Publié le 9 Feb 2018 - 13:59
89 FEUX DE BROUSSE DECLARES ENTRE 2016 ET 2017

Sédhiou à l’épreuve des pratiques ancestrales 

 

Entre 2016 et 2017, 89 feux de brousse ont été signalés à Sédhiou, ravageant 17 000 hectares. Fort de ce constat, un comité régional de développement (CRD) s’est tenu sur le sujet dans cette partie sud du Pays. Objectif : faire en sorte qu’il y ait zéro feu de brousse.

 

Les feux de brousse constituent à la fois une menace grave pour la survie de nos forêts et un réel danger pour l’économie et la vie des populations. Pour preuve, entre 2016 et 2017, 89 feux de brousse ont été signalés et 17 000 hectares ont été ravagés. De ce fait, les autorités administratives, politiques et les populations s’engagent à faire en sorte qu’il n’y ait plus feu de brousse à Sédhiou pour un développement durable.  Il ressort de ce CRD que les feux de brousse représentent la 3e cause de déforestation et de dégradation des forêts dans la capitale du Pakao. Aussi, des caravanes vont-elles sillonner plusieurs localités de la région de Sédhiou. Objectif : sensibiliser les populations sur les dangers que constituent les feux de brousse.

Car certains participants ont pointé du doigt certaines pratiques ancestrales qui expliquent la récurrence des feux de brousse. « L’utilisation du feu par les populations est une pratique traditionnelle pour préparer les terres agricoles, la chasse et les pâturages. Les populations mettent donc volontairement le feu à la brousse, puis elles n’arrivent pas à en contrôler les limites », explique-t-on. D’où l’urgence de sensibiliser les populations sur les risques encourus. « Car la répression, ajoutent les participants, ne semble pas être la solution la plus efficace ».

Le colonel Djimanga Diédhiou, inspecteur régional des Eaux et Forêts de Sédhiou, de renchérir que la lutte contre ce fléau nécessite une participation active de tous, une coopération intense à tous les niveaux de décision et d’action. « C’est une problématique très complexe. Il y a des engagements qui ont été pris pour la prise en charge de ces activités. Donc, si ces promesses sont réalisées, nous pensons que nous pourrons avoir des résultats », dit-il.

Défaillances dans le dispositif de lutte

Le CRD a aussi permis de déceler certaines défaillances dans le dispositif mis en place pour contrer ces feux de brousse. « Des comités de lutte contre les feux de brousse ont ainsi été créés dans les villages en vue de prévenir des départs d’incendies, de limiter leur extension et de rendre plus efficace la lutte. Malheureusement, aujourd’hui, ces comités de lutte contre ces feux de brousse sont devenus faibles et inefficaces, parce que les victimes des feux de brousse refusent que les auteurs des feux soient sanctionnés », regrette un participant. Ce qu’un homme de tenue, qui préfère garder l’anonymat, confirme en déclarant : « Nous nous retrouvons souvent dans des situations où, à chaque arrestation, nous avons l’intervention des parents et familles du mis en cause. Avec les supplications, nous sommes parfois obligés de libérer l’accusé, même si c’est un récidiviste notoire. »

Le colonel Djimanga Diédhiou, inspecteur régional des Eaux et Forêts de Sédhiou, a aussi déploré la gestion de l’environnement des collectivités locales. D’après lui, rares sont ces celles qui s’engagent dans la lutte contre les feux de brousse. « C’est une compétence transférée aux collectivités locales. Normalement, nous ne devrions pas aller vers ces collectivités locales-là. C’est une compétence que la loi leur a conférée. Et c’est à elles de prendre en charge des activités liées à la protection de l’environnement. Malheureusement, il n’y a que trois communes qui prennent en compte ces activités. Il s’agit des communes d’Oudoucar, de Tankon et de Sakar ».

Pour pallier tous ces dégâts sur la nature, des solutions ont été préconisées. « Si nous voulons préserver ce qui reste et parvenir à retrouver ce qui était, nous devons penser au reboisement. La répression, ni toute autre chose, n’est pas la solution au problème. Le risque de voir s’embraser toutes les forêts de la région est réel, il faut agir vite. »

A l’issue de cette rencontre, les acteurs se sont engagés à poursuivre la sensibilisation des populations pour parvenir à zéro feu de brousse, dans les années à venir.

EMMANUEL BOUBA YANGA

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