Publié le 14 Feb 2024 - 08:13

Human Right Watch

 

La communauté internationale a décidément les yeux rivés sur le Sénégal. Comme le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Human Right Watch a publié un communiqué pour dénoncer la situation qui prévaut dans le pays. L’organisation de défense des Droits de l’homme demande aussi aux autorités sénégalaises d’ouvrir sans attendre ‘’des enquêtes indépendantes sur les violences survenues lors des manifestations des 9 et 10 février 2024, à la suite du report de l’élection présidentielle’’. ‘’Au moins deux jeunes hommes et un garçon de 16 ans sont morts, des dizaines de personnes ont été blessées et au moins 271 personnes ont été arrêtées’’, d’après leur bilan.

L’organisation plaide pour la libération de ‘’toutes les personnes détenues pour avoir exprimé leurs opinions politiques’’. L’État, d’après leur communiqué, devrait aujourd’hui ‘’garantir le droit à la liberté de réunion, et mettre fin aux agressions contre les journalistes’’. D’ailleurs, la chercheuse senior à Human Rights Watch, Ilaria Allegrozzi, a souligné que ‘’les récents décès et blessures de manifestants ne devraient pas conduire à de nouveaux abus. Les autorités devraient contrôler les forces de sécurité, enquêter sur les personnes impliquées dans les abus et les tenir responsables’’. L’organisation a fait des entretiens téléphoniques avec 29 personnes, dont cinq manifestants, sept activistes de la société civile, huit membres de l'opposition, cinq journalistes, deux avocats et des proches de deux personnes blessées, informe-t-elle. ‘’Human Rights Watch a également examiné les dossiers médicaux des personnes blessées ou tuées, des photographies et des vidéos montrant les morts et les blessés, de nombreuses images des manifestations ainsi que des rapports publiés par les médias nationaux et internationaux’’.

Ainsi, elle ‘’a déjà documenté le recours excessif à la force par des forces de sécurité sénégalaises, notamment des tirs à balles réelles et l'usage abusif de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, en mars 2021 et en juin 2023. Au moins 37 personnes ont été tuées lors d'affrontements violents depuis mars 2021, sans que personne ne soit tenu de rendre des comptes’’.

 

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