L'hôpital Seydi El Hadji Malick Sy démarre ses consultations avant le Gamou

A l'approche du Gamou, la mise en service progressive de l'hôpital Seydi El Hadji Malick Sy de Tivaouane est saluée par les autorités religieuses et les responsables du secteur de la santé.
Doté d'un plateau technique moderne et d'une capacité de plus de 300 lits, l'hôpital Seydi El Hadji Malick Sy de Tivaouane ambitionne de renforcer durablement l'offre de soins dans la région et de contribuer au désengorgement des structures sanitaires de Dakar. Son ouverture progressive est particulièrement appréciée par les autorités religieuses de la ville, qui voient dans cet établissement la concrétisation d'une vieille doléance des populations.
Pour le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, la mise en service de cet hôpital constitue une « réponse stratégique aux défis actuels du système de santé ». Il estime que l'établissement participe pleinement au renforcement et à la modernisation de l'offre de soins, conformément à l'ambition de l'État de garantir un accès équitable à des soins de qualité.
Le ministre a également fait état d'un retard médical d'environ une décennie par rapport aux projections établies dans le cadre de la carte sanitaire nationale. Pour résorber ce déficit, le gouvernement prévoit notamment la construction de 100 centres de santé, cinq hôpitaux de niveau 1 et au moins quatre établissements hospitaliers de dimension comparable à celui de Tivaouane.
300 lits et un important plateau technique
Avec une capacité de plus de 300 lits, l'hôpital Seydi El Hadji Malick Sy dispose d'un important plateau technique et de plusieurs spécialités médicales destinées à lui permettre d'atteindre progressivement le niveau d'un établissement hospitalier de niveau 3. Selon son directeur, Dr Mahib Badiane, l'établissement compte 25 services médico-techniques répartis en six pôles, dont le pôle chirurgie, le pôle mère-enfant, le plateau technique et le pôle administratif.
« C'est un hôpital ultramoderne, avec des équipements de dernière technologie », explique le directeur. L'établissement dispose notamment de services de diagnostic comprenant la radiologie conventionnelle, la radiographie os-poumons, deux scanners de 64 et 128 barrettes ainsi qu'une IRM de 1,5 Tesla. L'hôpital abrite également des services particulièrement spécialisés, notamment une unité destinée à la prise en charge des grands brûlés. La néonatologie constitue un autre maillon important du dispositif, avec 14 couveuses.
La dialyse fait également partie des services mis en place afin de répondre aux besoins des patients souffrant d'insuffisance rénale dans la zone. Les autorités ont veillé à rendre progressivement opérationnels les différents services, notamment à l'occasion du Gamou, période durant laquelle Tivaouane connaît une forte affluence de fidèles.
Le démarrage des activités a été organisé de manière progressive. Dans un premier temps, les consultations médicales générales, le laboratoire, l'imagerie médicale et la pharmacie hospitalière doivent être opérationnels.
Le directeur de l'établissement précise qu'un premier contingent d'environ 90 agents a été mobilisé pour accompagner cette phase de lancement. À terme, l'hôpital devrait nécessiter près de 500 agents pour assurer son fonctionnement complet et répondre aux exigences d'un établissement de cette dimension.
Les autorités religieuses saluent une vieille doléance satisfaite
L'ouverture de l'hôpital à quelques jours du Gamou constitue un motif de satisfaction pour les autorités religieuses de Tivaouane. Le représentant du khalife général des Tidianes, Serigne Habib Sy Mansour Borom Daradji, a salué l'engagement de l'État et de ses partenaires dans la réalisation de cette infrastructure, qui répond à une demande ancienne des populations.
Il a également invité les grandes entreprises implantées dans la zone, notamment les Industries chimiques du Sénégal (ICS) et la Grande Côte Opérations (GCO), à renforcer leur accompagnement de l'établissement dans le cadre de leurs programmes de responsabilité sociétale d'entreprise (RSE).
Le représentant du khalife a par ailleurs insisté sur un enjeu essentiel : la maintenance et l'entretien de l'infrastructure et de son important plateau technique. Pour lui, la pérennité de l'hôpital dépendra autant de la qualité de ses équipements que de la capacité des autorités et des partenaires à assurer leur entretien dans la durée.
Serigne Habib Sy Mansour a également plaidé pour l'installation d'une unité de radiothérapie, qu'il considère comme indispensable pour améliorer la prise en charge des patients atteints de cancer dans la région.
Le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a pour sa part souligné l'importance accordée à l'opérationnalisation de l'établissement avant le Gamou. Selon lui, plusieurs acteurs ont travaillé de manière concertée pour permettre le démarrage des activités.
Ainsi, le ministre a demandé au FONSIS et à Ellipse de poursuivre, en collaboration avec l'AGETIP, la levée progressive des réserves restantes afin de garantir à l'établissement les meilleures conditions de fonctionnement.
À terme, l'hôpital Seydi El Hadji Malick Sy est appelé à jouer un rôle stratégique dans la politique sanitaire nationale.
NDEYE DIALLO (THIES)






