Publié le 29 Nov 2024 - 11:26
Hausse du prix du kg d'arachide

Un double tranchant pour le Sénégal

 

L’arachide, véritable "or jaune" du Sénégal, joue un rôle vital dans notre économie et dans la vie de nombreux agriculteurs. Nous avons observé une hausse de 9% du prix du kilogramme d’arachide. Si cela réjouit les cultivateurs, souvent issus de ménages modestes, cette situation soulève également de sérieuses préoccupations pour les huiliers locaux.

Pour les cultivateurs :

Cette augmentation est une aubaine !
Elle offre aux agriculteurs l'espoir d'améliorer leur niveau de vie et de sortir de la pauvreté. Chaque franc supplémentaire peut leur permettre d'accéder à des soins de santé, à l'éducation et à une meilleure qualité de vie pour leur famille.

Pour les huiliers locaux :

En revanche, la hausse des prix met les huiliers dans une position délicate. Ils doivent faire face à des coûts d'approvisionnement élevés, ce qui menace leur compétitivité sur le marché, surtout face aux importations souvent moins chères (ceux qui nous viennent du Ghana par exemple).
Des entreprises comme la SONACOS, qui transforment l’arachide, continuent de connaître des déficits.

Un dilemme économique :

Cette situation met en lumière les défis structurels de notre économie. Bien que l'augmentation des prix profite aux cultivateurs à court terme, elle pourrait compromettre l'avenir de l'industrie de l'huile d'arachide locale. Pour construire une économie durable, il est essentiel de garantir que tous les acteurs de la chaîne de valeur (cultivateurs et huiliers)  bénéficient d'un environnement équitable.

Piste de Solutions :

Pour équilibrer les intérêts des cultivateurs et des huiliers en matière d'arachide, plusieurs actions stratégiques peuvent être mises en place :

Moderniser les huileries locales :

Investir dans des technologies et infrastructures modernes pour améliorer l'efficacité de la transformation de l'arachide en huile, tout en garantissant des normes de qualité.

Former les producteurs et huiliers :

Proposer des formations sur les meilleures pratiques agricoles et de gestion financière pour renforcer les compétences et la rentabilité des acteurs du secteur.
 

Faciliter l'accès au financement :

Créer des programmes de microcrédit et des partenariats public-privé pour soutenir les investissements nécessaires à l'amélioration des pratiques agricoles et de transformation.

Promouvoir les coopératives:

Encourager la formation de coopératives pour renforcer le pouvoir de négociation des producteurs et huiliers, ainsi que leur accès aux marchés.

Encourager la consommation d'huile d'arachide locale :

Lancer des campagnes de sensibilisation et collaborer avec les restaurateurs pour promouvoir l'huile d'arachide locale, soutenant ainsi l'économie locale.

En mettant en œuvre ces modestes recommandations, le Sénégal peut améliorer la viabilité de sa filière arachidière, tout en renforçant l'économie locale et le bien-être des communautés impliquées.

Ensemble, nous pouvons travailler pour un avenir où l'arachide bénéficie à tous, des champs aux cuisines !

Babacar Gaye

Economiste - citoyen sénégalais

Section: 
TRIPTYQUE SUR L’EAU AU SÉNÉGAL · VOLET 3/3 · COMMENT – : Quelques mesures pour passer de la gestion des inondations à la résilience hydrologique
Promotion des séries scientifiques dans nos lycées, ma position sur la décision ministérielle
Guerre Pastef contre Kiiraay : alea jacta est
Merci, Inspecteur Oumar !
Financement de l’État sénégalais sur le marché régional*
DU “JOB AK THIOP” AU “MBURU AK SOOW” : Le grand roman politique d’Idrissa Seck
La visite avortée Macron au cœur des fractures du pouvoir sénégalais
Lecture croisée des mesures fiscales du PRES et des orientations fiscales du PLFR 2026, une rupture paradigmatique non assumée
Commissions d’enquête parlementaires : quelle rupture ?
Dakar, vitrine ou capharnaüm ?
DE L’OPACITÉ À LA REDDITION DES COMPTES : Le Parlement reprend l’initiative
DU PACTE RÉPUBLICAIN : Contribution au débat sur la recomposition politique et les enjeux institutionnels du Sénégal
Face au chaos, redéfinir les missions de nos Armées ?
LUTTE CONTRE LA FRAUDE À LA SENELEC : Une solution que la Senelec peut et doit mener
DAKAR EN DANGER : Où est l'AGEROUTE, où est l'État ?
L’OPPOSITION SÉNÉGALAISE INTERPELLÉE : “Construire une nouvelle majorité pour faire émerger le Sénégal du XXIe siècle”
ASSEMBLÉE NATIONALE : Les pratiques néfastes traduisent véritablement une législature de déception !
BAATU BËL BI - La Voix de l'Estuaire DES CADRES SANS CADRE 339 partis, des milliers de cadres. Et pas de cadre.
Immobilier au Sénégal en 2026
COALITION DES ORGANISATIONS EN SYNERGIE POUR LA DÉFENSE DE L’ÉDUCATION PUBLIQUE (COSYDEP) : Note de contribution (résumé)