Publié le 11 Aug 2017 - 21:29
CONDAMNE A PERPETUITE

Habré n’a pas dit son dernier mot 

 

Pour les avocats de l’ancien président tchadien Hissène Habré, il n’y a aucun doute que la justice sénégalaise a été instrumentalisée, lors du procès. La partialité de l’Etat du Sénégal, dans ce dossier, par l’implication directe et flagrante du ministre de la Justice Sidiki Kaba, n’est plus à démontrer, déclarent-ils. Dans un communiqué parvenu à ‘’EnQuête’’, les avocats qualifient le ministre de politicien qui, selon eux, s’est toujours ingénié à ériger des obstacles pour gêner Habré dans l’exercice de sa liberté et d’accéder ainsi à un jugement objectif et équitable.

Leur sentiment est renforcé par le pourvoi en cassation déposé à la Cour suprême qui, par la suite, l’a déclaré irrecevable. ‘’Que dire d’un système judiciaire dont les principes de fonctionnement favorisent la culture de relations complaisantes entretenues par le mutisme ou la langue de bois, alors que ses acteurs, censés exercer leur activité à l’abri de toute pression, ont le devoir de protéger les citoyens contre l’arbitraire, d’où qu’il procède, défendre et assurer à tous les justiciables le droit à un recours juridictionnel efficace ?’’, fulminent Mes Ibrahima Diawara et Alioune Cissé.

Car, à la suite du verdict prononcé par la Chambre  d’appel, de la culpabilité de Hissène Habré, les avocats avaient considéré, selon les dispositions de la Constitution sénégalaise, que l’arrêt rendu, en l’occurrence, par cette juridiction qui émane des Chambres africaines extraordinaires, pouvait bien faire l’objet d’un pourvoi en cassation devant la Cour suprême. Car, d’après eux, l’article premier de la loi organique n°2017-09 du 17 janvier 2017 sur la Cour suprême dispose, en son premier alinéa, que la Cour suprême se prononce sur les pourvois en cassation dirigés contre les jugements et arrêts rendus en dernier ressort par toutes les juridictions. Ils notent, par le refus de la cour de recevoir le pourvoi de leur client, une violation flagrante d’une prérogative consacrée par la Constitution sénégalaise.

Dans le même communiqué, les avocats soulignent que les Cae ne pouvant pas rendre une décision ultime, il revient alors à la Cour suprême de procéder, en cas de saisine par pourvoi en cassation, à un contrôle de la légalité de leurs décisions rendues en dernier ressort. Nul doute, que les Cae ont été créées, toujours selon le même communiqué, au sein de l’ordonnancement du système juridique sénégalais, ce qui traduit que leur fonctionnement est soumis à la législation sénégalaise. De la sorte, il est juste de dire que les décisions des Cae sont, de façon fondée, placées sous le contrôle de la Cour suprême du Sénégal.

Ainsi, dans l’exercice légal et légitime d’un droit à utiliser une voie de recours, les avocats du président Hissène Habré se sont heurtés au refus catégorique de l’administrateur en charge du greffe de la Cour suprême, qui a refusé d’enregistrer le pourvoi en cassation qu’ils ont formé et déposé en ses bureaux, au nom et pour le compte de leur mandant. Pour les avocats, cet agent ne peut en aucune circonstance être leur interlocuteur, parce qu’il est placé sous autorité hiérarchique.

Me Ibrahima Diawara et Me Alioune Cissé estiment, par ailleurs, que leur client est arbitrairement privé de sa liberté d’aller et de venir, et promettent, en conséquence, de poursuivre le combat.

Habré, l’ex-homme fort de Ndjamena, n’a pas encore dit son dernier mot… 

Lamine DIAGNE (Stagiaire)

 

Section: 
LOTISSEMENT DE MBOUR 4 : Le gouvernement accélère la restructuration
FACULTÉ DE MÉDECINE UCAD : Le symbole de l’intégration
40 MILLE VICTIMES - 2,5 MILLIARDS FCFA DÉTOURNÉS : Une fraude géante mise à nu
MINUSCA : Un militaire sénégalais tué, sept autres blessés en Centrafrique
INTERPELLÉS HIER PAR LES LIMIERS DE GRAND YOFF : « Gendarme Sow » et « policier Diop » dépouillaient les commerçants
SOLIDARITÉ ISLAMIQUE : L’héritage unificateur de Seydina Limamou Lahi
TRAFIC DE DROGUE, BLANCHIMENT D’ARGENT, FINANCEMENT DU TERRORISEME… Les acteurs de la lutte contre le crime organisé peaufinent leur stratégie à Dakar
FACE AUX ATTAQUES ARMÉES DES VOLEURS DE BÉTAILS : Les éleveurs de Simbandi Brassou réclament justice et protection de leurs biens
SAINT-LOUIS : DÉMATÉRIALISATION DES COMMANDES PUBLIQUES : La plateforme “Appel” présentée aux acteurs de la zone Nord
COMMERCIALISATION DES PRODUITS SOFTCARE : La mission parlementaire entame les auditions
FONDEMENTS ÉTHIQUES : La solidarité comme projet de civilisation à Diamalaye
DIPLÔMES DES BACHELIERS DE 2018 RETENUS PAR DES ÉCOLES PRIVÉES : L’annonce de la fin du calvaire des étudiants
Saisie de chanvre à Fatick
ANSD
Pénurie d’eau
Université Sine Saloum
Journée sociale à Touba Ndindy
JOURNEE SANS PRESSE ET POLEMIQUE POLITIQUE : Le CDEPS dément Cheikh Bara Ndiaye
MANIFESTATION DANS LA SOLIDARITÉ : Ce que Baye Laye disait dans ses sermons
LUTTE CONTRE LES VBG : La CNDH et l’Institut des inégalités de Catalogne misent sur le partage des bonnes pratiques