Publié le 19 Sep 2019 - 18:11
AFFAIRE MERCY SHIPS

L’ordre et le ministère toujours en désaccord

 

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a déposé les documents administratifs du personnel médical du bateau ‘’Africa Mercy’’ leur permettant d’exercer légalement au Sénégal. Mais l’Ordre des médecins s’oppose, en décidant de ne pas les inscrire, à cause de papiers incomplets et non authentifiés.

 

Du nouveau dans l’affaire Mercy Ships dont ‘’EnQuête’’ avait relevé quelques manquements. Les documents qui doivent permettre aux médecins du bateau ‘’Africa Mercy’’ de se conformer à la loi n°66-69 du 4 juillet 1966 relative à l’exercice de la médecine, ont été envoyés aux institutions ordinales.

Selon le directeur de cabinet du ministre de la Santé et de l’Action Sociale, Docteur Aloyse Waly Diouf, joint par la rédaction, les documents ont été envoyés à l’Ordre des médecins depuis le 9 septembre, avec accusé de réception.

‘’L’Etat ne peut plus continuer à polémiquer sur cette question. Ils ont demandé des documents, on les leur a envoyés par voie épistolaire. Ils ont même apposé l’accusé de réception. Nous attendons leur réponse’’, précise Dr Diouf. Avant d’ajouter qu’ils ne veulent pas continuer à discuter avec les ordres par presse interposée. ‘’On leur a envoyé les documents. S’ils ont quelque chose à dire, ils n’ont qu’à répondre et se déplacer au ministère. On ne peut pas continuer d’alimenter une polémique à travers la presse’’, fustige le directeur de cabinet.

‘’Nous ne serons pas complices’’

De son côté, le vice-président de l’Ordre des médecins du Sénégal, Docteur Joseph Mendy, souligne que le ministère de la Santé a juste envoyé la photocopie non certifiée des attestations d’inscription aux ordres de leurs pays d’origine. C’est pourquoi, dit-il, l’ordre a décidé de ne pas les inscrire sur la base de ces papiers.

‘’On ne peut pas inscrire quelqu’un sans dossier. Dans la lettre que nous avions envoyée au ministère, on a bien précisé les dossiers à déposer. Ils doivent fournir leurs diplômes, leurs pièces d’indenté, plus la carte d’inscription à l’ordre de leur pays et les formations que ces personnes sont censées donner dans le bateau. Rien de tout ça n’a été fait’’, explique Dr Mendy.  

A l’en croire, avec les diplômes, ils peuvent vérifier leurs compétences dans les différents domaines à exercer. Ils sauront également, souligne-t-il, si ces professionnels sont autorisés à exercer la médecine chez eux ou s’ils ne font pas l’objet de poursuites judiciaires. ‘’Même les Sénégalais que l’on connait, on leur demande des dossiers, à plus forte raison un étranger. Si le ministère le veut, il n’a qu’à les faire travailler de façon illégale, mais nous ne serons pas complices de cela. S’il y a des problèmes,  c’est à eux de voir et l’ordre sera en dehors de tout cela. Tout en sachant que s’il y a un patient qui porte plainte contre eux, l’ordre va se constituer partie civile pour défendre les populations’’, avertit le vice-président de l’ordre.

L’institution ordinale déplore le fait que les interventions du corps médical du bateau s’apparente à de l’exercice illégal de médecine, si leurs dossiers ne sont pas soumis à l’ordre. L’article 2 de la loi  n°66-69 du 4 juillet 1966 relative à l’exercice de la médecine stipule que, pour exercer au Sénégal, il faut disposer d’un diplôme homologué par le pays ou, pour les étrangers, s’inscrire dans les différents ordres.

VIVIANE DIATTA

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