Publié le 6 Feb 2026 - 14:16

Un taux global d’exécution estimé à 85 %

 

Le président Diomaye Faye a visité hier le chantier de l’Université du Sénégal Oriental (USO), dans le cadre de sa tournée économique. Le projet affiche un taux global d’exécution estimé à 85 %. La société Royal BTP affirme être en mesure de le livrer en octobre prochain.

 

Le Chef de l’État effectue depuis hier une tournée dans le Sénégal oriental. Diomaye Faye a débuté ce périple, qui va se poursuivre jusqu’au 9 février, par une visite du chantier de l’Université du Sénégal Oriental (USO), situé à Tambacounda. Arrivé dans l’enceinte du futur campus universitaire avec une forte délégation, Diomaye Faye a pu constater les bâtiments surgir de terre, s'élevant vers le ciel, sur une superficie totale de 52 hectares. Ainsi, les travaux, lancés en janvier 2024, avancent à un rythme soutenu dans l'optique de garantir le respect des délais convenus.

« Je me réjouis de constater l’état d’avancement des travaux. Il convient de féliciter et d’encourager l’entreprise pour les efforts fournis. Je constate également l’engagement de toutes les parties prenantes, notamment le ministère des Infrastructures et celui de l’Enseignement supérieur, pour assurer l’achèvement du chantier dans les délais. Cette dynamique doit être maintenue », a déclaré Diomaye Faye, félicitant la société Royale BTP pour « la qualité et la rapidité d’exécution », tout en encourageant l’ensemble des acteurs impliqués dans la réalisation du projet.

Le chef de l’État a insisté pour que le bâtiment soit livré à date : le 10 octobre 2026. En effet, prévue initialement pour une durée de trois ans, l’entreprise malienne Royale BTP, filiale du Groupe Bama, s’était engagée à livrer le projet avant l’échéance fixée, soit en 2027.

Le DG de la société Royal BTP, Modibo Karagnara, souligne que l’essentiel des gros œuvres est achevé. D'après lui, il reste désormais les travaux de finition, dont l’exécution est estimée à huit mois, avec une livraison envisagée pour octobre prochain. À ce stade, le projet affiche un taux global d’exécution estimé à 85 %. À cet effet, pour sa part, le Chef de l’État s’engage à accompagner étroitement l’entreprise pour assurer la livraison des travaux dans le respect des délais et des standards de qualité requis.

Le coordinateur de travaux, Amadou Sékou Nimaga, s’en réjouit. « Cette visite nous honore à plus d’un titre. Ça nous motive. Nous allons aller à une vitesse exponentielle », a-t-il assuré, réaffirmant que la société malienne entend respecter les délais annoncés.

La promotion des pôles d’excellence

Il s’agit d’un projet structurant majeur dont l’objectif est de décentraliser l’enseignement supérieur. Il est perçu comme un vecteur de développement territorial, d’équité et de souveraineté. L'USO incarne l'ambition d'un « Sénégal prospère, juste et souverain ».

Selon le document de présentation, elle constitue une réponse structurelle aux impératifs de qualification, de recherche et de souveraineté nationale. Cette université, dit-on, a été pensée dès l’origine comme une université orientée vers les métiers, les compétences et l’employabilité, afin d’offrir à la jeunesse des perspectives concrètes d’insertion sociale et économique.

« Dans une région où la jeunesse représente un enjeu majeur, former, insérer et fixer les compétences locales revient ainsi à sécuriser durablement les territoires, par une action de fond, non coercitive, fondée sur la formation et l’opportunité économique, en luttant contre la précarité, terreau des marginalisations ; en renforçant la cohésion sociale par l'éducation et l'entrepreneuriat ; en faisant émerger des ‘champions locaux’ et startups », explique-t-on. L’USO proposera des filières en Sciences, Technologies, Droit et Santé.

En implantant cette infrastructure universitaire dans la capitale du Sénégal oriental, l’État compte assurer la promotion des pôles d’excellence axés sur les ressources stratégiques. Les pôles contribuent à la souveraineté scientifique et à l’innovation technologique, en renforçant la stabilité durable des zones stratégiques, principalement grâce au Pôle Mines et Géologie : pour une maîtrise nationale et durable des ressources extractives. Mais aussi au Pôle Polytech : fer de lance des technologies de rupture (Intelligence Artificielle, Robotique, Énergies, Agro-industrie), et au Centre de Recherches Pluridisciplinaires : dédié à la valorisation des ressources endogènes et à l’innovation territoriale.

