Publié le 22 Apr 2021 - 17:41
CONSEIL PRESIDENTIEL SUR L’INSERTION ET L’EMPLOI DES JEUNES

La DER doit changer radicalement de paradigme !

 

La Délégation à l’Entreprenariat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ), objet de toutes les critiques ces derniers jours devait pourtant recevoir des encouragements car le travail que l’équipe de la DER a abattu est acceptable à tout point de vue. En effet, la DER/FJ, qui est une nouvelle expérience découlant de l’esprit créatif et lucide du Président Macky SALL, n’avait aucun socle, aucun appui à sa création puisque aucune structure ne jouait un rôle semblable à celui que joue la DER actuellement.

La DER n’est pas une version ressuscitée de  la FNPJ, ni de l’ANEJ encore moins de l’AJEB. Cette nouveauté fait que la DER devait inventer ses méthodes de prospection et d’actions.

Cependant, si la DER veut être au  cœur du Programme d’Urgence pour l’Emploi et l’Insertion Socio-économique des jeunes doté d’une enveloppe de 450 milliards de nos francs sur 3 ans, il faut qu’elle change radicalement d’approche. Ainsi, le changement paradigmatique auquel, je convie la DER, repose sur un déploiement d’équipe mobile de la DER sur le terrain à la rencontre des sénégalaises et des sénégalais. Une telle approche permettra à la DER d’avoir des échanges dynamiques avec la jeunesse dans son ensemble, de constituer une base de données solide et de faire de l’entrepreneuriat de masse en suscitant une effervescence entrepreneuriale.

En outre, les jeunes chômeurs sont loin de constituer un groupe homogène, c’est pour cette raison que les outils en lignes de la DER ont une portée limitée, puisque non seulement la fracture numérique (47% de la population a accès à internet, soit 7,26 millions de sénégalais)  est une réalité dans notre pays mais également une bonne partie des jeunes ayant moins de 35 ans ne peuvent pas utiliser correctement ces outils numériques à cause notamment de la faiblesse de leur niveau d’instruction (le taux d'analphabétisme demeure encore élevé 54,6%, malgré des progrès réalisés ces deux dernières décennies dans ce domaine au Sénégal. ANSD, RGPHAE 2013).

Donc l’hétérogénéité de la jeunesse doit être prise en compte dans le financement de l’entreprenariat puisque le devoir de la DER qui est une entité étatique reste d'assurer l'égalité des chances, en luttant contre l'exclusion et en favorisant l'égal accès aux ressources financières et techniques dont elle dispose.

En effet, les vendeurs de cacahuètes, de cafés Touba, de sachets d’eau, de chaussettes, de coupe ongles, de mouchoirs à jeter, de stylos, de jus, de « thiakri » et de masque etc. ne doivent pas être des laissés-pour-compte durant l’opérationnalisation du Programme d’Urgence pour l’emploi et l’insertion socio-économique des jeunes. Ce sont des sénégalais, qui chaque jour sont à la recherche de la dépense quotidienne, c’est pourquoi, ils sont dans la rue à vendre tout ce qui peut leur rapporter cette dépense. L’avantage de cette catégorie de sénégalais, c’est qu’ils ont déjà entrepris leurs propres business, il faut juste les appuyer un peu contrairement à la grande majorité des jeunes qui s’inscrive dans la plateforme de la DER. Ces jeunes dans la plupart des cas n’ont jamais entrepris malgré les business plans bien rédigés qu’ils déposent. Je suis convaincu qu’en adoptant une démarche de proximité axée sur des descentes de terrain, la DER va créer un dynamisme entrepreneurial avec des interventions plus rapides.

D’ailleurs l’option de Son Excellence, le Président Macky SALL de créer des guichets uniques dénommés Pôle-Emploi avec les représentants des structures dédiées (DER/FJ, ANPEJ, FONGIP etc.) dans les 45 départements du Sénégal, répond à un souci  proximité et de territorialisation mais également à un souci de cohérence dans l’action.

