Publié le 21 Jul 2013 - 12:42
CONDANME A 12 ANS DE TRAVAUX FORCES POUR MEURTRE PASSIONNE

Il file “l’amant” de sa femme et le tue à la machette

 

Condamné à 15 ans de travaux forcés par la Cour d’assises de Saint-Louis, Saïdou Diallo a bénéficié d’une réduction de peine de trois ans, vendredi. La Cour d’assises d’appel de Dakar a disqualifié les faits d’assassinat en meurtre.

A cause de sa jalousie maladive, Saïdou Diallo est devenu un meurtrier. De ce fait, il croupit en prison, depuis le 27 juillet 2007, soit près de six ans. Il devra y rester jusqu’en 2019. Hier, il a tout fait pour obtenir une réduction de peine. Car, à côté de ses arguments de défense, il est même allé jusqu’à s’engager à indemniser la famille de la victime. La Cour d’assises d’appel de Dakar a répondu favorablement à sa demande, en infirmant l’arrêt de la Cour d’assises de Saint-Louis dans toutes ses dispositions. Car, le président Mamady Diané et ses assesseurs ont disqualifié l’assassinat en meurtre. La peine de 15 ans de travaux forcés a été réduite à 12 ans. Six autres années pour le berger perdu par sa jalousie maladie. Une jalousie qui l’a poussé à mettre fin aux jours de Moussa Sow. La victime s’apprêtait à se marier

Habitant à Niassanté, communauté rurale de Mbane dans le département de Dagana, Moussa Sow s’apprêtait à convoler en noces. Le jour du drame, il avait pris congé de son père pour accompagner le nommé Amadou Sy qui était à la recherche du cheval de son oncle. En partant, le jeune berger promit à son père de discuter de son projet de mariage, à son retour. Cette discussion n’aura jamais lieu, encore moins le mariage. Car le futur marié trouva la mort en chemin. Il est décédé suite aux coups de couteau que lui a assénés Saïdou Diallo. L’assassin le soupçonnait de courtiser sa seconde épouse, laquelle dame l’avait abandonné depuis deux ans et vivait chez ses parents.

Mais ce 21 août, Saïdou Diallo avait rendu visite à sa femme, dans l’espoir de la convaincre de retourner au domicile conjugal. Mais voilà que ses plans sont contrariés par Moussa Sow qui débarqua, après la prière du crépuscule. Si les proches de la victime ont allégué que cette dernière cherchait un cheval, l’accusé a avancé que le défunt cherchait plutôt sa femme. Mais sa présence et sa jalousie ont fait que son épouse l’a ignoré.

Quoi qu’il en soit, lorsque Moussa Sow et son compagnon Amadou Sy sont retournés sur leurs pas, Saïdou Diallo les a suivis pour commettre son forfait. ‘’ Je l’ai interpellé pour savoir les raisons de sa présence chez ma femme et subitement il a sorti son coupe-coupe pour me frapper. L’arme est tombée et je l’ai ramassée pour le frapper’’, a confié l’accusé. Et d’ajouter : ‘’J’ai agi sous le coup de la colère, car j’étais énervé et très en colère à cause de son mépris’’.

‘’Rien ne serait arrivé, s’il n’avait pas dragué ma femme’’

Aussi le mari cocu a-t-il tenté de se dédouaner, en soutenant que rien ne serait arrivé si la victime ne s’était pas approchée de son ex-épouse. Pour étayer ses propos, il déclaré avoir surpris en flagrant délit d’adultère la victime et sa seconde épouse. ‘’En 2006, je les ai surpris et j’avais même décidé d’aller à la gendarmerie, mais on a réglé l’affaire à l’amiable’’. Il a ajouté avoir déménagé, mais la victime a continué à faire la cour à sa femme. ‘’Il m’a rejoint au nouveau campement où j’avais déménagé et il avait même acheté des perles et des habits à mon épouse’’. Cependant, d’après l’ex-épouse de l’accusé, le mobile du crime avancé par celui-ci ne tient pas la route. ''Je ne connais pas Moussa. Il n’a jamais été mon amant et je ne l’ai jamais vu. Mon mari est extrêmement jaloux. Il était venu chercher son cheval et mon mari l’a poursuivi à bord d’une charrette pour lui asséner des coups’’, a-t-elle témoigné. Amadou Sy qui accompagnait Moussa Sow et le père de la victime ont abondé dans le sens. Ils ont soutenu n’avoir jamais été au courant d’une relation adultérine entre la victime et l’épouse de l’accusé.

Pour Me El Hadj Mame Gningue, cette relation a bel et bien existé, sinon rien ne justifie l’acte de son client. ‘’Il a été traumatisé par ce qui s’est passé en 2006’’, a-t-il appuyé, avant de demander une disqualification des faits en coups mortels. Pour le substitut général, Ibrahima Bakhoum, Saïdou Diallo a prémédité son acte. Il a trouvé que les juges de Saint- Louis ont été ‘’éminemment bienveillants’’. Il a même regretté que le parquet général n’ait pas relevé appel, sinon il allait demander que la peine soit ‘’aggravée’’.

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