense majorité des cas.

"Il s’agit de la première analyse mondiale montrant dans quelle mesure le risque de cancer est lié à des causes évitables. En examinant les tendances dans les pays et les groupes de la population, nous pouvons donner aux pouvoirs publics et aux particuliers des informations plus précises qui, dans bien des cas, contribuent à prévenir les cancers avant qu’ils ne se déclarent" déclare le Dr Ilbawi, chef de l’équipe Lutte contre le cancer de l’OMS et auteur de l’étude.

L’étude porte sur 30 causes de cancer évitables, dont le tabagisme, la consommation d’alcool, le surpoids, l’inactivité physique, la pollution de l’air, le rayonnement ultraviolet et, pour la première fois, neuf agents infectieux.

Publiée avant la Journée mondiale contre le cancer, le 4 février, l’analyse montre qu’en 2022, 37 % des nouveaux cas de cancer (soit environ 7,1 millions de cas) étaient liés à des causes évitables. Les résultats soulignent qu’il existe donc un énorme potentiel en termes de prévention permettant de réduire la charge mondiale des cancers.

Différence entre hommes et femmes 

Selon le document, la charge des cancers évitables est nettement plus élevée chez les hommes que chez les femmes (45 % de nouveaux cas chez les hommes contre 30 % chez les femmes).

Chez l’homme, le tabagisme est responsable d’environ 23 % des nouveaux cas de cancer, devant les infections (9 %) et la consommation d’alcool (4 %). Chez la femme, à l’échelle mondiale, les infections sont responsables de 11 % des nouveaux cas de cancer, suivies du tabagisme (6 %) et du surpoids (3 %).

"Cette étude très importante évalue de manière exhaustive les cancers évitables dans le monde, en intégrant pour la première fois les causes infectieuses ainsi que les risques comportementaux, environnementaux et professionnels. S’attaquer à ces causes évitables est l’un des moyens les plus efficaces d’alléger la charge mondiale des cancers", souligne pour sa part la Dre Isabelle Soerjomataram, Directrice adjointe de la branche Surveillance du cancer du CIRC et autrice principale de l’étude.

Différence entre les régions 

La charge des cancers évitables varie considérablement selon les régions. Elle est comprise entre 24 % en Afrique du Nord et en Asie de l’Ouest et 38 % en Afrique subsaharienne chez la femme et entre 57 % en Asie de l’Est et 28 % en Amérique latine et dans les Caraïbes chez l’homme.

Ces différences reflètent une exposition variable aux facteurs de risque comportementaux, environnementaux, professionnels et infectieux, ainsi que des différences qui tiennent au développement socioéconomique, aux politiques nationales de prévention et aux capacités du système de santé.

Les résultats soulignent qu’il faut mettre en place des stratégies de prévention adaptées prévoyant des mesures strictes de lutte antitabac, la réglementation de l’alcool, la vaccination contre les infections entraînant des cancers, telles que l’infection à papillomavirus humain (HPV) et l’hépatite B, une amélioration de la qualité de l’air, des lieux de travail plus sûrs et des environnements plus sains pour l’alimentation et l’activité physique

Une action coordonnée des secteurs de la santé, de l’éducation, de l’énergie, des transports et du travail peut épargner à des millions de familles le malheur d’un diagnostic de cancer, souligne l’étude. Qui invite à agir sur les facteurs de risque évitables pour faire baisser non seulement l’incidence des cancers, mais aussi les dépenses de santé à long terme et améliorer la santé et le bien-être de la population.

CHEIKH THIAM 

Section: 
DÉCLARATION DE PATRIMOINE : Ultimatum de l'OFNAC
GESTION DE LA DETTE – RESTRUCTURATION : Cafouillage au sommet !
COOPÉRATION SÉNÉGAL-ALLEMAGNE Diomaye Faye et Friedrich Merz misent sur un partenariat économique renforcé
SÉNÉGAL-FMI : Le dossier de “misreporting” toujours non clos
MODERNISATION DU SYSTÈME SANITAIRE Bassirou Diomaye Faye mise sur Siemens Healthineers
MISE EN PLACE DES INTRANTS AGRICOLES : Des paysans grognent encore
THIES – AVEC PLUS DE 14,2 MILLIARDS DE FCFA INVESTIS : Le PACASEN a financé 464 projets entre 2019 et 2024
RÉFORME DES FINANCES PUBLIQUES - DETTE PUBLIQUE : Le Sénégal se dote d’une « tour de contrôle » pour sortir de l’impasse
DIALOGUE STRUCTURE : L’UE et la société civile sénégalaise adoptent une nouvelle feuille de route
POLÉMIQUE DETTES CACHÉES – SORTIE PRÉSIDENT COUR DES COMPTES : Y a-t-il eu tripatouillage des comptes publics ?
PRODUCTION DE LA PÊCHE ET DE L’AQUACULTURE Elle a atteint 188,2 millions de tonnes en 2024
DÉMARRAGE DE LA SAISON AGRICOLE Entre soulagement et inquiétudes des paysans
LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE 2026 : L’exécutif ajuste ses priorités budgétaires
COMMUNICATION POLITIQUE : OUSMANE SONKO : Le glissement sémantique
GESTION DES FINANCES PUBLIQUES : Sonko et son raisonnement troublant
SUR FOND DE DÉFIS ÉNERGÉTIQUES MAJEURS :Abdourahmane Diouf hérite d’un secteur stratégique
Campagne agricole
REFONDATION DU SYSTÈME ÉDUCATIF : Thiès ouvre le débat sur l’école sénégalaise de demain
ÉLIMINATION DES INÉGALITÉS ET AUTONOMISATION DES FEMMES ET DES FILLES : Le salut réside dans le budget
RARETÉ DU POISSON AU SÉNÉGAL : L'émigration clandestine, comme facteur aggravant