Publié le 19 Sep 2025 - 11:25

ET SI ON PARLAIT D’INSERTION DES JEUNES A LA PLACE D’EMPLOI DES JEUNES

 

Si l’on en croit aux statistiques du Département sénégalais en charge de la formation professionnelle, seul moins de 5 % des demandeurs d’emploi ont une qualification professionnelle.

A cela s’ajoute d’une part, l’inadéquation entre l’offre des écoles de formation orientée vers le secteur tertiaire (Banque, Finances, Management…) et les besoins des entreprises dans les secteurs primaires et techniques (ouvriers qualifiés, techniciens supérieurs…), et d’autre part des demandeurs d’emploi très jeunes dont la plupart sont déscolarisés dès le cycle primaire.

Cette réalité sociologique justifie, en grande partie, l’échec des dispositifs mis en place par les différents Gouvernements qui se sont succédés au Sénégal (magasins témoins et boulangeries des années 90 pour les sortants de l’université).

Ce constat amer nous oblige à changer de paradigme en matière de politique d’emploi des jeunes.

Le profil de notre jeunesse décrit plus haut doit nous amener à parler plutôt d’insertion des jeunes que d’emploi des jeunes.

L’insertion des jeunes étant définie comme un ensemble d’actions visant à favoriser leur autonomie, leur confiance en soi et leur intégration sociale et économique.

De cette définition, nous nous arrêtons sur la dimension globalisante car elle intègre toutes les composantes de la vie sociale du jeune (autonomie, confiance en soi et intégration) contrairement à l’emploi qui consiste principalement à rendre un service moyennant rémunération entre un employeur et son salarié.

C’est dire que la problématique des jeunes au Sénégal dépassent largement les sphères de l’emploi salarié car ils sont la plupart du temps victimes de ruptures sociales et familiales dans un environnement économique mondial qui leur est défavorable.  

Dès lors, la mise en place de dispositifs d’insertion des jeunes semble plus approprié à la problématique des « jeunes sans activités » et surtout issus de quartiers défavorisés.

Par expérience, les chantiers d’insertion avaient permis au gouvernement français d’apporter une réponse appropriée aux revendications des jeunes des banlieues lors du soulèvement de 2005 à la suite de la mort du jeune Bouna qui en était le déclencheur. Dans une large mesure, ils avaient aidé des jeunes à construire un projet de vie tout en ayant un autre regard sur l’administration publique.

Cette réflexion sur l’insertion des jeunes issus de milieux défavorisés n’est pas de trop dans la recherche de solution à la lancinante question de l’emploi des jeunes au Sénégal.

Il s’agira globalement de donner une opportunité à des jeunes précocement déscolarisés, sans qualification et n’ayant jamais travaillés.    

La mise en place d’un programme d’insertion des jeunes orientés vers des secteurs tels que les métiers du bâtiment (qui regroupent plusieurs filières) et l’agriculture me semble être une urgence dans la prise en compte des préoccupations de notre jeunesse.

1. Les chantiers d’insertion du bâtiment

Le bâtiment compte pas moins de 15 filières pouvant susciter de l’intérêt et des vocations pour les jeunes (maçonnerie, électricité, plombier, plâtrier, peintre, ferrailleur, menuisier…).

La réhabilitation des édifices publics en désuétude constitue un bon support pédagogique en travaillant sur la dimension citoyenne et civique des participants.     

2. L’agriculture

L’horticulture et le maraîchage à travers le concept de « Bayy Séddo » peuvent créer des vocations d’entreprenariat à nos jeunes même issus du milieu semi urbain.

Un Dispositif d’encadrement pluridisciplinaire

La gestion d’un tel programme nécessite la mise en place d’un dispositif d’encadrement et d’accompagnement pluridisciplinaire (Ingénieurs BTP, travailleurs sociaux, psychologues, agronomes et acteurs du développement).

 

Monsieur Saloum NDIAYE

Ex éducateur spécialisé à Paris

Expert en développement local  

Saloumndiaye1@gmail.com

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