Publié le 9 Jan 2020 - 19:46
BEN AYLON, PERCUSSIONNISTE

L’Israélien héritier de Doudou Ndiaye Rose

 

Ben Aylon est un artiste percussionniste israélien qui révolutionne le ‘’sabar’’ sénégalais. Disciple de feu Doudou Ndiaye Rose, il a su développer son propre style. ‘’Le One man tribe’’ joue en solo plusieurs tambours à la fois, créant une synthèse de sonorités massive et agréable.

 

Une fois n’est pas coutume, un Blanc qui joue du tam-tam avec une parfaite maitrise des sonorités et des rythmes. Ben Aylon est un percussionniste israélien qui a effectué de nombreux voyages pour avoir un certain niveau. Cette quête l'a mené d’abord en Guinée, puis en Gambie. Expulsé sans raison, dit-il, par l'ex-président Yahya Jammeh du territoire gambien, il décide de déposer ses baluchons au Sénégal où il découvre un tam-tam différent, que l’on appelle ici le ‘’sabar’’. L’instrument le happe. Il n’y résiste point et veut l’apprivoiser. Il prend ses premiers cours en 2010. Il a du bol, puisqu’il est initié par l’une des plus grandes familles griottes du pays et détentrices de cet art.

En effet, il était l’élève de fils et petits-fils de l’inégalable tambour-major feu Doudou Ndiaye Rose.

Après cette formation, il rentre chez lui, en Israël, et continue d’affiner son art en suivant successivement des vidéos de prestation du regretté Doudou Ndiaye Rose. Ce qui n’a pas été facile. ‘’Cela m’a pris des années d’entrainement. Chaque jour, je regarde une vidéo de Doudou Ndiaye Coumba Rose, avant de passer à la répétition. En m’entraînant, j’enregistre ce que je fais pour écouter le résultat final, afin de pouvoir apporter des améliorations. Je me suis tellement entraîné que je n’ai plus besoin de réfléchir quand je bats le tam-tam. Je suis arrivé à un niveau où je joue de manière instinctive’’, explique-t-il.   

Ainsi, avec le cumul de ses différentes expériences, il arrive à produire une synthèse de rythmes sénégalais et de la sous-région. Le plus intéressant, c’est qu’il y apporte sa touche personnelle. Il y arrive aisément, parce qu’au-delà de ses origines étrangères et ses nombreuses recherches et son riche vécu, Ben Aylon est un batteur. Il maitrise la batterie autant que le tam-tam. Pour parfaire son art, il manie plusieurs instruments traditionnels africains dont il allie les rythmes. Il est entre le ‘’djundjun’’, ‘’le djembé’’ ou le ‘’mbeung mbeung’’, tout en conservant sa batterie.   

Une régénération qui rend les sons des tambours beaucoup plus agréables à l'oreille. Son style est, en réalité, une révolution de la percussion africaine. Mieux, ce que les batteurs de tam-tams traditionnels font en groupes de plusieurs personnes, lui, il parvient à le réaliser tout seul. C‘est ainsi qu’il se fait appeler ‘’One man tribe’’ (Un homme, une tribu). Il dit également que ce nom de scène est en partie tiré de son nom et serait inspiré du wolof. Ben, son prénom, signifie, en langue wolof, un. Un comme il l’est souvent sur scène, même s’il arrive à réussir une performance qu’une cinquantaine de batteurs de tam-tams devaient normalement assurer. Ce qui suscite l’admiration du public après chacun de ses spectacles.

Ben arrive même à éblouir les Africains ! Le disciple de feu Doudou Ndiaye Rose a de la cote auprès des Sénégalais. Sa parfaite maîtrise des instruments de musique typiquement africains, fait qu’il ne passe pas inaperçu partout où il passe dans ce pays et suscite la curiosité. Il en est de même en Israël où l’intérêt est double. Beaucoup découvrent le ‘’sabar’’ et ses rythmes à travers ses spectacles. Ils font ainsi naître une curiosité grandissante et poussent le public à vouloir découvrir les sonorités traditionnelles sénégalaises. ‘’C’est une surprise pour le public israélien, car ils ne connaissent pas ça. Moi, je joue du ‘sabar’ certes, mais d’une façon un peu plus moderne. L’aperçu que je donne aux Israéliens du ‘sabar’ moderne leur donne envie de découvrir le traditionnel’’, dit-il.

