Publié le 3 Aug 2023 - 19:41
ATTAQUE CONTRE UN BUS A YARAKH

Entre fantasmes et réalité !

 

Suite à l’attaque perpétrée avant-hier contre un bus de la ligne 65 ralliant Kounoune à Colobane et qui aurait fait deux morts et 5 blessés, certains tentent de faire croire à une mise en scène et accusent le chauffeur qui a fait un témoignage dans les médias d’être un policier. EnQuête a essayé de démêler les fantasmes des questionnements légitimes.

 

Le dépit. C’est le sentiment le mieux partagé chez nos interlocuteurs, suite aux moult tentatives de jeter le discrédit sur ce qui s’est passé avant-hier, à Yarakh, dans l’attaque perpétrée contre un bus de la ligne 65 et qui aurait occasionné deux morts et cinq blessés, d’après le ministre de l’Intérieur, le chauffeur et le receveur du bus. Très vite, certains, y compris des journalistes, se sont mobilisés pour tenter de jeter l’opprobre sur des médias qui n’ont eu de tort que d’avoir relayé les témoignages des principaux concernés : c’est à dire le chauffeur, le receveur, les riverains et le ministre de l’Intérieur qui s’était déplacé sur les lieux et de caractériser cet acte innommable. Comme cela se fait du reste dans n’importe quel accident.

Chez le propriétaire du bus, Moustapha Diouf, l’ahurissement est encore plus grand. Interloqué par les attaques proférées contre lui et son personnel, il s’interroge : ‘’Ce que je veux savoir, c’est d’où vient ce grand mensonge ? Depuis quelques heures, je reçois des messages de partout ; les gens m’appellent de partout dans le monde pour me poser des questions. Même des gens qui me connaissent m’appellent pour me demander comment c’est possible ? Je leur dis : moi je ne comprends même pas d’où ça vient. Ce que je peux dire, c’est que c’est un gros mensonge. Pape Diop, qui est le chauffeur du bus, est mon employé et il travaille pour moi, depuis plus de 20 ans ; il est venu tout petit. C’est moi qui lui ai appris le métier. C’est vraiment méchant de vouloir le faire passer pour un policier et un comploteur.’’

Moustapha Diouf, propriétaire du bus : ‘’Je ne sais pas d’où vient ce gros mensonge’’

En fait, chez les complotistes, toute cette affaire ne serait qu’une mise en scène. Dans les heures qui ont suivi l’attaque, des images montées de toutes pièces ont tenté de faire croire qu’en fait, celui qui a été présenté comme le chauffeur du bus et qui a témoigné dans les médias est en réalité un policier en poste au Commissariat de Point E. Et pour tenter de faire passer ce gros fake-news, on a collé à la photo du chauffeur un homme en tenue de policier pour dire que c’est la même personne. Malgré le teint noir, il se trouve que le policier en question n’est autre que le Commissaire El Hadj Cheikh Dramé qui dirige le Commissariat central de Dakar.

Mais comment l’Etat utiliserait-il un policier et le faire témoigner dans les médias dans une ‘’machination’’ aussi grave ? La manipulation pue à mille lieues. Mais pour certains, la vérité semble peu importer. L’essentiel étant de passer le temps à jeter l’opprobre sur des citoyens qu’ils ne connaissent ni d’Adam ni d’Eve.

Né à Baol en 1964, Moustapha Diouf est un transporteur établi à Dakar depuis 1987. A son actif, il y a des bus communément appelés ‘’Tata’’, des ‘’cars rapide’’ et des ‘’ndiaga ndiaye’’ et même des camions. Au moment des faits, il était dans son garage sis à Poste Thiaroye. Il explique : ‘’Le chauffeur m’a appelé pour me dire que le bus a été incendié ; j’ai compris alors qu’il n’en restait rien. J’étais dans mon garage au niveau de Poste Thiaroye. C’est en tenue que je me suis rendu sur les lieux… En cours de route, j’ai appelé un de mes partenaires du nom de Aliou pour l’informer ; il m’a dit de l’attendre pour qu’on y aille ensemble. Une fois sur place avec Aliou, on a trouvé plein de sapeurs-pompiers, plein de gendarmes et de policiers. Par la suite, le ministre et les médias sont venus. Je me demande comment on peut créer des choses dans ces circonstances. C’est totalement absurde’’, s’insurge le membre du GIE Les ressortissants du Walo qui exploitent la ligne 65, ralliant Kounoune dans le département de Rufisque à Colobane à Dakar, via Yarakh.

Mbaye Amar, président d’AFTU : ‘’Les corps et les blessés ont été évacués devant moi’’

A l’instar de Monsieur Diouf, le président de l’Association des professionnels pour le financement du transport urbain (AFTU), Mbaye Amar, se désole profondément de ces accusations qu’il juge puériles et sans fondements. ‘’Je me demandais même si cela vaut la peine d’y répondre. Si dans ce pays, on préfère croire à des moins que rien, on n’y peut absolument rien, on n’y peut absolument rien. De toute façon, tout le monde sait que nous, même Macky Sall ne peut nous faire faire certaines bassesses, parce que nous sommes des Sénégalais et tout le monde nous connait dans ce pays. Il faut vraiment qu’on arrête’’, peste le président des transporteurs de AFTU.

A l’en croire, il a fait partie des premières personnes informées et il l’a été par un des surveillants positionnés sur le secteur. ‘’Je crois que j’ai été au courant avant même le ministre. J’ai voulu venir immédiatement, mais on m’en a déconseillé, parce que la zone n’était pas sécurisée. Par la suite, quand les forces de l’ordre ont été déployées, on m’a informé et je me suis déplacé. C’est devant moi que les corps ont été acheminés à l’hôpital. Aussi, des riverains qui ont été témoins de la scène ont également témoigné dans les médias à visage découvert. Qu’est-ce qu’on veut de plus ?’’, s’étrangle le transporteur.

Par ailleurs, il convient de préciser que cet acte n’est pas tombé ex nihilo. Depuis deux jours, des pages décrètent dans les réseaux sociaux une ville morte. Pour matérialiser un tel projet, ils donnent également des instructions allant dans le sens d’incendier toutes voitures qui passeraient outre ces instructions. C’est dans ce contexte qu’il y a eu l’attaque de Yarakh et d’autres, dont trois enregistrés à Thiès, selon la RFM.

Le propriétaire du bus de la ligne 65 incendiée à Yarakh appelle à savoir raison garder. ‘’Il faut savoir que ce pays nous appartient à nous tous. Nous n’avons pas intérêt à le détruire ; il faut le préserver pour nos enfants et petits-enfants. Comme nos ancêtres l’ont fait pour nous. Ces bus qu’ils sont en train d’incendier appartiennent à des Sénégalais, des gorgorlus qui ont travaillé toute leur vie pour avoir ces bus ; ils n’appartiennent pas à l’Etat. Nous ne sommes affiliés à aucun parti politique. Et puis, les bus, ce sont les Sénégalais qui les prennent. Je pense qu’il faut revenir à la raison.’’

MOUSSA SAM DAFF, DIRECTEUR DE L’HÖPITAL DALLAL JAMM

Ce que l’on sait sur les personnes annoncées mortes

Cela dit, la question qui se pose est de savoir où se trouvent les personnes annoncées comme mortes ? Où se trouvent leurs familles ? Des questions légitimes que certains n’ont pas manqué de poser dans cette grande confusion savamment orchestrée. A la suite de du Président d’AFTU, Mbaye Amar, et de nombreux autres témoins qui ont déclaré avoir été témoins des faits, EnQuête a joint le directeur de l’hôpital Dalal Jamm pour plus amples informations. Moussa Sam Daff confirme : ‘’Il y a effectivement deux corps sans vie complétement calcinés qui ont été amenés à l’hôpital Dalal Jamm par les sapeurs-pompiers aux environs de 18H30-19H00. Pour ce qui est des blessés, ils ne sont pas chez nous.’’

A la question de savoir si les corps ont été identifiés et si les familles ont été retrouvées, il rétorque : ‘’L’identification est en cours ; je pense que c’est au niveau de la Gendarmerie de Thiaroye qu’il va falloir se renseigner, parce que l’enquête suit son cours. Notre rôle, au niveau de l’hôpital, c’est la garde des corps. C’est l’enquête qui se charge du reste, notamment de l’identification des victimes. Il faudra vérifier du côté de la Gendarmerie.’’ Ce qu’il peut certifier, par contre, c’est que les corps sont toujours dans son hôpital. Interpellé sur le sexe des victimes, il déclare : ‘’Le préposé à la morgue m’a dit que c’est des victimes de sexe féminin, c’est ce que le préposé à la morgue m’a dit. Maintenant, l’état de calcination des corps ne nous permet pas de donner plus de détails.’’

EnQuête a essayé d’entrer en contact avec la Gendarmerie pour s’enquérir de l’état d’avancement de l’enquête, mais en vain. Le jour du drame, le receveur avait déclaré avoir reconnu parmi les victimes une vieille dame ; l’autre semblait être une personne moins âgée, même s’il ne peut donner plus de détails à cause de l’état dans lequel les corps se trouvaient.

MOR AMAR

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