Publié le 7 Sep 2026 - 18:51
LE PIT DENONCE L'AUTORITARISME DE PASTEF SUR LE CODE DU TRAVAIL

« Un passage en force inacceptable »  

 

Le Parti de l'Indépendance et du Travail (PIT-Sénégal) monte au créneau contre le PASTEF. Dans une déclaration virulente, le parti dénonce un « passage en force » dans l'adoption des nouveaux Codes du Travail et de la Sécurité sociale, adoptés sans véritable dialogue social. Le PIT accuse et appelle le Président de la République à engager des concertations avec le Front Syndical pour la Défense du Travail (FSDT) avant toute promulgation.

 

Le PIT-Sénégal constate « avec amertume et indignation » que le PASTEF a procédé à un véritable passage en force dans l'adoption des nouveaux Codes du Travail et de la Sécurité sociale. Cette démarche contraste, dénonce-t-il, fortement avec la tradition sénégalaise de dialogue social tripartite, où travailleurs, patronat et gouvernement négocient franchement les réformes législatives touchant à la vie des travailleurs.

Le parti dénonce plusieurs manquements graves. D'abord, PASTEF a modifié unilatéralement certains points consensuels adoptés au sein du Conseil consultatif du Travail et de la Sécurité sociale. Ensuite, il a ignoré délibérément les observations et propositions du Front Syndical pour la Défense du Travail (FSDT), pourtant présentées devant le Ministre du Travail et le Groupe parlementaire PASTEF. Enfin, il a fait voter ces textes par son écrasante majorité, sans véritable consensus.

Pour le PIT, ces modifications unilatérales révèlent « très nettement la vision autoritariste, dirigiste et réactionnaire du régime PASTEF quant à la gestion du monde du travail ». Le parti critique particulièrement les velléités de précarisation à outrance des emplois et la suppression de l'autonomie de gestion des institutions sociales au service des travailleurs et des retraités. Cette approche, selon le PIT, relève d'une logique propre aux régimes populistes, « foncièrement antisyndicaux et de surcroît très souvent sans mémoire ni repères historiques ».

Un appel au Président de la République pour éviter le Rubicon

Ainsi, le PIT-Sénégal exprime son soutien total au FSDT dans sa lutte contre « les dispositions scélérates et anti-travailleurs » des nouveaux codes. Mais le parti va plus loin en adressant un appel direct au Président de la République. Au lieu de procéder à une promulgation rapide des codes votés – avec l'assentiment du FMI enclin à accorder un programme de financement au Sénégal – le chef de l'État devrait, dit-on, engager des concertations avec le FSDT pour des compromis recevables.

Le parti avertit que « à défaut » de concertations, « le FSDT n'aura d'autre choix que la lutte résolue, jusqu'à l'obtention de résultats acceptables sur les points clés de désaccord ». Le PIT appelle donc le régime à faire preuve de « lucidité », car « la situation économique et sociale du Sénégal étant déjà ce qu'elle est », le pays ne doit pas « franchir le Rubicon ». Un message clair : la mobilisation sociale menace si le gouvernement ne revient pas à la table des négociations.

Le communiqué se termine par une phrase chargée de sens : « Il se fait tard ! » Une mise en garde à peine voilée sur l'urgence de résoudre cette crise avant que la situation ne s'aggrave davantage.

AMADOU FALL

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