Publié le 9 Sep 2025 - 14:26
Les Chroniques de la participation citoyenne

Pour une administration de mérite et de compétence, loin de la kleptocratie

 

L’administration est l’ossature d’un État. Elle doit garantir la continuité du service public, l’efficacité de la gouvernance et la confiance des citoyens. Pourtant, dans beaucoup de pays africains, dont le Sénégal, cette mission noble a souvent été affaiblie par des pratiques clientélistes et une gestion fondée davantage sur les réseaux que sur le mérite.

1. Le danger d’une administration kleptocrate

Une administration dominée par la corruption et la recherche d’intérêts personnels se transforme en obstacle au développement. Les postes deviennent des récompenses politiques, les ressources publiques sont détournées, et la population perd confiance. Ce modèle, qu’on peut qualifier de kleptocrate, nourrit un cercle vicieux : inefficacité, injustice, désengagement des citoyens.

2. Le mérite comme boussole républicaine

À l’inverse, une administration de mérite et de compétence repose sur des critères objectifs : savoir-faire, éthique, expérience, résultats. Elle favorise la promotion interne sur la base de la performance et non des alliances politiques. C’est ce qu’avaient défendu des figures comme Mamadou Dia dans les années 1960, en rêvant d’une fonction publique disciplinée et patriote.

3. Un levier pour la transformation nationale

Mettre en avant le mérite n’est pas seulement une question morale, c’est aussi un choix stratégique. Dans un monde compétitif, le Sénégal ne peut se développer que si ses cadres publics sont compétents, visionnaires et intègres. Cela suppose :

des concours transparents et modernes,

des mécanismes d’évaluation réguliers,

la protection des lanceurs d’alerte,

et une culture de responsabilité à tous les niveaux.

4. La soft révolution des pratiques

La rupture avec la kleptocratie ne viendra pas uniquement de textes de lois, mais d’un changement de mentalité collective. Chaque fonctionnaire doit incarner une valeur : servir et non se servir. Chaque citoyen doit refuser la banalisation des passe-droits.

Promouvoir une administration de mérite et de compétence, c’est redonner sens à la République. C’est replacer le citoyen au centre de l’action publique, dans un climat de confiance et de justice. La bataille contre la kleptocratie n’est pas une guerre frontale, mais une révolution douce, patiente et résolue, qui fera de l’État un véritable levier de développement au service de tous.

 

Alioune Cheikh Anta Sankara Ndiaye

Expert en developpement international

Ecrivain

Militant de la transformation nationale

Section: 
DU SALOUM AUX MARCHES INTERNATIONAUX : Et si le prochain champion sénégalais était aujourd’hui un paysan ?
Requiem pour le Sahel ou le dernier voyage de Maurice Freund
BAMAKO AU BORD DE LA PARALYSIE : BLOCUS, PÉNURIES ET GUERRE ÉNERGÉTIQUE. Le sabotage de Manantali : un tournant dangereux dans la crise malienne
LE CHEMIN DE L’ESPOIR : Pour une relation Sénégal-France apaisée, souveraine et équilibrée
TURBO-RÉVOLUTION FINANCIÈRE AU SÉNÉGAL Entre orthodoxie du FMI, défi de la dette et explosion des alternatives endogènes
LE DESTIN DU PRÉSIDENT DIOMAYE : Entre démission et cohabitation forcée
LETTRE OUVERTE : À Son Excellence le Président de la République,
PROPOSITIONS DE RÉFORME-DIVORCE : Mettez juste un trait d’union
Saisine du conseil constitutionnel et dispersion de la classe politique
Commentaires sur l’avant-projet de loi portant révision de la Constitution
LA RUE COMME MUSÉE : Pour une esthétique populaire de la ville africaine
Hommage à Mame Less Camara (3 ans déjà....)
YAKAAR-TERANGA : Les véritables pertes de l’État du Sénégal et les conséquences dévastatrices
YAKAAR-TERANGA : Les deux raisons du départ de kosmos
MÉMOIRE - TROIS ANS DÉJÀ : Malick Ndiaye, le veilleur de l’éthique Ceddo
REVALORISATION DE LA FORMATION DES JOURNALISTES DANS LE CADRE DU FADP ET RÔLE PIONNIER DU CESTI : Le pari de la qualité
DU TEXTE AU GESTE : L’ordre de préséance et la valorisation des élus à la lumière du décret n°99 252 du 19 mars 1999
AU SENEGAL, LES PAUVRES PAIENT PLUS POUR SE SOIGNER : Le paradoxe de notre système de santé
DE LA SUPRÉMATIE PRÉSIDENTIELLE : Entre conflits et primauté
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel