Publié le 27 Aug 2026 - 17:06
ÉLECTIONS TERRITORIALES

Pastef saisit le ministre de l’Intérieur et la Cena

 

À l’approche des élections territoriales de 2027, Pastef-Les Patriotes monte au créneau pour réclamer le respect du calendrier électoral. Dans un communiqué publié ce 26 août, le parti a saisi le ministre de l’Intérieur et la Cena, avec ampliation au président de la République, pour demander le déclenchement du processus électoral et prévenir contre tout « report de fait » du scrutin.

 

La question des prochaines élections territoriales s’impose désormais comme un nouveau point de tension autour du calendrier électoral sénégalais. Dans un communiqué rendu public le 26 août 2026, Pastef-Les Patriotes annonce avoir officiellement saisi le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique afin de demander le lancement du processus électoral. La correspondance a également été adressée, en ampliation, au président de la République et à la Commission électorale nationale autonome (Cena). Cette démarche intervient alors que la date du prochain scrutin territorial n’est toujours pas officiellement fixée.

Le parti au pouvoir justifie sa démarche par ce qu’il considère comme un retard dans la préparation du scrutin. Pastef rappelle que les conseillers départementaux et municipaux ont été élus le 23 janvier 2022 pour un mandat de cinq ans. S’appuyant sur les articles L.236 et L.269 du Code électoral, ainsi que sur l’article L.63 relatif à la tenue du scrutin un dimanche, le parti estime que « la dernière date légalement possible est donc le dimanche 17 janvier 2027 ».

Pastef pointe particulièrement l’absence, à ce stade, du décret fixant la date des élections territoriales. Selon les partisans d’Ousmane Sonko, ce décret constitue l’acte permettant de déclencher la mise en œuvre des opérations électorales. Le Bureau politique national attire également l’attention sur la caution électorale. Il rappelle que celle-ci doit être fixée par arrêté du ministre chargé des élections, après consultation des parties prenantes, au plus tard 150 jours avant le scrutin, conformément aux articles L.247 et L.282 du Code électoral. Or, estime Pastef, ce délai est désormais dépassé. Le parti considère que « chaque jour d’inaction supplémentaire aggrave la violation des dispositions légales susvisées ».

« Le calendrier électoral s’impose à tous »

Au-delà de la question du retard administratif, le communiqué prend une dimension politique. Pastef estime que l’absence de décret ne peut servir de fondement à un report tacite du scrutin. Le parti considère ainsi que « la carence du Président de la République ne saurait créer les conditions d’un report de fait des élections territoriales ». Il insiste surtout sur le caractère contraignant du calendrier électoral, qui, selon lui, « ne relève ni d’une faculté politique ni d’une appréciation discrétionnaire ». Pour Pastef, cette obligation vaut pour l’ensemble des acteurs institutionnels, « y compris au Président de la République ».

En saisissant simultanément le ministère de l’Intérieur et la Cena, avec ampliation au chef de l’État, PASTEF entend donc pousser les institutions compétentes à enclencher le processus électoral. Le parti affirme inscrire cette démarche dans la défense de l’État de droit et des principes démocratiques. Il réaffirme notamment son « attachement indéfectible à l’État de droit, aux principes démocratiques, au respect du calendrier électoral et aux valeurs de la République ».

Pastef prévient enfin qu’il ne compte pas limiter son action à cette interpellation institutionnelle. Le parti annonce qu’il utilisera « toutes les voies républicaines et juridictionnelles » afin d’obtenir le respect du calendrier électoral et de permettre aux citoyens d’exercer leur souveraineté dans les délais prévus par la loi.

Le communiqué du Politburo de Pastef se présente donc à la fois comme une mise en demeure politique, une interpellation institutionnelle et l’annonce d’une possible bataille juridictionnelle si le processus électoral n’est pas engagé conformément aux délais qu’il estime imposés par le Code électoral.

Pastef ne demande pas simplement que les élections territoriales soient organisées ; il affirme que leur organisation dans le délai légal constitue une obligation à laquelle l’exécutif ne peut se soustraire par l’inaction. En saisissant simultanément le ministère de l’Intérieur, la présidence de la République et la Cena, le parti transforme ainsi la question du calendrier territorial en un enjeu institutionnel majeur, avec en perspective la possibilité d’un recours devant les juridictions si le processus demeure bloqué.

Khaly SARR

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