Publié le 26 Nov 2021 - 02:09
AMSATOU SOW SIDIBE (PR. AGREGEE DE DROIT)

‘’Notre société est malade des femmes’’

 

Selon Amsatou Sow Sidibé, le Sénégal est un pays qui ne veut pas reconnaitre les qualités de la femme. Pour remédier à cela, d’après elle, il urge de reconnaitre aux femmes leur statut dans la société. La consultante en droit des personnes et de la famille a aussi donné son avis sur le scandale qui secoue le pays, avec cette histoire de présumé viol sur Miss Sénégal 2020.

 

‘’Notre société est malade des femmes. J’ai l’habitude de le dire. On ne veut pas reconnaitre les qualités essentielles de leader des femmes. Le savoir est là, le savoir-faire, la qualité et la compétence, elles l’ont. Donc, qu’est-ce qui manque ? C’est le statut de la femme dans la société. C’est là où il faut mettre le doigt, puisque la non-participation à un niveau important des femmes est un gâchis pour le Sénégal’’.

Cette précision est de l’agrégée de droit et enseignante à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, Pr. Amsatou Sow Sidibé. Elle prenait part, hier, à un atelier organisé par le Comité ad hoc des femmes leaders pour la paix, la démocratie, le respect des institutions et de l’État de droit, qui avait pour objectif de fédérer toutes les femmes conscientes et engagées autour d’une vision pour la paix, la démocratie, le respect des institutions et de l’Etat de droit.

Selon elle, pour qu’il y ait des élections apaisées dans ce pays, ce qui est une exigence, parce qu’il y a un principe essentiel qu’est celui de l’interdépendance entre la paix, le développement, la démocratie et les droits humains, il faut qu’il y ait la paix. Pour assurer cette dernière, naturellement, les femmes ont un rôle important à y jouer. Elles sont les principales victimes et sont médiatrices en tant que mères, personnes essentielles dans la famille et la société.  

‘’Il y a la résolution 1325 des Nations Unies, qui exige que les femmes soient dans la prévention, la résolution des conflits et la consolidation de la paix. Donc, ce qui est organisé aujourd’hui en perspective des locales, est une activité normale, naturelle. Les femmes vont se battre pour qu’il y ait le moins de conflits violents possibles. Nous disons non à la violence. Maintenant, nous attendons que chacun des acteurs fassent ce qu’il a à faire pour que cette violence ne sévisse pas dans le pays. Si chacun prend ses responsabilités, on y arrivera. Les femmes sont là et elles veulent prévenir, car la prévention est la meilleure des choses. Nous allons vers des élections qui ne sont que des élections, après tout. Nous, allons nous retrouver par la suite. Donc, allons-y avec la forme. Les femmes sont là et elles vont agir à tous les niveaux dans la sensibilisation, la formation et la communication’’, a dit la présidente du parti Car-Leneen.

‘’Je souffre, parce que nos filles sont utilisées comme des objets sans valeur’’

Concernant l’affaire du présumé viol de Miss Sénégal 2020, et au-delà, les multiples autres cas de viol qui alimentent les rubriques faits-divers de la presse, Amsatou Sow Sidibé s’est dit outrée par cette situation. ‘’Actuellement, je peux dire que je souffre, parce que nos filles sont utilisées comme des objets sans valeur. Le sort de nos filles me fait souffrir, car on parle tout le temps de violences, de viols, de manque de considération. C’est contraire à la valeur, à la dignité de la personne humaine. Il faut que ça cesse’’, a soutenu la consultante en droit des personnes et de la famille.

Elle lance un appel à l’endroit de l’Etat : ‘’Je demande que l’Etat fasse preuve de volonté politique, pour que cela cesse. On ne peut pas construire une société de qualité, si les filles sont considérées comme des objets à maltraiter. Il faut que cela cesse. Nous demandons qu’on mette un terme à ça, quelle que puisse d’ailleurs être l’origine des violences dont elles souffrent.’’

Les engagements et recommandations du comité ad hoc

En outre, lors de cet atelier, les membres du Comité ad hoc des femmes leaders pour la paix, la démocratie, le respect des institutions et de l’État de droit ont regretté les discours guerriers notés dans l’espace politique. Elles ont opté pour la stabilité et le respect de l’Etat de droit et se sont engagées à être les ambassadrices de la paix et de la sérénité au sein de leurs formations politiques respectives pour une campagne électorale apaisée, sans violence et des élections calmes, transparentes et participatives sur l’étendue du territoire national.

Elles ont aussi recommandé fortement à toute la classe politique, aux jeunes et à tous les citoyens, à faire preuve de maturité, de sérénité et de patriotisme pour préserver le Sénégal des menaces et des velléités de crises violentes.  Elles ont, en outre, demandé à l’État d’organiser et de mettre à la disposition des coalitions et partis politiques engagés dans la campagne des membres des forces de sécurité afin de garantir la sécurité des déplacements des grands leaders politiques, d’assurer à tous les citoyens, sans distinction, le droit démocratique de choisir librement leurs élus dans un climat de paix et de sécurité.

CHEIKH THIAM

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