Publié le 29 Nov 2018 - 00:37
IMPORTATION DE 70 000 TONNES DE SUCRE

Le cri d’alerte de la Css

 

Se sentant menacée par les autorisations d’importation de 70 000 tonnes de sucre délivrées aux commerçants, la Css a mobilisé hier tout  ce qu’elle compte comme composantes pour lancer un cri d’alerte.

 

La Compagnie sucrière sénégalaise (Css) est menacée par les importations de sucre autorisées par le ministre du Commerce. Le cri du cœur émane des travailleurs et autres partenaires de la société, en conférence presse, hier, à Richard-Toll. Ils ont manifesté leur courroux à l’endroit des autorités étatiques. Plus d’une dizaine de centrales syndicales, le collège des délégués, l’amicale  des femmes travailleuses et les populations de la cité sucrière se sont levés pour dire non au ministre Alioune Sarr. C’est pourquoi ils ont décidé d’organiser une marche pacifique le samedi 1er décembre, allant du stade à la mairie de Richard-Toll, afin de remettre un mémorandum au préfet de Dagana.

‘’Nous braverons plus de 4 km pour exprimer notre amertume à Macky Sall’’, a dit Makhary Samb alias ‘’Poker’’, Secrétaire général de la  Cnts/Section Css.

Selon lui, c’est la survie des emplois et l’avenir de leurs enfants qui se jouent. Dépité, le syndicaliste pointe un doigt accusateur sur Alioune Sarr qu’il qualifie de ‘’ministron’’ et d’une personne obnubilée par ses propres intérêts personnels. Pour avoir autorisé l’importation de 70 000 tonnes de sucre, le ministre est assimilé à un ‘’assassin’’ par les travailleurs. ‘’D’ici 7 mois,  les pères de famille vont perdre leur salaire. C’est pourquoi nous devons nous mobiliser fortement pour cette marche’’, a incité Makhary Samb. Ce dernier lance un appel à Macky Sall pour qu’il demande à son ministre de se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard. ‘’Nous ne faisons pas de la politique, mais si on nous pousse, nous allons transformer notre mouvement en une structure politique et nous allons faire face  à ceux qui nuisent à notre vie’’, a-t-il menacé.

La marche du 1er  décembre n’étant que le premier acte, le second sera une autre mobilisation à Dakar. Ce sera, promet-on, une journée ville morte avec la participation de toutes les centrales syndicales. Si l’on en croit le syndicaliste, les travailleurs sont prêts à se sacrifier pour sauver la Css.

Amary Diouf lui emboitera le pas, en rappelant que cette mobilisation est une convergence d’actions des acteurs conscients de la situation. Selon lui, le président Macky Sall doit décider au nom du peuple qui a choisi  la survie  de la Css. M. Diouf de rappeler que depuis deux ans, le ministre du Commerce menace d’autoriser les importations. Il pense que l’Etat, qui est soucieux de l’emploi des populations, doit entendre leur cri du cœur. L’amicale des cadres abondera aussi dans le même sens,  précisant que la Css, dans le cadre de sa responsabilité sociétale, a beaucoup fait pour la ville.

Alors, à en croire Ansou Gnabaly, porte-parole des cadres,  il est inconcevable  qu’une boite comme la Css puisse être lésée par des ‘’aventuriers’’. Ce qui fait dire à Louis Lamotte que tout est réuni pour que la Css ferme ses portes. ‘’Quatre personnes ont reçu ce quota pour importer du sucre, alors que le reste de notre production de 140 000 tonnes cette année, est en stock dans nos magasins. On a du mal à le ventiler’’, a-t-il révélé. M. Lamotte de dire que ceux qui ont bénéficié de ce quota ne sont même pas des commerçants.

Pour Souleymane Ly  du cadre unitaire, c’est tout le pays qui est interpellé. Il soutient que dans cette affaire d’importation de sucre, il y a un non-dit. C’est pourquoi il a lancé un appel à la mobilisation générale le 1er décembre, afin de ‘’barrer la route aux fossoyeurs’’.  

Fara SYLLA

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