C’est pour cette raison d’ailleurs, que je pense que les structures dédiées à l’emploi, l’insertion et au financement de l’entreprenariat des jeunes et des PME (DER/FJ, ANPEJ, FONGIP, etc.) doivent adopter une démarche pragmatique en étroite coopération en procédant à la création d’un registre unique au niveau national, cela permettra une certaine interopérabilité des différentes plateformes pour tenir compte de l’interaction de ces structures.

Pour terminer, je pense nous vivons certes des temps difficiles, mais ce sont aussi des temps riches de promesses, riches de possibilités car le Programme d’Urgence pour l’emploi et l’insertion socio-économique des jeunes sera un puissant accélérateur de changements, un véritable générateur d'ambitions puisque la volonté du Président de la République, Macky SALL d’augmenter les ressources allouées aux programmes dédiés à la formation, à l’insertion, à l’entreprenariat des jeunes matérialise sa ferme résolution d’aider plus intensément sa jeunesse.

Chers jeunes du Sénégal, chers jeunes des villes, chers jeunes des campagnes remémorons-nous chaque jour, ces mots du Président de la République lors de la réception du Prix Sunhak pour la paix 2020 : «  J’aimerais dire à ma jeunesse, il faut qu’elle croie en elle-même, qu’elle croit en ses capacités de réussite. Je crois ce qui est le plus essentiel, c’est que la jeunesse ne doit pas perdre espoir. Nous autres, nous sommes là pour apporter les facilités, les formés, l’école… On n’a pas le droit de désespérer quelles que soient les difficultés, il faut qu’on comprenne que ça fait partie de notre passage sur terre. Donc, il faut quelles que soient les situations, garder l’espoir et avoir confiance en l’avenir. »

Chers jeunes portons donc l’espoir en bandoulière et avançons sereinement vers l’avenir  !

Mamadou NIANG, Consultant à Globe International

Responsable des Jeunes Républicains à Bakel

 

Section: 
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel
De grâce ne nous faites pas ça !
SONKO MOY DIOMAYE - DIOMAYE MOY SONKO : C’est le difficile qui est le chemin
Vous n’avez même pas honte : récit d’une fraternité trahie
Refus de l’intangibilité absolue du titre foncier et fondement juridique d’une politique de récupération des biens publics irrégulièrement appropriés
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles
Les mineurs artisanaux africains méritent le développement, pas l’effacement
LE SÉNÉGAL DEVANT UN DÉTROIT D’ORMUZ FINANCIER : Explication métaphorique des TRS
L’ÉCONOMIE DES SOINS : Une condition d’autonomisation économique des femmes et de prospérité partagée au Sénégal
SÉNÉGAL–FMI Entre souveraineté proclamée et dépendance réelle
SONKO–DIOMAYE : Pourquoi la coopération vaut mieux que la rivalité
UNE DÉCISION JURIDIQUEMENT INDÉFENDABLE Pourquoi le Tribunal Arbitral du Sport annulera le forfait infligé au Sénégal
Qui dirige le Sénégal ?
NOS RESSOURCES NE DOIVENT PLUS ENRICHIR LES AUTRES. “L’Afrique doit servir d’abord les Africains”
DIOMAYE–SONKO ET LA TECTONIQUE DU POUVOIR : Quand les fissures du sommet traversent l’État
LA PAGE DE “L’AFFAIRE SOFTCARE” TOURNÉE : Les consommatrices soulagées
SÉNÉGAL : De nouveau sur la nécessaire et urgente refondation des institutions
(SUR)IMPOSITION DES RAPPELS DES ENSEIGNANTS, ENTRE FANTASMES, AMALGAMES ET COMMUNICATION HASARDEUSE : Des solutions à portée
PAYER LA BOURSE, STABILISER LE CALENDRIER UNIVERSITAIRE La réforme de l’enseignement supérieur et le défi du service public
Pour un Nouveau Modèle Pédagogique des Programmes d’Enseignement dans les Universités et des Instituts Supérieurs de Formation au Sénégal.