Publié le 27 May 2013 - 00:15
DESTRUCTION DE GARAGE AUTO SERVICE SUR LA VDN

 Près de 80 millions perdus

 

Ibrahima Kane n’en croit pas ses yeux. Le propriétaire du Garage Auto service (GAS) est anesthésié par la démolition de son entreprise de mécanique, par les services de  la préfecture de Dakar. De ce garage ultra moderne qui était situé devant le Centre de formation professionnelle technique (CFPT) Sénégal-Japon, il ne reste que des tas de débris.

 

 Rien n’a été épargné par les bulldozers qui, appuyés par un important dispositif sécuritaire, n’ont pas eu d’état d’âme. Impuissants, les travailleurs ont tenté de sauver ce qui pouvait l'être. Il est en effet reproché au patron du GAS d’avoir illégalement occupé la voie publique. Ce que conteste Ibrahima qui dit avoir s’être prémunie administrativement. ''Quand j’ai eu ce projet, raconte-t-il, j’ai été voir les services de la mairie de Grand Yoff, mais ils m’ont orienté vers le directeur du CFPT. Ce dernier m’a donné l’autorisation.  Ensuite, nous avons signé une convention de collaboration entre ma société, l’école et le ministère de la Formation professionnelle. Dans la convention, nous devions recruter des stagiaires qui devaient passer 4 heures par semaine au garage''.

 

Une fois cette convention signée, Ibrahima va alors investir ''80 millions sur fonds propres''. Ce coûteux investissement connaîtra ses premiers impairs en août 2012. ''J’ai été convoqué à la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation des sols (DESCOS). On m’a demandé le titre d’occupation. Je leur ai fait savoir que j’ai une convention. On m’a dit qu’elle est nulle et non avenue parce que le directeur n’a pas le droit de m'autoriser à m'installer sur les lieux'', raconte-t-il avec dépit. «Je ne peux pas comprendre qu’ils fassent fi de la signature d’un ministre. Ensuite, je leur ai dit qu’un citoyen sénégalais qui a investi sur un terrain appartenant à l’État du Sénégal ne peut être déguerpi que s’il est sur la voie publique où si c’est pour une utilité publique''.

 

  Ce qui n’est pas le cas, selon lui. La colère de Ibrahima est d’autant plus grande qu’il dit n’avoir reçu aucune sommation. ''Même si c’était pour une utilité publique,  l’État devait aller au tribunal, sommer un juge pour me demander de quitter les lieux. Mais jusqu’au moment où nous sommes, je n’ai pas reçu de document. Quand j’ai interpellé le sous-préfet, il m’a dit qu’il n’a aucun document», dénonce-t-il.

 

''Je vais porter plainte contre l’État et contre tout ceux qui ont participé à cette opération''

 

''C’est faux !'',  a rétorqué le sous-préfet de Dakar qui se tenait juste à côté. ''Nous lui avons remis sa sommation, depuis le mois d’octobre'', a-t-il  affirmé à EnQuête. Le ton monte. Les nerfs se chauffent. Mais Ibrahima maintient sa  déclaration et demande au sous-préfet de lui montrer un «acte» autorisant sa décision. Pour interrompre la polémique, le commandant de la gendarmerie demande au sous-préfet de venir le rejoindre. Déterminé à aller jusqu’à bout de ces opérations, M. Ndao déclare : «Vous allez voir tout à l’heure si l’État a le droit ou pas de démolir ces installations». A peine a-t-il fini de nous parler, que les bulldozers détruisent le mur qui clôture l’école de formation ainsi qu’une boutique de céramique.

 

 La scène est apocalyptique. Les 16 employés que compte le GAS n’ont d’autres choix que de ruminer leur colère. Mais Ibrahima, lui, ne compte pas se résigner. Avec son appareil, le jeune homme à la casquette noire prend des images de la scène. Il compte attaquer l’État devant les tribunaux. «J’ai pris des huissiers et je vais porter plainte contre l’État et contre tout ceux qui ont participé à cette opération sans un acte formel», promet-le patron du GAS, la rage au cœur. Quid de la responsabilité du directeur du CFPT ? Ibrahima l’accuse de n’avoir pas joué franc-jeu avec lui dans cette affaire.  «C’est lui qui m’a autorisé à m’installer, aujourd’hui, je ne le vois pas». EnQuête a tenté d’avoir la réaction du directeur du CFPT, en vain. Il nous a orienté vers le préfet de Dakar ''pour obtenir des informations''. À 13 heures 30 mn,  tout était rasé.

 

DAOUDA GBAYA

 

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