Publié le 10 Nov 2016 - 07:27
ELECTION-SURPRISE DE DONALD TRUMP

A qui le prochain tour ? Marine Le Pen ?

 

« Tremblement de terre géopolitique », « séisme dans le monde », les réactions outrées sont à profusion. Mais, le fait est là : l’iconoclaste Donald Trump sera le 45ème président des Etats-Unis d’Amérique pour les quatre prochaines années a minima. Celui qui est d’ores-et-déjà affublé du qualificatif peu glorieux de « président raciste, erratique et isolationniste » a déjoué toutes les prévisions qui avaient misé sur Hillary Clinton qui avait la faveur des pronostics.

L’on a pu lire sur la Toile cette description on ne peut plus claire de la situation pré-électorale de cet homme dont on dit que sur un simple coup de tête il pourrait bien appuyer sur le fameux « bouton nucléaire » et provoquer une déflagration internationale synonyme de troisième guerre mondiale.

 Discours atypique voire provocateur

Engagé en politique à partir des années 1980, Donald Trump devient de façon surprenante le candidat du Parti républicain à l'issue des primaires de 2016, qu'il remporte sans avoir jamais détenu jusque-là de mandat électif. Marquée par de nombreuses polémiques, sa campagne se caractérise par des propositions radicales visant à réduire l'immigration, un positionnement isolationniste et protectionniste et une opposition à l'establishment et au politiquement correct. Éloigné du profil habituel des candidats du Parti républicain, Donald Trump représente un cas singulier dans l'histoire politique américaine. Sa victoire à l'élection présidentielle fait l’effet d’une bombe et constitue une très grande surprise qui n’a pas encore de faire couler beaucoup de salive et d’encre.

Pour en revenir à cette élection de Donald Trump, il faut relever que, outre le discours qu’il a tenu aux Américains pendant la campagne électorale, qui est un discours nouveau, atypique voire provocateur, Donald Trump a séduit par sa posture d’anticonformiste qui peut ébranler « le système » et faire vaciller les fondements de l’establishment. Donald Trump résume son orientation par le slogan « L'Amérique d'abord » (« America First »). Il s'oppose aux grands accords de libre-échange tels que l'accord de partenariat transpacifique et le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, estimant qu'ils ne créent pas d’emplois.

Dans une Amérique frappée de plein fouet par le chômage, une promesse de rapatriement des entreprises, une renégociation des accords de libre-échanges pour, entre autres, booster la création d’emplois, ne peut que faire tilt dans les esprits des citoyens Américains. Donald Trump entend renégocier l'ensemble des accords commerciaux internationaux signés par les États-Unis, ou les dénoncer s'il ne les juge pas satisfaisants, en particulier l'Accord de libre-échange nord-américain. Il préconise une réduction de la fiscalité sur les travailleurs et les entreprises américaines. Il se dit « très fier » de présenter « la plus grande réduction d'impôts depuis Ronald Reagan ». Donald Trump a déclaré lors de l’annonce de sa candidature : « L'Amérique a l'habitude de connaître des victoires, mais ce n’est plus le cas ». Pour un peuple de « winners » qui aiment toujours gagner, ceci n’est pas rien.

‘’La Grande Amérique’’

 Sur le plan de la santé, Donald Trump n'est opposé ni au Medicare ni au Medicaid : il explique que sous sa présidence, les États-Unis seront « si riches » qu’il sera inutile de les remettre en cause. Des formules-choc qui ne laissent pas indifférent au pays de l’Oncle Sam. Comme slogan de campagne pour « vendre » le ticket Donald Trump-Mike Pence, respectivement comme président et vice-président, il a fallu trouver des mots qui rappellent « la Grande Amérique ». Cela a donné le fameux : « Trump-Pence : make America great again ! »

Maintenant, même si l’on se borne à dire que cette élection s’est faite contre toute attente, il y a lieu de se demander si les Etats-Unis d’Amérique sont encore prêts à élire une femme à la Maison Blanche ? La question mérite d’être posée si l’on sait que la misogynie dans une société phallocrate et macho à l’envi, peut ne pas apparaitre dans les discours officiels, mais exprimée avec force dans l’isoloir d’un bureau de vote. En tout état de cause, le programme de Donald Trump est constitutif d’un discours neuf, contre « l’ordre établi », qui sort des sentiers battus et qui change un peu les Américains de la continuation d’une certaine façon de faire la politique et de revenir aux vraies valeurs de la vielle Amérique, c’est-à-dire « rendre à l'Amérique sa grandeur et restaurer ses valeurs traditionnelles ».

A présent, l’élection de Donald Trump peut faire des émules, surtout dans un pays comme la France où on note, plus qu’une percée, un rouleau compresseur avec le Front National de Marine Le Pen qui serait aujourd’hui « le premier parti de France ». Interrogés sur leurs motivations pour voter en faveur du Front National, beaucoup de Français, d’âge mûr, ont laissé entendre ceci : « De tout temps nous avons été ballotés de gauche à droite, par la Gauche et la Droite qui se sont alternées au pouvoir avec toujours, à l’arrivée, les mêmes déceptions. Qu’est-ce que ça nous coûte maintenant d’essayer le Front National ? On n’a pas grand-chose à perdre. Au pire des cas, ce sera tout juste une déception de plus ».

Donc, une élection de Marine Le Pen à la présidence de la république française en 2017 ne serait guère une surprise. Les accusations de racisme, d’intolérance ou de xénophobie faites à l’encontre de la fille de Jean-Marie Le Pen ne semblent pas compter pour les Français qui refusent cette diabolisation de celle qui à l’état-civil a comme véritable nom Marion Anne Perrine Le Pen.

En dernière instance, en dépit des discours de circonstance et des positions officielles, ce sont bien les Français qui votent en masse pour le Front National. Tout comme ce sont bien les Américains qui ont voté pour Donald Trump. Ont-ils raison ou tort ? L’avenir nous le dira. Vox populi vox Dei. Dans ce monde qui marche par la tête et où tous les repères sont brouillés, notre pays n’étant pas épargné, une candidature suivie d’une élection d’El Hadji Diouf (pas l’avocat mais le footballeur) à la présidence de la république du Sénégal est dans l’ordre du possible. Le « bad boy » n’a-t-il pas d’ores-et-déjà déclaré qu’il est candidat à la mairie de Saint-Louis ? Un tremplin pour se hisser après au sommet. L’appétit vient en mangeant.

Pape SAMB

 

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