Publié le 1 Feb 2024 - 09:58
LETTRE OUVERTE AU (À LA) FUTUR(E) PRÉSIDENT(E) DE LA RÉPUBLIQUE

Diminuez le coût du .sn

 

Monsieur, madame [ Boubacar CAMARA / Cheikh Tidiane DIÈYE / Déthié FALL / Daouda NDIAYE / Habib SY / Khalifa Ababacar SALL / Anta Babacar NGOM / Amadou BA / Rose WARDINI / Idrissa SECK / Aliou Mamadou DIA / Serigne MBOUP / Papa Djibril FALL / Mamadou Lamine DIALLO / Mahammed Boun Abdallah DIONNE / EL Hadji Malick GAKOU / Aly Ngouille NDIAYE / El Hadji Mamadou DIAO / Bassirou Diomaye FAYE / Thierno Alassane SALL],

 

Je me permets de vous adresser cette lettre ouverte en tant que citoyen sénégalais engagé et entrepreneur web. Tout d'abord, permettez-moi de vous féliciter, par avance, pour votre victoire aux élections présidentielles de 2024. J'espère sincèrement que votre mandat sera couronné de succès et qu'il apportera des changements significatifs pour notre cher pays.

Je m'appelle Arouna BA, et je suis actif dans le domaine du web depuis plusieurs années. Après une décennie enrichissante au sein d'entreprises françaises, je suis désormais éditeur de sites web pour mon propre compte. Mon engagement dans le secteur du numérique m'a permis de constater l'importance croissante de cette industrie pour notre économie.

L'une des questions qui me préoccupe profondément, en tant que web entrepreneur, est le coût élevé des noms de domaine en .sn. Actuellement, le renouvellement annuel de ces domaines coûte plus de 20 000 FCFA, ce qui contraste considérablement avec les tarifs bien plus abordables des domaines en .com, .net, ou .fr, qui s'élèvent à moins de 8 000 FCFA.

Cette disparité de prix constitue un obstacle majeur pour les entrepreneurs comme moi, particulièrement pour ceux qui gèrent un grand nombre de sites web. Pour illustrer mon propos, si l'on possède une petite centaine de noms de domaine en .sn, la facture pour le renouvellement annuel devient rapidement exorbitante. Cette situation décourage l'adoption du .sn, qui pourtant représente l'identité numérique du Sénégal.

Je tiens également à souligner les problèmes d'accessibilité liés à l'enregistrement des domaines en .sn. Malgré mes recherches approfondies menées sur plusieurs années, il semble que le registrar français OVHcloud soit le seul à offrir ce service. Cette situation de quasi-monopole pourrait expliquer le coût élevé des domaines. En diversifiant les acteurs, notamment en intégrant des registrars locaux ou internationaux, nous pourrions stimuler la concurrence. Cette démarche aurait pour effet de réduire les prix et d'améliorer la disponibilité des domaines en .sn.

À l'heure où l'économie numérique est en plein essor au Sénégal, elle joue un rôle essentiel dans la lutte contre le chômage et la promotion de l'innovation. Cependant, la cherté des domaines en .sn décourage bon nombre de mes semblables de choisir cette option, malgré leur attachement à la sénégalité.

Je vous invite donc, Monsieur / Madame le (la) Président(e), à prendre en considération cette problématique dans votre programme et à envisager des solutions pour réduire le coût des domaines en .sn. Une telle mesure encouragerait le développement de l'économie numérique au Sénégal et permettrait à de nombreux entrepreneurs de contribuer davantage à la prospérité de notre nation.

En tant que citoyen actif et soucieux de l'avenir de notre pays, je suis prêt à soutenir toute initiative visant à rendre l'accès aux domaines .sn plus abordable. Je reste optimiste quant aux changements positifs que votre mandat peut apporter, et j'espère que vous tiendrez compte de cette préoccupation importante pour le secteur du numérique au Sénégal.

Je vous remercie de l'attention que vous porterez à ce sujet et je vous souhaite un mandat fructueux au service de notre pays.

Cordialement !

Arouna BA

Citoyen Sénégalais et Entrepreneur

www.arounaba.com

contact@arounaba.com

Section: 
Vous n’avez même pas honte : récit d’une fraternité trahie
Refus de l’intangibilité absolue du titre foncier et fondement juridique d’une politique de récupération des biens publics irrégulièrement appropriés
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles
Les mineurs artisanaux africains méritent le développement, pas l’effacement
LE SÉNÉGAL DEVANT UN DÉTROIT D’ORMUZ FINANCIER : Explication métaphorique des TRS
L’ÉCONOMIE DES SOINS : Une condition d’autonomisation économique des femmes et de prospérité partagée au Sénégal
SÉNÉGAL–FMI Entre souveraineté proclamée et dépendance réelle
SONKO–DIOMAYE : Pourquoi la coopération vaut mieux que la rivalité
UNE DÉCISION JURIDIQUEMENT INDÉFENDABLE Pourquoi le Tribunal Arbitral du Sport annulera le forfait infligé au Sénégal
Qui dirige le Sénégal ?
NOS RESSOURCES NE DOIVENT PLUS ENRICHIR LES AUTRES. “L’Afrique doit servir d’abord les Africains”
DIOMAYE–SONKO ET LA TECTONIQUE DU POUVOIR : Quand les fissures du sommet traversent l’État
LA PAGE DE “L’AFFAIRE SOFTCARE” TOURNÉE : Les consommatrices soulagées
SÉNÉGAL : De nouveau sur la nécessaire et urgente refondation des institutions
(SUR)IMPOSITION DES RAPPELS DES ENSEIGNANTS, ENTRE FANTASMES, AMALGAMES ET COMMUNICATION HASARDEUSE : Des solutions à portée
PAYER LA BOURSE, STABILISER LE CALENDRIER UNIVERSITAIRE La réforme de l’enseignement supérieur et le défi du service public
Pour un Nouveau Modèle Pédagogique des Programmes d’Enseignement dans les Universités et des Instituts Supérieurs de Formation au Sénégal.
Le bruit autour de la fresque de Papa Ibra Tall à Thiès ne valait pas la peine
L’affaire Doudou Wade ou la frontière mouvante entre la parole politique et l’ordre public
La restructuration de la dette publique est-elle une solution face à la crise de l’endettement ?