Publié le 9 Aug 2026 - 00:16
APRÈS PRÈS DE 22 MOIS DE DÉTENTION

Khadim Ba libéré après une transaction avec les Douanes

 

Le président-directeur général de Locafrique, Khadim Ba, a recouvré la liberté, hier, après la conclusion d’une transaction avec l’administration des Douanes. Détenu depuis octobre 2024 dans une affaire portant sur des importations de produits pétroliers et des opérations de change, l’homme d’affaires a quitté le Pavillon spécial. Le montant et les conditions financières de l’accord n’ont pas été rendus publics.

 

Khadim Ba est libre. Après près de 22 mois de détention préventive, le président-directeur général de Locafrique a quitté, ce vendredi 7 août 2026, le Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Sa libération fait suite à une transaction conclue avec l’administration des Douanes. Cet accord a entraîné l’extinction de l’action publique dans le cadre du contentieux douanier à l’origine de son arrestation. Les autorités judiciaires concernées n’ayant pas contesté cette issue, la voie a été ouverte à sa remise en liberté.

Les détails de la transaction restent toutefois inconnus. Aucun montant officiel n’a été communiqué. L’un de ses avocats, Me Massokhna Kane, a indiqué qu’il ne s’agissait pas d’une caution et que l’accord ne devait pas être interprété comme une reconnaissance de culpabilité. La défense a, depuis le début de la procédure, contesté l’ensemble des accusations.

Le dossier remonte à septembre 2024. Khadim Ba avait été convoqué par les Douanes les 19 et 24 septembre, avant d’être placé en garde à vue. Présenté au Pool judiciaire financier, il avait été inculpé et placé sous mandat de dépôt le 4 octobre 2024. L’administration douanière évaluait le contentieux à environ 215 milliards de francs CFA. Elle lui reprochait notamment des faits présumés de faux et usage de faux dans un document administratif, d’importation sans déclaration de marchandises prohibées, de violation de la réglementation des changes, d’escroquerie portant sur des deniers publics, de blanchiment de capitaux et d’association en vue de commettre un blanchiment. Le volet relatif aux importations sans déclaration portait sur un montant de 63,05 milliards de francs CFA.

Le défaut présumé de rapatriement de devises était, pour sa part, évalué à 44,60 milliards. Une somme de 63,05 milliards était également évoquée dans le cadre de l’accusation d’escroquerie portant sur des deniers publics. L’affaire concernait des opérations d’importation de produits pétroliers attribuées à la société Dermond Oil & Gas Africa. Dès l’ouverture de la procédure, les avocats de Khadim Ba avaient soutenu que leur client n’était ni le représentant légal ni le dirigeant de cette société. Ils avaient également fait valoir qu’il n’était pas l’importateur des produits concernés. Selon la défense, la Société africaine de raffinage (SAR) était l’importateur officiel.

Un rapport d’expertise ordonné au cours de l’instruction aurait conclu que les cargaisons en cause avaient été importées, déclarées et payées par la SAR. L’expert aurait également relevé que Khadim Ba n’avait ni la qualité d’importateur, ni celle de transitaire ou d’établissement financier. Ces conclusions, largement invoquées par ses conseils, n’avaient cependant pas conduit à sa libération immédiate.

La défense avait introduit plusieurs demandes de mise en liberté provisoire et de mainlevée du mandat de dépôt. Une première requête avait été rejetée en janvier 2025. Une autre demande, déposée en juin de la même année après l’audition au fond de l’homme d’affaires, avait également reçu un avis défavorable du parquet financier avant d’être rejetée par le juge d’instruction. Les conseils de Khadim Ba avaient parallèlement contesté la régularité de l’enquête douanière.

Ils dénonçaient notamment les conditions dans lesquelles leur client avait été entendu et soutenaient qu’il n’avait pas pu bénéficier de l’assistance de ses avocats lors d’une partie de la procédure. La transaction finalement acceptée met un terme au contentieux douanier qui maintenait le dirigeant de Locafrique en détention. Elle ne permet cependant pas, en l’absence de publication de ses clauses, de connaître les concessions faites par les différentes parties ni le montant éventuellement retenu pour solder le dossier.

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