Publié le 24 Jun 2026 - 12:14
ENFANTS DANS LES CONFLITS  

Un niveau record de violations enregistré en 2025

 

Le rapport annuel des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés dresse un constat alarmant pour l’année 2025, marquée par un niveau record de violations graves. Avec plus de 38.000 cas vérifiés affectant des dizaines de milliers d’enfants, l’Onu alerte sur une dégradation sans précédent de la protection des mineurs en zones de guerre, dans un contexte où les forces gouvernementales apparaissent, pour la première fois, parmi les principaux responsables.

 

L’année 2025 a enregistré un niveau inédit de violations graves commises contre les enfants en zones de conflit. Au total, 38.558 violations ont été vérifiées, affectant 24.174 enfants, selon le rapport annuel des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés. Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis la création, il y a trente ans, du mandat onusien dédié à cette question. Autre fait marquant : pour la première fois depuis le début de la documentation de ces violations, les forces armées gouvernementales apparaissent comme les principaux auteurs de violations graves, devant les groupes armés non étatiques.

Le rapport de l’Onu recense six catégories de violations graves : les meurtres et mutilations, le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats, les enlèvements, les violences sexuelles, les attaques contre les écoles et les hôpitaux, ainsi que le refus d’accès à l’aide humanitaire. En 2025, ces violations ont touché 24.174 enfants, certains ayant subi plusieurs atteintes simultanées. Un tiers des victimes sont des filles.

Selon la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazier, cette évolution marque un tournant inquiétant. Elle souligne que le mandat onusien avait été conçu à l’origine pour documenter les violations commises par des groupes armés non étatiques. Le fait que des forces gouvernementales figurent désormais parmi les principaux responsables constitue, selon elle, un signal grave, révélateur d’une « érosion plus profonde du respect du droit international ». Elle appelle les États à respecter les obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire.

Les niveaux les plus élevés de violations ont été enregistrés dans le Territoire palestinien occupé et en Israël (12.445 cas), suivis de la République démocratique du Congo (4.114), du Nigéria (2.560), du Myanmar (2.203) et de la Somalie (2.195). Les meurtres et mutilations constituent les violations les plus fréquentes. En 2025, 6.266 enfants ont été tués et 7.958 mutilés, soit une hausse de 34 % des décès et de 10 % des mutilations par rapport à l’année précédente. Le rapport souligne également 8.322 cas de refus d’accès à l’aide humanitaire, ainsi que 6.607 enfants recrutés ou utilisés par des parties aux conflits. Par ailleurs, 5.129 enfants ont été enlevés, souvent à des fins de recrutement, d’exploitation ou de violences sexuelles.

Les violences sexuelles, y compris les viols collectifs utilisés comme tactique de guerre, restent largement répandues. L’ONU alerte également sur la vulnérabilité persistante des enfants face aux mines et aux restes explosifs de guerre, dont les effets se prolongent bien après la fin des combats. En 2025, 1.667 enfants ont été détenus en raison de leur association réelle ou supposée avec des forces ou groupes armés. L’ONU rappelle que ces enfants doivent être considérés avant tout comme des victimes et que la détention doit rester une mesure exceptionnelle. Le rapport insiste sur l’importance des programmes de réintégration, jugés essentiels pour la reconstruction des parcours de vie et la consolidation de la paix.

Malgré la gravité du constat, le rapport relève certaines avancées. En 2025, 13.112 enfants anciennement associés à des forces ou groupes armés ont bénéficié d’une protection ou d’un accompagnement à la réinsertion. Une quarantaine d’engagements ont également été pris par des parties aux conflits dans plusieurs pays. Mais pour Vanessa Frazier, ces progrès restent largement insuffisants. Elle appelle à un engagement international plus fort et plus durable, rappelant que « protéger les enfants n’est pas une aspiration : c’est une obligation ».

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