Un modèle pragmatique

L’USO constitue « un véritable ancrage territorial » au cœur des enjeux de souveraineté. Elle est aussi conçue pour soutenir le développement local, notamment minier. Elle est située au carrefour de cinq pays (Mali, Mauritanie, Guinée-Bissau, République de Guinée et Gambie). Elle devrait transformer une zone frontalière en un pôle d'excellence. Son implantation pourra permettre d’accroître le stock de capital humain national par des formations de haute qualité ; d’impulser le « New Deal Technologique » par une recherche tournée vers l'innovation ; de fixer la jeunesse dans son terroir et créer des « champions » dans le domaine des startups ; de répondre aux défis sécuritaires par le développement et l'inclusion sociale ; de faciliter l’intégration régionale.

L’USO adopte un modèle de développement « pragmatique » visant l'efficience de la dépense publique avec l’impulsion de projets en vue d’une stratégie de levée de fonds pour une maîtrise budgétaire optimale. On parle aussi d'une synergie avec les instruments financiers de l'État : collaboration étroite avec le FONSIS, la CDC et l’APIX ; des Partenariats Public-Privé (PPP) avec la mobilisation de capitaux privés pour les infrastructures et les équipements. L’État y joue un rôle central. Il intervient ici comme garant souverain, créant le cadre de confiance indispensable aux investisseurs de long terme.

L’enjeu, c’est également la sécurisation foncière. Le site de l’USO, fort de 353 hectares, est un actif stratégique précieux. « Sa sécurisation juridique et physique est un préalable non négociable pour protéger le domaine universitaire contre toute occupation irrégulière ; crédibiliser le projet auprès des partenaires et investisseurs internationaux ; valoriser le foncier pour ériger une ville universitaire intégrée (logements, services, écosystème économique) », a-t-on fait savoir.

L'USO, dit-on, est le bras armé de l'État pour transformer le Sénégal oriental. La sécurisation de son foncier et son modèle de financement devront faire de cette institution la locomotive du développement du pôle territoire Sud-Est, à la hauteur des ambitions du Président de la République pour un Sénégal souverain.

Le président Diomaye Faye était accompagné de plusieurs membres du gouvernement, notamment le ministre des Infrastructures, le ministre de l’Enseignement supérieur, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, ainsi que le ministre des Transports terrestres et aériens. Parmi les autorités administratives locales, il y avait le gouverneur de Tambacounda, le préfet et le maire.

GARE FERROVIAIRE DE TAMBACOUNDA

2 000 km de voie à écartement standard à construire

Après sa visite du site de l’Université du Sénégal Oriental, Diomaye Faye est allé au chantier de la Gare ferroviaire de la capitale régionale. Il s’agit de 2 000 km de voie à écartement standard à construire. L’axe Dakar-Tambacounda est la composante standard. « Le budget prévisionnel est de 1500 milliards. Plus qu’une infrastructure, ce projet est présenté comme un catalyseur de la vision Sénégal 2050 », a-t-on indiqué.

Selon le gouvernement, les principaux objectifs du projet sont de valoriser l’investissement déjà réalisé (27 milliards entre 2023 et 2024), de contribuer à la décongestion du Port de Dakar, de réduire la dégradation des routes et leur coût d’entretien, mais aussi les accidents de la route, de maintenir l’expertise ferroviaire locale, de faciliter la logistique lors de la construction de la nouvelle ligne à écartement standard, de redynamiser l’activité économique des localités traversées et de réduire les émissions de CO2.

En ce qui concerne la phase transitoire, il s’agit d’exploiter l’existant. Dans ce cadre, explique-t-on, 37 km de voie seront reconstruits, 10 000 traverses remplacées, 400 000 attaches remises en voie, 70 000 tonnes de ballast mises en œuvre, 1498 soudures de rail réalisées, 7 appareils de voie renouvelés, 34 appareils de voie régénérés, correction de géométrie sur tout le linéaire, 126 passages à niveau mis en conformité, reconstruction de 9 ouvrages hydrauliques. Le projet prévoit aussi la réhabilitation de deux ouvrages métalliques et le rétablissement de 14 coupures de voie. Les travaux impliquent également un mouvement de terres de plus de 184 000 m³ ainsi que l'aménagement de 15 km de pistes de chantier (RSE).

BABACAR SY SEYE

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