Publié le 22 Sep 2025 - 10:46

La ligne radicale du Premier ministre Ousmane Sonko l'emporte sur la ligne modérée du Président Diomaye Faye

 

Chaque régime politique a sa façon de gouverner. C'est le cas pour Pastef qui a choisi un régime fort qui s'appuie sur un Parti-Etat. Et finalement c'est la ligne radicale du Premier ministre Ousmane Sonko qui triomphe sur la ligne de consensus du Président Diomaye Faye.
 

Ousmane Sonko qui tenait à faire main basse sur le ministère de la justice et le ministère de l'intérieur a finalement eu gain de cause. Le leader de Pastef qui a dit à maintes reprises, que le problème de ce pays n'est pas politique, mais il est économique, avait montré son désaccord sur le dialogue national qui a été organisé par le Président Diomaye Faye.
 

Devant les cadres de son Parti, le leader de Pastef avait ouvertement fustigé le manque d'autorité qui sévit au sein de l'Etat. Le Premier ministre Ousmane Sonko qui voulait que ce problème soit définitivement résolu, avait souhaité que le Président Diomaye Faye lui laisse une marge pour qu'il puisse gouverner.
 

Le Président de la République a finalement accepté la demande de son Premier ministre, en lui laissant le soin de dérouler tranquillement son plan de redressement économique, comme il lui a permis de choisir son ministre de la justice et son ministre de l'intérieur. Comme pour lui dire, mon cher ami, la balle est désormais dans ton camp, et c'est à toi de dérouler.
Quelque part le Président de la République commençait à être agacé par les remontrances et diatribes de son Premier ministre, et il lui a ainsi donné carte blanche pour qu'il puisse montrer au peuple sénégalais ce qu'il sait réellement faire.

 

Le Premier ministre Ousmane Sonko qui est fidèle à sa méthode, " j'attaque, je cogne, je gagne" a pourtant intérêt à comprendre, que cette stratégie peut-être efficace pour un opposant, mais elle n'est pas indiquée à un gouvernant, qui est appelé à trouver des solutions, au lieu d'être en permanence sur une ligne de confrontation.
Encore que le pari est très risqué pour Ousmane Sonko qui portera l'entière responsabilité d'un éventuel échec de sa politique !

 

On semble assister à une situation très confuse au sommet de l'Etat ! Et contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, si Ousmane Sonko perd, Diomaye Faye perdra avec lui. En réalité cette situation assez cocasse, sur fond de calcul politique, n'arrange ni l'un ni l'autre, encore moins le Pastef.
 

Mais c'est le Premier ministre Ousmane Sonko qui a surtout intérêt à comprendre, que la justice des vainqueurs peut certes aider à régler des problèmes politiques, mais elle n'impacte pas forcément dans la conscience des humains, comme elle ne permet pas d'asseoir quelque chose d'efficace et de durable !
 

Il faut dire que la rupture systémique a pris un sacré coup avec cette politique qui met au-devant l'engagement politique, au détriment de l'efficacité gouvernementale. Le corporatisme politique qui est en vigueur au sommet de l'Etat risque de plomber gravement la politique de ce régime, car le développement a ses exigences, qui passent avant tout par un bon casting dans le recrutement du personnel dirigeant, et ceci ne se limite pas aux acteurs politiques, mais intègre d'autres ressources humaines qui sont capables d'impulser des initiatives et actions d'envergure qui peuvent servir la communauté.
 

La méritocratie que le Pastef a vendu aux Sénégalais occupait une place importante dans la déclaration de politique générale du Premier ministre Ousmane Sonko, comme elle a été confirmée dans le discours du 31 décembre 2024 du Président Diomaye Faye, qui avait défendu la nécessité de la création de la plateforme " Ligeeyal sa reew". Les postes publiques devraient ainsi être mis en compétition, dès le premier trimestre de 2025.
 

C'est l'avenir du pays qui nous impose de transcender les tendances et les clivages politiques, pour se soucier, uniquement,  de l'intérêt des populations.

Babacar Papis Samba - La Pensée complexe

Section: 
DIOM, FOULLA AK FAYDA : L’ADN immuable du sport sénégalais
CAN 2025 : Puisse la communion durer...
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA FIFA Finale de la CAN 2025 : Quand l’impartialité devient un impératif politique mondial
SENEGAL–MAROC : Héritage commun, destin solidaire au-delà des rivalités sportives
“Zéro talibé mendiant dans la rue’’ : objectif inatteignable ?
MAROC - SENEGAL : Quand la politique tue le football !
L’île de Gorée est un lieu de révolte, de liberté et de dignité, mais pas seulement un site de mémoire victimaire de l’esclavage
PROTÉGER LE PATRIMOINE MANDINGUE Un enjeu stratégique pour l’influence culturelle du Sénégal en Afrique de l’ouest tique culturelle peut véritablement faire sens. Culture, narratifs et influence à l’ère du numérique et de l’IA
Lettre ouverte à Monsieur Amadou BÂ, Ministre de la Culture du Sénégal
Notre souveraineté à l’épreuve de la dette
LIVRE - PAR TOUS LES MOYENS : Dix voix féminines sur le monde
La politique de l'oubli et la défiguration urbaine : Une analyse historique des blessures de Dakar
Attention, nous sommes sur une pente glissante
Piratage massif des Impôts et Domaines : Le pire arrivera si l’État ne fait rien
SOCIOTIQUE : " L'impact de l'IA sur le marché du travail
Dettes cachées : L’impossible transparence ? Le cas du Sénégal et les leçons de l’histoire
Le téléphone portable à l’école : Entre ouverture au monde numérique et vigilance éducative
La vallée du fleuve Sénégal : Entre espoirs et fragilités
PROJET DE CODE DES INVESTISSEMENTS : ANALYSE SOUS L’ANGLE DE LA SOUVERAINETÉ  ET DE LA RATIONALITÉ ÉCONOMIQUE
Impératif de mémoire