Au Sénégal, Ben AyIon a eu à collaborer avec des artistes comme Didier Awadi et Omar Pène.

MASTERCLASS DE BEN AYLON 

Les pensionnaires de l’école des arts sous le charme

L’Israélien Ben Aylon, disciple de feu Doudou Ndiaye Coumba Rose, est à Dakar depuis quelques jours, sur invitation de l’ambassade d’Israël au Sénégal. A cette occasion, il mène différentes activités et partage les résultats de ses recherches. Il propose une amélioration du tambourinage africain. Il a partagé les résultats de son test avec les étudiants de l’Ecole nationale des arts.

 

‘’Retourner là où on a appris ce qu’on fait est une sorte d’évaluation’’. Cela peut également être une sorte d’hommage, a-t-on envie de dire à Ben Aylon. Il est artiste, percussionniste israélien et a appris à taper le tam-tam avec la famille de feu Doudou Ndiaye Coumba Rose qu’il considère comme son maître. Sa séance d’évaluation, il l’a sans doute eue lundi dernier, car il était l’invité des héritiers du regretté tambour-major.

Oui, Ben Aylon est à Dakar, sur invitation de l’ambassade d’Israël au Sénégal. Depuis, il enchaine les rencontres. Il animait, hier, un spectacle à la résidence de l’ambassadeur Roi Rosenbilt, à Dakar.  Des occasions pour lui de présenter ses créations. Il va passer deux semaines au ‘’Pays de la teranga’’.  Avant-hier, Ben Aylon a offert une prestation à l’Ecole nationale des arts (ENA). Il a rencontré et échangé avec les étudiants de cette institution.

Une rencontre jugée enrichissante par les hôtes de l’artiste. Mardi dernier, Ben Aylon a, en effet, impressionné tout le public qui le suivait bouche-bée. Assis devant plusieurs instruments traditionnels africains, concentré au maximum, le ‘’One man tribe’’ utilise ses deux mains et pieds, pour parvenir à produire des sons intenses et harmonisés. Ainsi, inspiré par la tradition des batteurs africains en général et sénégalais en particulier, Ben Aylon a développé un style unique et une technique innovante lui permettant de jouer 10 tambours et instruments de percussion différents, en créant simultanément le son massif d'une tribu entière de batteurs.

L’ancien batteur de batterie a interprété le ‘’Baak’’ (rythme joué à l’arène pour des lutteurs), le ‘’Sabar’’ et le ‘’Taanber’’, et joue d’autres sonorités. Pour chaque morceau, M. Aylon a pris la peine de montrer d’abord le son original - ou traditionnel - avant de présenter l’amélioration apportée. Une belle et époustouflante prestation qui a fait danser une bonne partie des étudiants.

Pour terminer en beauté, des batteurs de tam-tams se sont joints à lui pour une prestation en groupe.

Cette rencontre entre l’artiste israélien et les étudiants de l’ENA est satisfaisante, d’après les formateurs de cet établissement.  Ils ont d’ailleurs un projet en tête.  ‘’C’est un grande première. Voir un Israélien venir faire une exploitation de nos valeurs culturelles et en faire une synthèse de musiques, c’est vraiment formidable’’, a magnifié le formateur en psychopédagogie Abdoulaye Wellé. Le directeur des études et stages à l’Ecole nationale des arts d’ajouter : ‘’Ça montre les possibilités de franchir les frontières à partir de la culture, qui est un vecteur de symbiose. La culture permet d’unir les peuples. La prestation de M. Aylon est une invite aussi pour l’Ecole nationale des arts à s’ouvrir à d’autres cultures.’’

C’est le même son de cloche chez les élèves de cet établissement. L’histoire de Ben Aylon les inspire. Ils souhaitent, eux aussi, voyager afin de s’ouvrir à des horizons nouveaux et explorer les passibilités de pouvoir mixer ce qu’ils ont acquis ici avec des connaissances occidentales.

La venue de M. Aylon témoigne également que le partenariat interculturel entre le Sénégal et Israël se fortifie de plus en plus. Il y a quelques mois seulement, l’artiste caricaturiste israélien, Michel Kichka, était à Dakar, dans le cadre d’une visite d’échanges culturels et professionnels, sur invitation de l’ambassade de son pays au Sénégal.

BABACAR SY SEYE (STAGIAIRE)

 

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