Publié le 14 Aug 2026 - 11:52
BOURSES DE SÉCURITÉ FAMILIALE

L’État revoit le ciblage des ménages vulnérables après 12 ans

 

Douze ans après son lancement, le programme national de bourses de sécurité familiale entre dans une phase de refonte. Réunis mardi à Saly, les acteurs du programme ont planché sur la certification, la mise à jour du Registre national unique et la nouvelle gouvernance pilotée désormais par la Primature, avec un objectif : mieux cibler les plus vulnérables.

 

Le ministère de la Famille, de l'Action sociale et des Solidarités veut donner un nouveau souffle au Programme national de bourses de sécurité familiale (PNBSF). Mardi, à Saly, dans le département de Mbour, il a réuni l'ensemble des parties prenantes pour un atelier consacré à la certification et à l'actualisation du dispositif.

Représentant la ministre Marie Angélique Selbé Diouf, le directeur de cabinet, Dr Amadou Diaw, a justifié cette pause évaluative. « Après plus de douze ans de mise en œuvre, il est tout à fait normal qu'on s'arrête un instant pour revoir les procédures, mais aussi tout ce qu'on appelle la procédure de certification », a-t-il soutenu.

Lancé en 2013 et évalué en 2023, le PNBSF est à la croisée des chemins. La rencontre de Saly vise à partager ses nouvelles orientations et à corriger les insuffisances relevées, afin de rendre le ciblage plus efficace.

Pour Dr Diaw, l'avenir du programme repose sur le Registre national unique (RNU). Son extension et sa mise à jour régulière sont présentées comme le levier principal pour identifier avec plus de précision les populations en situation de précarité.

Autre tournant majeur : la gouvernance. Un décret pris le 5 août 2026 vient modifier l'organisation du comité de pilotage du PNBSF. Désormais logé à la Primature, ce comité sera présidé par le Premier ministre lui-même, signe de la priorité accordée par l'État à la protection sociale.

Sur le plan technique, l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) reste un maillon central. Son coordonnateur de la cellule de gestion, Insa Sagna, a rappelé que l'ANSD est chargée de la répartition des quotas de ménages par région, département et commune, en fonction de l'incidence de la pauvreté.

« C'est cette méthode qui permet d'identifier, par exemple, les ménages devant bénéficier des 300 000 bourses, si ce quota est retenu par les pouvoirs publics », a-t-il expliqué. Il a cité Kaffrine et Kédougou parmi les régions où l'incidence de la pauvreté reste la plus élevée, tout en soulignant que la décision finale sur les quotas revient à l'État.

L'ANSD assure également la collecte des données socio-économiques et le scoring qui permet de classer les ménages du plus vulnérable au moins vulnérable.

L'inclusion était aussi au cœur des échanges. Le directeur de la Promotion et de la protection des personnes handicapées, Mamadou Lamine Faty, a plaidé pour un meilleur accès des personnes handicapées au programme.

Il a rappelé que la carte d'égalité des chances ouvre droit au PNBSF et que, dans l'attente, le certificat de handicap peut servir de document provisoire. Pour faciliter l'accès, « la production de la carte d'égalité des chances a été décentralisée dans les 14 régions », a-t-il précisé.

La rectification, une priorité impérieuse pour la DGPSN

En organisant cet atelier, la DGPSN a souhaité adopter une démarche inclusive en associant l'ensemble des acteurs de la mise en œuvre du programme ainsi que son comité de pilotage au processus de recertification.

L'objectif est de parvenir à une validation technique des différents scénarios qui serviront de base à la décision de la plus haute autorité concernant la nouvelle liste de ménages bénéficiaires. « Cette activité constitue une étape importante dans la poursuite de nos efforts de consolidation du PNBSF afin de renforcer notre système de protection sociale et promouvoir la justice sociale dans une perspective d'inclusion et de réduction des inégalités. La recertification demeure une priorité impérieuse pour la DGPSN et marque le lancement de nouvelles orientations stratégiques assignées par le gouvernement au programme », a souligné le Délégué général à la Protection sociale et à la Solidarité nationale, Dr Cheikh Tacko Diop.

« Au cours de ces travaux, nous aurons l'occasion d'examiner le RNU, d'analyser la stratégie de recertification des bénéficiaires et de formuler des recommandations susceptibles de renforcer le programme et enfin consolider ces acquis », a ajouté le DGPSN.

« Ensemble, nous pouvons bâtir des perspectives nouvelles et consolider la crédibilité du programme au service des populations », a-t-il conclu.

Pape Mbar Faye

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